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Telperion m'a ouvert, par sa découverte, une autre porte sur la vision possible du folk. Fort de leur nouvel Ep 'Of saviors and conquerors' et ayant envie d'en savoir plus aussi bien sur leur vision que sur le concept, c'est naturellement que le groupe a joué le jeu de l'interview qui suit.

1- Bonjour à vous ! Comment allez-vous ? Commençons dans la sobriété avec l’histoire de Telperion.

Salut, ça va super merci !
Alors Telperion est un projet qui a vu le jour en 2014 à Clermont Ferrand. En 2015 nous avons sorti un 1er album “Ahead of time” que nous avons défendu sur scène en France et à l’étranger (Suisse et Espagne notamment). Nous avons d’ailleurs eu la chance de partager la scène avec des groupes comme Tengger Cavalry, Temperance, Celkilt… qui restent des souvenirs inoubliables.
Au fil du temps nous avons trouvé notre voie, un mélange de folk, de power/heavy et surtout une envie de conter : faits historiques, légendes, mythes…
Début 2018 nous avons sorti un single “Down the slopes of Gergovia” à propos de la bataille de Gergovie ! (Un peu de chauvinisme ne fait jamais de mal 😇). Il était prévu de sortir un EP suite à ce single mais nous avons décidé de stopper Telperion quelques mois plus tard.

Étant à l’origine du groupe et après plusieurs discussions et réflexions, nous avons décidé de reprendre le projet en 2022 avec Guillaume (batterie) du line up d’origine.
Un nouveau line up en place, nous avons rapidement sorti notre EP “Of Saviors and Conquerors” en mars 2023.


2- En cherchant un peu le sens du mot Teleprion, je suis tombé sur la mythologie de Tolkien. Est-ce donc de là que vient le nom du groupe et se rattache-t-il aussi à un autre sens ?

Oui complètement ! Nous cherchions un nom de groupe, nous étions, et sommes toujours, fans d’héroïc-fantasy et adorons le Seigneur des Anneaux.
Nous voulions un nom en lien avec la nature pour le côté folk de la musique et le lien s’est rapidement fait avec l’un des arbres du Valinor !

A la base il n’y avait pas d’autre sens mais peut être qu’aujourd’hui un nouveau s’en dégage. Tolkien a écrit à propos de Telperion “il répandait de ses fleurs innombrables comme une inépuisable rosée de lumière argentée qui baignait le sol tacheté d'ombres frémissantes.”.
En relisant ces mots suite à la pandémie, on pourrait imaginer la musique comme une lumière après cette période assez sombre. Mais je crois que c’est valable pour la culture en général 🙂


3- Vous évoluez dans le folk metal, un genre assez fourre-tout puisque proposant des choses très différentes. Avant d’approfondir votre voie, est-il logique de penser que cela dépend de la sensibilité des groupes ?

Oui, je dirai que chaque groupe a une vision très personnelle du folk. On retrouve quand même une racine commune basée sur des choses anciennes (cultures, instruments, traditions…).
Certains vont puiser leur côté folk dans le paganisme ou même la culture nordique, pour notre part ce sera plutôt par le côté trad (Irlande, Ecosse, Bretagne…) et avec des instruments tels que le violon, les flûtes irlandaises, la cornemuse et même l’accordéon.
Je pense juste que ça dépend surtout de ce que l’on veut raconter !

4- Vous posez une trame très heavy sur laquelle vous venez broder les structures et les atmosphères, en puisant dans d’autres registres. Quel rapport entretenez-vous avec le heavy et la façon d’imbriquer les autres éléments dans celui-ci ?

Le heavy reste, pour Guillaume et moi-même, le style qui nous a fait rentrer dans le metal et qui nous a réunis dans ce projet. Même si aujourd’hui nous écoutons énormément de choses, le heavy reste notre 1er amour et c’est un style qui, je trouve, colle très bien pour accentuer le côté festif du folk ou pour lui donner un aspect épique.


5- D’ailleurs, si on veut être plus précis, vous ne vous cantonnez pas qu’au heavy mais allez aussi effleurer le power metal. Est-ce votre méthode pour introduire une notion épique, que vous modulez à votre guise ensuite ?

