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Après la chronique de leur dernier album 'Venom within', on s'est dit que ce serait sympa une interview du groupe, pour reprendre les bases du concept, discuter du dernier album et d'autres choses. C'est comme ça, en gros, qu'à vu le jour cette interview, où beaucoup de choses à apprendre y apparaissent.
Question de Benoit
1- Salutation à vous ! Comment allez-vous (dans le contexte actuel de la fournaise quotidienne) ? On va commencer simplement par l’histoire de The losts, sans chichi !
Salut à toi ! Merci pour cette interview !
Ça va plutôt bien même si la fournaise quotidienne, comme tu dis, me fait rêver de contrées nordiques plus que de coutume et qu’elle interroge sur l’enfer que nous nous bâtissons.
Pour ce qui est de notre histoire, The Losts est un groupe de Dark Heavy Metal du Nord de la France, en activité depuis 2010. Nous avons une discographie constituée d’un EP et de 3 albums et avons foulé pas mal de scènes depuis toutes ces années. Notre équipe est relativement stable puisque nous n’avons connu qu’un changement de membre en 2020, sur le poste de bassiste. Nous avons toujours travaillé en autoproduction, notamment avec Ellie Promotion, jusqu’à notre dernier album qui a été signé chez Inverse Records en Finlande.
2- A quoi fait référence le nom du groupe et quel est le concept derrière (pour bien situer ce qu’il y a derrière le nom) ?
The Losts renvoie aux « Égarés », les personnages au coeur de la mythologie satyrique que nous développons depuis le premier EP. Le « s » final de « The Losts » a tout son sens car nous utilisons le mot à la manière d’un nom propre et non d’un adjectif substantivé. Il permet également de marquer une différence, le mot « lost » étant déjà bien présent dans la sphère metal.
3- Depuis vos débuts, comment avez-vous fait évoluer le concept et suit-il une trame sous une forme d’histoire ou avez-vous une approche plus particulière ?
Les textes ne se lisent pas forcément à la manière d’une histoire comme on pourrait lire un roman, ils ont souvent été davantage développés de manière thématique ou par métaphore. Cependant, ils sont, en effet, tous liés par ce même concept : l’errance de ces Êtres nés de nulle part. En quête de sens, ils ont cherché à se rapprocher des humains. Malheureusement, à leur contact, ils n’en ont développé que ce qui paraît être l’essence profonde de l’humanité, une facette sombre et destructrice. Après avoir fait l’amère expérience des maux de nos sociétés, les Égarés se sont terrés pour mieux observer. Jusqu’où ira l’humanité ? Jusqu’où ira cette espèce qui semble vouloir mettre toute son intelligence à tenter d’atteindre un statut divin, quitte, parfois, à sacrifier ses semblables ou l’environnement qui les maintient en vie ?
4- Chaque production (l’Ep et vos 3 albums) suivent-ils un sujet ou domaine particulier, explorant une facette précise ?
Suivant les grandes lignes du concept, « No God, No Devil » posait le contexte. « … Of Shades & Deadlands » développait l’incursion des Egarés chez les humains et l’incarnation de cette facette noire, par mimétisme. Dans « Mystery Of Depths », on voit poindre le questionnement, la remise en cause du sens de tout cela. Enfin, « Venom Within » développe le retrait des Égarés pour observer avec curiosité l’arrogance et la vanité de l’espèce humaine, se demandant s’ils seront témoins d’une espèce qui se perd.
5- Vous offrez un univers assez dystopique, à travers une approche sombre. Et chaque production développe un aspect précis (rattaché au concept).
a) Est-ce une nécessité d’avoir ce fonctionnement, pour garder une cohérence avec l’ensemble ?
b) Est-ce un moyen d’explorer en détail cet univers que vous créez, avec peut-être un plan derrière plus complexe (comme une sorte de saga musicale) ?
Le plan était effectivement établi dès le premier EP, tout en gardant la liberté au fil des albums. Notre toute première chanson écrite, « Kingdom Of The Losts », a donné son nom au groupe et je savais à ce moment qu’il s’agirait d’une trame que nous tisserions au fur et à mesure des compositions. Elle n’a cependant jamais été écrite au point de couvrir un nombre d’albums déterminé d’avance, elle se développe au fur et à mesure des productions, au grès de ce que notre monde peut vivre et de ce que nous en captons. A ce jour, je suis incapable de te dire quelle forme prendra le concept sur notre prochain album.
