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Enderr est un groupe de Haute-Savoie qui saura vous faire aimer son air frais et ses chants bucoliques, à travers un deathcore, pour rester simple). Fier d'un premier album qui tabasse (et qui enrichi les groupes du coin qui passent par ici), le groupe s'est plié (ils sont souples) au jeu des questions. C'est Xavier (chant), qui s' y est collé!

1- Bonjour à vous ! Comment allez-vous en ce brûlant mois de juillet et pouvez-vous nous narrez la belle histoire de Enderr ?

Xavier, chanteur : Hello ! Merci ça va au top et toi ? La belle histoire d’Enderr ! Enderr c’est un regroupement de musiciens qui aiment faire du metal et qui aime le faire savoir aujourd’hui, le tout dans la belle région d’Annecy. Nous nous sommes rencontrés en 2017 et depuis nous tenons dur comme fer et avons enfin eu l’opportunité de sortir notre 1er CD Seeds of Drakness en novembre 2022.

2- J ‘avis abordé brièvement ce point dans ma chronique mais crevons de suite l’abcès du nom. Pourquoi ce mot albanais et ce choix, jouant en plus sur l’ambiguïté linguistique de la langue ?

Le nom Enderr veut dire « rêver » en Albanais. Mais pourquoi aller cherche un mot Albanais ! La réponse est assez rigolote. Nous avons souhaité faire d’Enderr un univers oscillent entre rêve et chaos. Les premières idées de noms étaient « Rêve » ou « Onirique », mais déjà utiliser par nombres de projets. Après nous répétons dans une jolie région proche d’Annecy qui s’appelle « l’Albanais ». On a eu une révélation : traduisons rêve en Albanais ! Je te laisse deviner : Enderr ! Ça sonnait comme une évidence entre la thématique des compositions et le grand clin d’œil a cette région de l’Albanais Haut-Savoyard.

3- Vous exécutez du deathcore. Un choix réfléchi face à l’amour de ce style ou est-ce venu comme ça, lors des ébauches de titres ?

Le style que nous faisons est assez compliqué à catégoriser. On s’est posé nous même la question sur ce que nous faisions. Nous piochons dans différents styles, c’est un choix et nous l’assumons. Il y a des parties très typées metalcore, d’autres heavy, mélo ou deathcore. C’est notre propre son, notre propre style ; du Enderrcore !

4- Vous offrez deux facettes différentes, entre la brutalité directe du deathcore et un aspect plus mélodique (mais sans tomber dans la caricature).
a) Cette façon de structurer est-elle le moyen de pouvoir explorer des voies moins conventionnelles ?

Exactement. Nous ne souhaitons pas nous conformer à un style ni une seule façon de voir les choses. Nous varions les tonalités, les styles pour essayer de faire de nos compositions des titres différents les uns des autres.

b) Vous modulez la notion de mélodie, suivant les titres. A-t-elle un rôle qui va au-delà de sa simple nature ?

Ces mélodies font parties de notre identité musicale. On pourrait croire qu’elle n’apporte rien mais elles ont une place importante. Elles donnent de l’air et des dimensions bien plus profondes dans les titres. Elles reflètent également notre volonté de se diversifier dans nos chansons.

c) Il y a aussi des éléments nettement plus brutal death qui apparaissent.

On n’a jamais souhaité faire dans la dentelle ! L’idée est de faire un metal varié et de ne jamais s’ennuyer.

5- Votre approche joue sur les facettes de rêve et de chaos, qui est la base du concept. Pouvez-vous en dire plus et quelles voies explorez-vous par cette notion ?

Pour les thématiques c’est moi, Xavier, avec mes lignes de chant. Je n’avais pas envie de faire des titres engagés politiquement, sur des entités astrales ou bien des sujets pseudos sataniques. J’aborde des thèmes plus ancrés sur l’être humain. Je touche au sujet de la bipolarité avec DSØM (Dark Side Of Me), du suicide avec Perception, de la perte d’un proche avec Shockwave et sur les difficultés à aborder le quotidien ou son existence sur la majeure partie des titres. Après j’ai souhaité ne pas être trop brut en exprimant ces thèmes mais les apporter comme un voyage initiatique d’une personne qui vit entre rêve et chaos le long de cet album.

