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2019 Throatruiner Records

2 LP 7 titres

Durée : 53’37’’

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Verdun, groupe montpelliérain formé il y a 10 ans, évoluant dans le doom/sludge (à ne pas confondre avec leur homonyme Suédois, dans le black metal) et développant un concept entre SF et métaphysique via l’amiral Masuka qui s’est égaré dans l’espace, nous revient donc avec ce double LP sorti en novembre, que je chronique maintenant, avec du retard… Car Verdun demande du temps (du moins dans mon cas), leur musique dense recelant mille et un détails qui prennent sens lors de diverses écoutes. Faire une ou deux écoutes et apporter un avis ne serait pas vraiment une idée intelligence et ne saurait pas brosser ce que l’album peut contenir.

Ceux qui connaissent Verdun savent déjà à quoi s’attendre, les autres vont découvrir l’un des groupes montpelliérains les plus torturés/étranges/bizarres (avec d’autres groupes ou projets comme Morse, FASP, Mucus factory…).

Donc Verdun nous livre la suite des aventures spatio-métaphysique de l’amiral Masuka et vont cette fois aller vers une forme d’introspection qui clôt un chapitre et ouvre une nouvelle ère. Et on retrouve ce qui fait Verdun, avec son rythme pachydermique, sa lourdeur pouvant se révéler assez groovy et le chant très caractéristique de David.

On retrouve ce coté incantatoire, dans le chant ou la musique, avec ce rythme lent, bien lourd, parfois bien poisseux, nous emmenant dans des atmosphères plus marquées encore par rapport à ‘The eternal drift’s canticles’, livrant des titres plus torturés, à la fois plus intenses et plus posés, dégageant un coté psychédélique (déjà présent sur le précédent) plus marqué.

Le groupe balance avec les tripes quelque chose qui s’avère très personnel et immersif, nous emmenant aux confins du sludge et du doom/doomcore, livrant aussi une énergie punk parfois, en contrepoint du reste, offrant un contraste qui s’avère efficace et cohérent à l’esprit que le groupe cultive.

On retrouve donc des titres longs, lents cultivant un coté massif, lancinants mais foutrement attractif par le coté psychédélique et incantatoire, où le chant, élément aussi important chez Verdun que sa musique, égrène les paroles à un rythme calculé mais toujours dans une logique percutante, sans trahir l’essence du groupe. Décrire la musique de Verdun n’est pas évident, celle-ci recelant milles facettes, se découvrant au fil d’écoutes différentes, amenant à chaque fois une pierre à l’édifice, allant croiser la musique à des thématiques qui font travailler les neurones, qui plus le groupe, sur la base musicale qu’il cultive, va débroussailler vers d’autres horizons, comme le post-hardcore par exemple mais en imbriquant ces éléments à leur base, enrichissant leur musique et leur ouvrant des possibilités encore plus large.

Verdun est un groupe cérébral, qui ne le paraît pas comme ça, de prime abord. Et pourtant, la musique qu’il développe s’avère à la fois complexe mais en même temps accessible, en alternant des moments moins intenses et plus simples à d’autres où ça devient foutrement torturé. Le chant n’est pas étranger à cela, pouvant revêtir des oripeaux différents, même si celui-ci reste plus ou moins dans une certaine linéarité mais est aidé par des chœurs ponctuellement, qui apporte une densité plus importante, dans un rythme qui devient plus poisseux. Mais jamais sans être redondant ou chiant.

Le groupe livre deux parties distinctes dans le déroulement de l’album, séparées par un instrumental tout en finesse, plus aérien mais gardant une part de lourdeur, sur la subtilité du fil d’un rasoir.

Ce qui différencie les deux parties est la forme adoptée : la première retrouve là où Verdun nous avait laissé avec le précédent album, pour nous faire une transition logique et nous replonger avec deux titres (rassurez-vous, avec un total de presque 20 minutes, il y a le temps de replonger dans leur univers et de retrouver nos marques) dans ce qui fait l’essence de Verdun.

La seconde partie est plus sombre dans un premier temps avant de prendre un subtil virage vers quelque chose de moins sombre, nous dirigeant vers les prémices d’une nouvelle ère qui se révèle vraiment avec les deux derniers titres (‘L’enfant nouveau’ qui marque ce point en adoptant un chant en français et ‘Ästräl Säbbäth’), adoptant un rythme un peu différent (pas plus rapide, identique dans la forme mais au fond plus nuancé) et semblant nous mener vers une fin qui n’est en fait que l’accroche d’une nouvelle ère. Et on retrouve ainsi ce qui fait une des forces de Verdun, nous mener là où ne s’attend pas nécessairement à aller, ouvrant une exploration d’autres mondes, à notre portée et pourtant si loin ( avec une métaphore construite sur le concept même du groupe). Cela peut paraître étrange mais si on reprend l’ensemble de Verdun, c’est exactement ça. Le groupe ouvre des portes sur des domaines semblant hors de notre portée, nous amenant des clefs pour une compréhension, même partiel.

Même si ce n’est pas évident en écoutant Astral Sabbath, le groupe développe une forme de brutalité très différente de celle que l’on retrouve dans des registres très différents (grind, death, gore…) mais entretient pourtant des liens très subtils, par une approche où l’esprit punk y est pour quelque chose. Car oui, quelque part, il y a du sang punk dans les veines de Verdun, ce qui explique cette approche pour le moins particulière qu’offre le groupe.

Je ne peux que vous conseiller ce Astral Sabbath, qui va vous emmener loin, dans d’autres sphères et qui, dans le contexte actuel du confinement est un excellent moyen de vous évader.

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