Pour les observateurs qui possèdent les versions physiques de nos albums, il y a des éléments visuels auxquels nous sommes très attachés, qui s’inscrivent dans le plan large de nos productions et qui conservent une cohérence d’album en album : le logo de la « Croix Sans Tête » (symbole de rassemblement des Égarés) sur la tranche des boîtiers, la phrase en français portée par une incarnation symbolique sous le CD… Ceci malgré un artwork que nous souhaitons très différent à chaque nouvelle production.
6- Les albums abordent-ils l’idée de l’immersion de l’auditeur (idée liée en partie aux vocaux, qui parfois semblent offrir un aspect plus narratif, rejoignant l’arc de vos productions) ?
C’est une chose que nous avons effectivement essayé d’intégrer aux albums, avec nos petits moyens bien entendu. Personnellement, j’ai une attirance particulière pour les groupes qui développent un aspect théâtral. Les « Genesis », qui encadraient le tracklisting de « No God, No Devil », avaient déjà pour projet de nourrir l’imagination des auditeurs.
Sans pour autant souhaiter faire de nos albums des opéras, le fait de développer les tessitures peut s’apparenter à l’incarnation de divers personnages vocaux au sein d’un grand théâtre musical.
7- Avant d’aborder un peu le dernier album (‘Venom within’), on va évoquer votre approche musicale. Vous œuvrez dans un dark heavy metal.
a) Est-ce un choix dès vos débuts, afin de vous détacher à la fois de la masse et d’avoir le moyen d’avoir une approche plus sombre ?
b) Au-delà du heavy, il y a un côté dark, qui va parfois assez loin, flirtant avec du black. Est-ce là aussi une réflexion engagée dès le début ou cela est venu rapidement, de manière logique ?
Même si l’EP présentait un visage peut-être plus heavy classique, de par le choix de son tracklisting, le côté dark fait partie intégrante de notre identité. Plus qu’un choix, c’est ce qui s’est logiquement imposé à nous, au travers de nos goûts musicaux. Nous avons des préférences musicales variées au sein du groupe, qui vont du jazz au black metal. The Losts est le croisement de toutes ces influences. Maintenant, c’est une approche que nous tentons d’investir un peu plus à chaque nouvelle production parce qu’elle nous laisse une grande liberté d’expression et que nous aimons ce que nous avons développé. Personnellement, je suis toujours attiré par les formes d’expression torturées. C’est donc logique que cela se ressente dans mon écriture.
8- Du coup votre approche apporte des mécaniques particulières. Est-ce facile de concilier des aspects parfois assez antagonistes (en terme de structures, système de riffs, rythmiques…) pour garder un ensemble cohérent ?
Les aspects antagonistes nous viennent plutôt naturellement, sans trop nous poser de questions. Toutefois, il y a forcément une phase d’arrangement pour trouver un équilibre dans ce que l’écriture et la vision de chacun amènent. Pour « Venom Within », nous avons travaillé différemment. Nous avons réalisé une pré-production pour pouvoir développer les arrangements avec Phil Reinhalter, le producteur de l’album, avant d’enregistrer définitivement. Son oreille aiguisée et neuve vis-a-vis du processus de composition nous a permis d’aller plus loin en termes de fluidité.
9- Est-ce simple de rendre accessible et accrocheur une musique avec une densité importante, comme chez vous ?
Cela nous a demandé un peu de recul sur notre manière de composer car c’est vrai qu’il y a souvent beaucoup d’informations qui se superposent dans nos chansons, entre les lignes de chant, les mélodies de guitare, les rythmiques, les contrepoints de basse, les percussions qui ne suivent pas toujours un schéma ultra-metal attendu. Toutefois, là-dessus, Phil nous a aussi aiguillés pour condenser certaines parties, les rendant peut-être ainsi plus accrocheuses. Maintenant, je pense que, quoi que tu fasses, si tu arrives à fredonner ce qui se joue dans une composition, tu as ce qu’il faut pour rendre un morceau accessible. Je travaille souvent ainsi, dans mon lit et le silence de la nuit ou dans la voiture, sélectionnant les mélodies dans ma tête.
10- Qu’aborde ‘venom within’, semblant avoir plus quelque chose faisant référence aussi bien aux subtstances qu’avoir une évocation de la part sombre humaine (la psychologie, les rapports sociaux…) ?