6- Peut-on voir des niveaux de compréhension au sein de vos titres, dont l’une plus littérale et l’autre abordant des aspects plus philosophique ou métaphysique ?

Tout à fait. Il y a plusieurs niveaux de lecture. Il y a ce que l’on peut en lire et c’est aussi ce qu’on peut ressentir, en tout cas ce que moi je peux ressentir dans un quotidien qui parfois est assez difficile. Aujourd’hui j’apprécie pleinement ma vie mais mon propre parcours chaotique est ce qui m’a permis d’écrire avec autant d’investissement. Ce que je fais amène, je l’espère, à une réflexion au-delà de l’écoute.

7- Vous amenez aussi un aspect plus terrifiant (liant le concept et la musique) avec un aspect parfois volontairement grotesque (dans le bon sens), peignant encore plus un univers très sombre. Est-ce un choix réfléchi, en cohérence ou plus une voie d’expérimentation, qui servira à ouvrir une part encore plus sombre et extrême de votre univers ?

Oui on passe parfois par des moments assez sombres dans cet album mais c’est toujours dans cette volonté de se balader entre rêve et chaos. J’admets qu’on est très souvent dans la partie chaos mais c’est un sujet tellement vaste et qui permet une liberté totale d’expression ! J’ai un peu donné le cap avec mes idées et les sujets que j’avançais dans mes textes. La suite s’annonce encore plus dantesque. Enderr c’est un labo de création sans vraiment de limites. Nous sommes 5 et laissons libre cout à notre créativité. Enderr n’est pas près de s’arrêter en si bon chemin.

8- D’ailleurs entre le graphisme et les titres, il semble que vous ameniez une notion très astronomique (‘Into the great attractor’) comme une ébauche d’une étrange cosmogonie. Par rapport au concept, est-ce un domaine spécifique que vous souhaitez explorer ou fait-il un lien avec des choses qui seront plus marquée dans un futur ?

Into the Great Attractor est une chanson métaphorique. C’est un thème sur le trou noir supermassif de notre galaxie qui s’appelle « Great Attractor » en anglais mais le fond est qu’on va tous y passer peut importe notre existence. C’est juste qu’on est trop loin pour en avoir conscience mais l’humanité arrive déjà à se surpassé dans l’art de l’autodestruction. L’aspect « cosmique » n’est pas un thème futur mais j’aime l’idée de le mélanger à la façon Enderr.

9- D’ailleurs, que représente le visuel et a-t-il une place définie dans l’ensemble du concept ?

Le visuel est un condensé de tout ce que l’on a évoqué. Il est associé à l’idée et plus généralement au concept. Aujourd’hui il a une place encore assez mince mais bientôt il s’inscrira avec plus d’importance. Les graphismes sont faits par notre batteur Tony qui a un coup de crayon remarquable en plus de son rôle.

10- Quelles sont les influences de Enderr ?

Enderr est influencé par des groupes tels que Thy Art is Murder, As I Lay Dying (la musique, pas le chanteur), August Burns Red, Whitchapel, Chelsea Grin, After the Burial et bien d’autres… Après nous aimons des choses très divers de tous styles musicaux.

11- Est-il raisonnable de croire qu’il y en a d’autres, qui ne sont pas musicale (et si oui, quelles sont-elles)?

Oui c’est justifié, il y a l’art visuel pour agrémenter nos créations. Il y a aussi la littérature dont je me permets parfois de puiser certaines phrases.

12- En s’imaginant la Haute-Savoie, on a un peu de mal à l’associer au deathcore (vu l’ambiance hivernale, pourquoi pas du black, du doom…). Comment vous situez-vous par rapport à la scène locale (avec une ouverture vers la Suisse?) ?