En effet, on navigue énormément à la frontière du heavy et du power. Je pense que l’utilisation de l’un ou l'autre n’est pas réfléchie et se fait de manière assez naturelle, l’important est pour nous d’avoir une dynamique intéressante dans le morceau en fonction de ce que l’on veut transmettre et raconter.

6- Vous amenez un puissant contraste avec des éléments venant du metal extrême. Mais vous en faites un usage plutôt de manière diffuse, mais suffisante pour montrer sa présence. Pourquoi ce choix d’amener ainsi la notion de contraste ?

Je pense qu’encore une fois la volonté est de transmettre une émotion particulière en fonction de ce que l’on raconte dans le morceau. Je crois qu’on a toujours eu un problème avec les cases et les codes, que l’on retrouve beaucoup dans le metal extrême, peut-être même trop ahah !
On dit faire du power folk, parce qu’il faut se donner une étiquette et c’est le style qui ressort en très grande partie de notre musique, maintenant si une partie de l’histoire d’un titre se veut plus sombre par exemple, pourquoi ne pas piocher dans la richesse du black !

7- Les structures que vous offrez sont très riches et parfois complexes. Au-delà de faire un lien avec les styles que vous y injectez, n’y aurait-il pas une volonté d’aller plus loin, dans l’immersion et au-delà ?

Je dirais même vers l’infini et au-delà ! 😁
Blague à part, c'est toujours une question d’immersion.
Si on prend Son of the ocean, il y a un pont aux sonorités exotiques, le but est tout simplement de renforcer l’imaginaire de l’auditeur.

8- Vous avez aussi une signature qui vous est propre, par le sens de la mélodie. Est-ce un critère essentiel pour vous, même dans les phases plus extrêmes que vous amenez ?

La mélodie est un élément très important pour nous, même sur des moments plus “metal extrême”. C’est quelque chose que l’on retrouve aussi dans ce que l’on écoute. A titre personnel, j’adore écouter du death ou du black mais les groupes que j’aime écouter vont très souvent présenter des mélodies assez développées.
La mélodie et même l’harmonie aident beaucoup à transmettre une ambiance ou des images à l’auditeur, encore une fois le but est là, et on utilise tout ce qu’il y a à notre disposition. 🙂


9- Ce qui est intéressant aussi, c’est que cette navigation dans les styles sur la base heavy / power fait un lien directement, de manière systématique, au thème que le titre va explorer. Est-ce important pour vous, d’amener cette vision ou est-ce venu tout simplement de manière naturelle ?

Oui tout à fait ! Notre envie est avant tout de conter des histoires, des légendes, pour y arriver nous avons 2 options : soit partir de l’histoire et composer en fonction ou composer et en parler entre nous, voir ce à quoi ça pourrait nous faire penser et donner le thème au morceau.
Pour les morceaux de notre dernier EP, nous avions écrit les titres et ensuite décidé de parler de tel ou tel thème. Il y a eu notre pause à ce moment et en reprenant le groupe je me suis dit qu’il fallait marquer au maximum l’immersion. On a donc rajouté des bruitages de cors de batailles, développé une grosse partie orchestrale épique pour Down the slopes of Gergovia. Nous avons rajouté des chœurs pour le côté dramatique apporté par la bête du Gévaudan sur Here comes the Wolf. Pour Son of the Ocean, il s’agit du seul morceau travaillé depuis la reprise du groupe et je pense qu’il est le meilleur représentant de la suite de Telperion. Ce morceau parle d’Olivier le Vasseur (la Buse), pirate français, et même sans comprendre les paroles je pense que l’on sait qu’on est dans le domaine de la piraterie : accordéon, canon, bruitage d'îles, d'océan, de cordage… le but est vraiment d’emporter l’auditeur dans notre histoire et on espère que le pari est réussi !

10- Vous abordez deux domaines principaux : l’histoire en elle-même et la part de légende qui en découle ou qui crée des histoires, d’un regard plus mythologique.
a) Est-ce un intérêt particulier pour ces deux aspects liés, en même temps que d’avoir une approche un peu différente du monde du folk ?
b) Allez-vous explorer et développer cette voie, afin de créer quelque chose de plus tentaculaire restant centré sur le concept de base ?