« Venom Within » évoque la toxicité que nous pouvons développer, celle que nous sommes capables de libérer mais aussi celle que nous entretenons parfois à nos dépens. Le venin intérieur porte donc sur les fragilités de l’homme qui le poussent à se dépasser mais aussi à exprimer un certain pouvoir de déstruction. La psychologie, les rapports sociaux, les dynamiques de domination sont des références essentielles dans nos textes. Nous avons choisi Alek Vladski pour illustrer cet album. Comme une allégorie du concept, nous avons sélectionné avec lui les petits organismes venimeux qu’abrite notre Terre. Nous adorons son travail qui évoque un peu les idées foisonnantes griffonnées sur des carnets de croquis scientifiques. Nous y avons vu un parallèle intéressant avec la posture d’observateurs que les Égarés tiennent face à l’humanité.
11- Cet album est plus sombre que les autres, aussi bien dans les sujets que dans son approche musicale, où les éléments sombres et extrêmes sont plus présents.
a) Indique-t-il un changement de tonalités, qui précède l’ouverture d’un nouveau pan du concept ?
b) Est-ce un moyen de vous renouvelez (du moins pour vous, dans la composition) et d’amener plus de densité ?
c) Quelle est pour vous la différence majeure avec les autres ?
Je suis content de lire que tu y trouves une évolution. Ce sont des choses qui, vécues de l’intérieur, sont parfois difficiles à percevoir. Je n’avais pas forcément le sentiment d’un album plus sombre que ses prédécesseurs, du moins dans ses fondations. On trouve par exemple plusieurs incursions dark et black dans « Mystery Of Depths » ou « … Of Shades & Deadlands ». Nous avions déjà fait le choix de travailler avec Phil pour la production de notre précédent album car il vient de la scène extrême et nous avions souhaité donner un son brut et noir à ce disque. J’aime à dire d’ailleurs que « Mystery Of Depths » sonne comme un album de heavy dans un écrin death metal.
Il y a par contre deux différences majeures que nous pouvons évoquer. La première réside dans le fait que « Venom Within » est notre œuvre la plus collective à ce jour. Auparavant, je composais la plupart des morceaux. Par ailleurs, PPG, notre bassiste, est arrivé tardivement sur le processus de production de « Mystery Of Depths », il n’avait pas encore eu l’occasion de vraiment développer ses idées. « Venom Within » renferme donc des titres proposés par DGC, PPG et moi-même, avec un travail d’arrangement toujours collectif incluant bien sûr JCR. Cet album donne une image peut-être plus complète du quatuor que nous formons.
La seconde raison est que nous avons voulu élever le niveau de production. La méthode de pré-production que nous avons utilisée nous a permis de développer une véritable direction artistique avec l’aide de Phil. Cela a permis de mettre davantage en lumière les diverses facettes de notre musique.
12- L’album va aussi explorer des facettes plus exotiques. Est-ce, dans le concept, le moyen de rattacher l’histoire à d’autres mythologies, y donner du crédible, sans renier la nature de The Losts ?
Nous avons toujours aimé inclure des interludes particuliers dans nos productions. Cela permet de sortir un peu des sentiers battus, de présenter des instruments que nous aimons mais que nous entendons peu dans la musique metal. Nous avions les genèses narratives sur l’EP, la mandoline de « Lema Sabachthani » sur « … Of Shades & Deadlands », le oud d’« A Path To Arabia » sur « Mystery Of Depths ». Il était logique que « Venom Within » comporte également son instrumental. Dans la démarche artistique de cet album, nous avons souhaité pousser le projet un peu plus loin : « Mellem Verdenerne » avait pour objectif, au départ, d’introduire « Muspellsheim Ascent », en reprenant en acoustique l’un des thèmes musicaux de ce dernier. Le morceau a pris de l’ampleur au fur et à mesure. J’ai commencé par composer sa dernière partie, sous une inspiration nordique. C’est passé entre les mains de DGC qui a écrit et enregistré toute la première partie d’inspiration orientale. J’y ai ajouté du oud, de la mandoline, ma fille a posé des notes de piano et le tout est parti en Inde. OfRo, producteur tamoul de renom et également beau-frère de DGC et moi-même, a ajouté des percussions indiennes et les beats électro. « Mellem Verdenerne » signifie « Entre les mondes » en danois. Où que nous nous trouvions sur cette planète, nous faisons quasiment toujours face à des enjeux humains. Les Égarés l’ont bien compris.
Pour revenir à ta question, la chanson « Muspellsheim Ascent » fait un détour par la mythologie nordique pour illustrer l’ambition des hommes à dépasser leur simple statut mortel.
13- Même si l’album est plus sombre, celui-ci offre pourtant quelque chose de plus lumineux, ouvrant un final vers quelque chose de plus positif. Est-ce le cas et est-ce le moyen de confirmer un nouveau chapitre qui s’ouvre ?
C’est vrai que des titres comme « Magical Idea » ou « Into The Unknown... » ont quelque chose de lumineux. Le premier morceau vient de DGC, le second de PPG. Ce clair-obscur perçu dans « Venom Within » pourrait bien provenir d’une meilleure rencontre entre nous 4. « Into The Unknown... », avant-dernière piste de l’album, referme ce nouveau chapitre des Égarés qui se tourne alors vers l’inconnu et c’est vrai qu’on pourrait y voir comme une lumière au bout du tunnel. Un peu à la manière d’un « stinger » (cette petite scène après le générique d’un film, qui tease sur une potentielle suite), « The Whisperers » semble ouvrir un nouveau chapitre… que vous découvrirez peut-être dans la suite de nos aventures !
14- Vos pseudonymes sont-ils un hasard ou, au contraire, ont un lien avec le concept et incarnent-ils un aspect spécifique ?
Nos trigrammes font référence directement aux origines des Égarés, à l’anonymat de ces Êtres projetés dans un monde où tout leur est étranger. Formant un matricule, ces pseudonymes rappellent une production à la chaîne, où chaque référence est impersonnelle. « […] Ils ont grandi tels des bêtes sans visage et sans nom, en proie à leurs émotions les plus noires, les plus destructrices. ». C’est ainsi que débute le mythe.
15- Une question pour YGC .
a) Comment prépares-tu les paroles, en lien avec le concept (de l’album et le global) et te bases-tu sur des écrits / études spécifiques ou laisses-tu simplement ta fibre littéraire s’exprimer ?
b) Peut-on dire qu’il y a un fort aspect humain derrière les textes ?
Généralement, je reprends là où en est resté le concept sur le précédent album et je rédige une suite qui couvrira la nouvelle collection de chansons. J’isole quelques thèmes forts que je développe sur chacun des textes. Sur les trois premières productions, lorsque je ramenais un squelette de chanson, les paroles étaient écrites en parallèle. Pour « Venom Within », nous avons composé toute la musique et les paroles sont arrivées en dernier lieu. J’ai donc eu tout le loisir de trouver les correspondances entre musique, ambiances et thèmes retenus pour les textes. Je m’inspire de beaucoup de choses : de ce que je vis dans un premier temps, des rapports humains que je peux observer, de mes lectures, de mon imagination. La psychologie bien sûr, de par ma profession, la philosophie, l’écologie, l’éthologie, les œuvres dystopiques, qu’il s’agisse de cinéma ou de littérature, sont autant de sources d’inspiration. L’aspect humain est central dans ces paroles, avec une certaine dose de pamphlet.
16- Alors, une question peut-être plus galère : quelles sont les influences dans le groupe (pour l’entité) et de chacun d’entre vous ?
Nous citons souvent Megadeth, Mercyful Fate, Therion, Immortal ou encore Arcturus, comme influences principales du groupe. Ceci couvre assez largement le spectre des préférences de chacun. DGC est un grand fan de Slash mais cite souvent Accept ou Jinjer. PPG est assez éclectique, il apprécie le jazz, le blues, mais aime également des groupes comme NeObliviscaris ou Tool. JCR écoute beaucoup de black metal comme Marduk, Absu mais apprécie également le heavy ou l’électro de projets tels que Suicide Commando. Quant à moi, j’écoute beaucoup de choses nordiques ou assez avant-gardistes (en Norvège, ça va souvent de pair ;-) ) comme Sturle Dagsland, Ulver, Eivør. Même si mon panthéon personnel reste Andre Matos, Snowy Shaw, Dave Mustaine et Yngwie Malmsteen.
17- Est-ce simple de concilier la vie du groupe et vos vies privées et une part de ces dernières se retrouve-elle au sein du groupe ?