Nous sommes tous très intéressés par les mythologies ou l’Histoire et ça colle plutôt bien au style folk en général. Pour ces morceaux nous avons tout simplement voulu parler de choses qui nous plaisaient mais pour la suite nous voyons plutôt un thème global par album dans lequel nous pourrions mêler Histoire, légendes et pourquoi pas créer nos propres histoires à partir de tout ça…
On laisse Julien notre chanteur gérer le détail de cette partie, en fonction de ce qui l’inspire le plus pour l’écriture des paroles. 😉

11- Au-delà de tout ça, peut-on y voir une tentative de lier notre réalité à un moyen de s’évader, en regardant vers des choses plus imaginaires ?

La musique est un très bon moyen d’évasion quoi qu’il en soit. En contant ces histoires à travers nos morceaux et en appuyant les ambiances dans la musique, l'évasion est sûrement plus facile.
Après ces années de pandémies que l’on vient de traverser, rêver un peu ne fait pas de mal je pense ! Espérons que ça continue. 🙂

12- Qu’est-ce qui vous a poussé dans cette voie et quelles sont vos influences ?

Le groupe est né d’une passion pour le metal et d’un autre côté pour la musique celtique. Le mélange des 2, quelque part assez opposé au 1er abord, nous a tout de suite parlé.
Pour le côté celtique nous étions bercés dans la musique trad bretonne et irlandaise notamment.
Pour le metal, une grosse base heavy/power était présente, un peu de prog (beaucoup !!) pour ma part.
Aujourd'hui nous écoutons bien plus de choses qu’à l’époque et piochons dans tout un tas de style, qu’il s’agisse de metal extrême ou même en dehors du metal comme le funk, jazz ou la musique du monde, avec parcimonie, la grosse base étant le power/heavy et le folk.

13- Est-ce que dans votre approche musicale vous bridez-vous pour certains aspects, qui seraient moins pertinents selon vous ?

On essaie d’avoir une cohérence entre les morceaux mais en dehors de ça, non, on ne se bride pas. Nous ne voulons cependant pas partir dans tous les sens donc on garde cette base power/heavy/folk et on va agrémenter le morceau en fonction de ce que l’on veut raconter et piocher dans des styles qui pourraient matcher avec le thème. C’est de la cuisine en gros, on a notre plat de base et on va mettre quelques épices pour surprendre et faire voyager.
(Maintenant vous avez faim et moi aussi ! 😂)

14- Vous apportez aussi un soin au visuel, avec une approche en réalisme et bande-dessinée. Y-a-t-il une réflexion sur ce point, avec peut-être des éléments cachés et un besoin de commencer à offrir par celui-ci une invitation à entrer dans votre univers ?

Pour l’artwork de notre EP “Of Saviors and Conquerors” nous avons travaillé avec le talentueux Cédric Piffard (Whole Lotta Ink Tattoo).
Nous voulions un artwork avec ce style fait main et notre univers lui a tout de suite plu.
On est plus que ravis de cet artwork qui montre totalement les différents univers parcourus dans l’EP et ce style fait main retranscrit ce côté conte, ancien, légende… une porte d’entrée dans notre univers en effet.

15- Et en dehors du groupe, il y a la vie de tous les jours. Que faites-vous en marge du groupe et est-ce lié à la musique ou point du tout ?

En dehors du groupe nous travaillons dans des domaines assez différents, les sciences, la cuisine, la relation clientèle... pour ma part je donne en plus des cours de guitare.
En grande majorité, pas de lien avec la musique. Elle reste notre 1ere passion je dirais.


16- Quels sont vos goûts en matière musicale (en dehors de vos influences) et êtes-vous sensibles à d’autres formes d’arts (cinéma, littérature, arts graphiques…) et si oui, quels sont vos points d’intérêts ?

On a des goûts assez variés, bien sûr le metal, au sens large, avec chacun des préférences diverses dans les sous genres du style.
Nous écoutons aussi d’autres choses que du metal : funk, fusion, jazz, musique classique et du monde... À titre personnel je trouve dommage de s’enfermer uniquement dans un seul style voire même sous style, on passe souvent à côté de belles surprises découvertes et inspirations !