C’est une organisation en soi car nous avons des vies de famille, des rythmes professionnels différents et nous attachons une grande importance à respecter les besoins de nos familles respectives. Toutefois, nous arrivons à maintenir des répétitions régulières, une sortie d’album en moyenne tous les 4 ans et des concerts de temps à autre. Après 16 ans ensemble, on peut donc dire que la conciliation se passe bien. Sans cette vie de groupe, je verrais sans doute moins souvent mon frère car nous habitons à 100 km l’un de l’autre. Ça aussi, ça a son importance.
18- En concert, adoptez-vous une approche dépouillée ou au contraire, vous amenez des éléments donnant vie au concept ?
Nous sommes passés par différentes phases. À une période, nous mettions en scène des éléments du concept avec masques, croix et lecture du « Livre Sacré des Égarés ». Nous sommes dans une perspective plus directe actuellement, avec quelques éléments graphiques simples de scène, les lights et la fumée. Musicalement, nous avions toujours joué avec ce qui sortait simplement de nos amplis et de la batterie. Pour défendre ce nouvel album, nous avons souhaité restituer au mieux le travail d’arrangement. Nous avons donc développé le jeu au clic afin de lancer quelques pistes d’orchestration par moments.
19- Et comment vos proches, amis et familles perçoivent le groupe et votre musique (il est vrai que vous auriez pu partir sur de l’electro gore ou du death heavy noise) ?
Figure-toi qu’avant de monter The Losts, vers 2007, JCR et moi avions un projet qui aurait pu s’apparenter à de l’électro gore (NP Project) :D Nos proches nous soutiennent beaucoup dans notre projet, même s’il ne s’agit pas forcément de leur style de musique de prédilection. Par exemple, aux balbutiements du groupe, les parents de JCR hébergeaient nos répétitions. Ils nous ont souvent suivis en concert. Notre père, à DGC et moi, a choisi de porter un t-shirt à notre effigie lors de son départ en retraite, pour faire notre promotion auprès de ses collègues. PPG a des proches qui ne manquent pas une date. Nos enfants sont fiers de ce que nous faisons. Je pense que les quelques incursions familiales et amicales dans nos albums répondent d’elles-mêmes à la question ;)
20- Si vous reculez de deux ou trois pas et que vous regarder le groupe depuis 2010, comment voyez-vous votre évolution ?
Nous pouvons déjà dire que nous sommes heureux de ce que nous avons accompli, de ce que nous avons appris au travers de nos processus d’enregistrement, et bien sûr de la manière dont nous avons développé notre écriture musicale. Comment s’insérer à notre époque dans un style où tout semble avoir déjà été écrit ? En faisant un pas de côté, j’ai le sentiment que nous avons réussi à trouver notre petite place. Sur le plan scénique, nous serons peut-être un peu plus amers. Nous avons connu une époque où nous jouions très régulièrement parmi une véritable communauté de groupes qui s’échangeait les plans, nous avons également connu une époque où nous ne démarchions plus de concerts car nous jouions sur invitation. Depuis quelque temps, nous ressentons une frilosité de la scène underground. Il devient plus difficile de trouver des dates. On nous a même répondu, par exemple, que nous étions « trop pro », « trop metal » ou « pas assez extrême »… C’est assez étrange. De ce point de vue, il est plus difficile de nous prononcer sur notre évolution. Mais nous gardons la fierté d’avoir déjà inscrit, même de manière infime, 4 disques dans la grande Histoire de la musique. Si notre monde tient toujours debout, j’imagine la tête de mes arrières-arrières-petits enfants lorsqu’ils entendront la voix de leur ancêtre :D
21- Quels sont les projets en cours et à venir ?
Nous avons deux dates en préparation : le 11 octobre à la Brat Cave de Lille, en compagnie d’Alwaid, Subatomic Strangers et organisée par l’association Chats Noirs ; et le 24 octobre à l’occasion du Giofest à Kortrijk (Belgique) parmi 9 autres groupes dont l’excellent Midnightmares.
Après cela, il sera temps de se replonger dans la composition… Qui sait ce que nous vous réservons ?
22- Merci d’avoir pris le temps de répondre à ce flux de question. C’est à vous de conclure cette entrevue écrite !
Un grand merci à toi, Benoît, et à Margoth PDF pour le soutien de longue date !
Le monde change perpétuellement. Quoi qu’il arrive, la musique nous animera toujours.
Ne vivez pas sans musique… vous risqueriez de vous perdre.