Pour les autres arts, je pense que le nom Telperion parle de lui-même 😁 on ne va pas détailler pour tout le monde mais oui nous adorons le cinéma, la littérature : principalement ce qui touche à l’héroïc-fantasy, les grands classiques de la littérature mais aussi les BD/comics.

17- Une part de ça se retrouve-t-il dans votre musique, malgré vous ?

Oui tout à fait, je pense que de toute façon la musique est un reflet de notre quotidien. Tout ce que l’on vit tous les jours, que ce soit au travail, dans les loisirs, le relationnel, l’humeur, tout ça alimente l’inspiration pour composer.

18- Avez-vous du temps à côté pour des hobbys, type gaming, visite de ruines, dessin, peinture, écriture de blagues carambars… ?

Il faut !! De manière différente pour chacun de nous évidemment, mais oui, voyage, photo, gaming et bien d’autres font heureusement partie de nos vies ! 😁
Blague carambar pas tant, on est pas très accès humour et fun, d’ailleurs si la population mondiale pouvait arrêter de rire ce serait une bonne chose !




19- Comment définissez-vous Telperion par rapport à vos vies (oui, c’est une question retors) ?

Pour nous tous je dirais que ce n’est pas une bonne ou une mauvaise situation, c’est avant tout des rencontres, des gens qui nous ont tendu la main… 😂 plus sérieusement c’est un bon défouloir, une échappatoire. On est réuni autour de cette passion commune qu’est la musique, on partage ça avec les personnes qui nous suivent ou nous découvrent et on en oublie un peu le quotidien !
Pour ma part c’est un projet qui me tient énormément à cœur, j’en suis à l’origine, j’ai composé les morceaux… Guillaume était là au tout début de cette aventure, c’est un de mes meilleurs amis et aujourd’hui on continue de la vivre ensemble avec en plus des personnes formidables... que demander de plus ?!

20- Quels retours avez-vous de votre Ep et quels sont vos projets à venir ?

On a eu d’excellents retours, que ce soit de personnes qui viennent de découvrir le groupe ou d’autres qui nous suivent depuis les débuts. Telperion a toujours eu un côté assez fédérateur et plaît en général à des publics très variés, du monde du metal ou non.
Bon c’est vrai que revenir avec un nouveau line up ne pouvait pas être simple vis à vis du public qui nous suivait jusqu’à présent mais les retours ont été plus que positifs et c’est super !
La formule n’est pas meilleure, elle est simplement différente, bien que nous essayions de proposer quelque chose de beaucoup plus qualitatif qu’auparavant.

Pour l’avenir nous voulons dans un 1er temps défendre notre EP sur scène, j’en profite pour m’adresser aux organisateurs de concerts, aux groupes qui lisent ces lignes en leur disant de ne pas hésiter à nous contacter pour jouer dans leurs régions ou pays, si nous en avons la possibilité ce sera avec grand plaisir !
En parallèle de tout ça, nous composons régulièrement et aimerions marquer le coup de ce retour avec des morceaux inédits, si tout va bien dans l’année, et puis nous commençons à parler d’un album mais ce sera pour plus tard, le temps de faire les choses bien ! 🙂

N’hésitez pas à nous suivre sur les réseaux pour avoir toutes nos actus, je ne peux malheureusement pas tout dévoiler pour l’instant mais de belles surprises se préparent ! 😏

21- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à ces questions. Faites-vous plaisir en concluant comme vous le souhaitez !

Tout d’abord un grand merci à toi, pour ton temps passé sur notre EP pour sortir cette chronique et aussi pour avoir préparé cette interview !
On voudrait également remercier toutes les personnes qui nous suivent et nous soutiennent (et parfois nous supportent !), et encore une fois les personnes qui ont participé à la réalisation de cet EP, je pense qu’elles se reconnaîtront ! 🙂

Un mot de la fin… les aficionados du kamoulox apprécieront un “table basse” mais citons plutôt un grand poète français qui se voit dire cette phrase dans tous ces rêves :
“j’ai conclu”. Jean Claude Dus

Allez merci Margoth et à très bientôt !

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