C’est vrai que le pays se prête mal au genre à première vue mais c’est un leurre. Il y a un réel vivier metal important en Haute-Savoie. C’est ce qui est hyper intéressant également ; personnellement j’adorerais jouer notre musique au pied d’une remontée mécanique !
Nous nous situons dans une scène underground locale entre les pays de Savoie et la Suisse romande. J’aimerais avoir plus de dates suisses et pouvoir exporter, même localement, nos créations. Genève est à 5 minutes de chez et regorges de scènes vraiment sympas.

13- D’ailleurs, comment est la scène locale, ses facettes et existe-t-il une entente ou est-ce plus cloisonné ? Avez-vous des groupes à conseiller ?

La scène locale se porte pas mal du tout ! Ecoutes nous nous entendons bien avec de nombreux groupes et nous essayons de collaborer plutôt que se bouffer le nez. Ensemble on est plus fort ! Nous avons des scènes communes avec Deos d’Annecy, Loxus de Clermont, Up to the End de Lyon, Ashed Winter de Lyon, Versus de Genève, Seven Years of Misfortune entre Annemasse et Genève, Shaytan d’Annecy et plein d’autres. Aujourd’hui pour aborder une salle il faut presque vendre un concept et apporte un plateau tout cuit. Au sein du groupe j’ai un bon réseau et je tente d’en faire bénéficier d’autres au travers de nos dates. Par exemple nous avons approché le Brise-Glace à Annecy avec une soirée sur le thème d’Halloween et proposé à nos amis de Deos et de Loxus de se joindre à nous pour compléter. Ça joue énormément et on se rend service.

14-A moins d’être très riche ou d’avoir un succès incroyable avec ce premier album, que faites-vous comme travail dans la vie de tous les jours (ou des études) ?

Personne n’est aussi riche dans notre groupe. Notre richesse intérieure nous l’avons posé sur CD ! En revanche si tu connais quelqu’un qui ne sait pas quoi faire d’un petit million d’euros on est preneur !
Plus sérieusement, je suis ingénieur en technique du bâtiment, Tony gère une entreprise de peinture en bâtiment, Aurélien est ingénieur, Stéphane est chargé de projet et Tristan est technico-commercial.

15- Et que pensent vos proches de la musique que vous faites ? Sont-ils partagé en deux clans différents, partent-ils en courant, terrifiés, lors que vous pénétrez dans la même pièce qu’eux ou, même si ils ne comprennent pas tous les codes, sont-ils un soutien ?

L’ensemble de nos proches sont présents dans notre projet. Ils nous soutiennent et parfois nous supportent ! Sans eux il y aurait bien moins de mondes à nos concerts. Nous avons une communauté bienveillante autour de nous qui nous accompagne et même nous aide très souvent. C’est très précieux de pouvoir compter sur eux et de les avoir auprès de nous.

16- Au-delà du groupe, avez-vous d’autres formations ou des passions / hobbies (différents ou complémentaires), comme, je ne sais pas, au hasard, la collection de gomettes des années 80/90/2000 ou la peinture à la gouache avec un pinceau de 8 dans le batiment ?

Nous avons tous des activités connexes en plus. Stéphane par exemple fait des triathlons et est un grand sportif, Tony dessine beaucoup. Moi j’additionne également le handball avec le reste.

17- Quels sont vos goûts en matière de littérature, cinéma et musicaux personnels et peuvent-ils transparaître dans Enderr ou vous n’avez pas le temps pour tout ça (parce repeindre des immeubles à la gouache, c’est vachement long) ? Quelques suggestions ?

Moi je lis quand il me reste du temps et je suis assez dans une littérature Dark Fantasy comme Micheal Moorcock, Michel Robert ou sf avec Stephen King que lisait déjà mon père et que je perpétue ! Sinon on possède chacun nos goûts.

18- Est-ce simple de conciliez le tout ou cela demande une organisation plutôt militaire ?

C’est absolument difficile plutôt ! On découvre des aspects tout à fait chronophages qui arrive avec la sortie de l’album. La promotion et la recherche de dates principalement. C’est un milieu qui est dur à approcher et les salles faisant jouer du metal on des listes longues comme le bras. Il est dur de sortir de la scène émergente.

19- Quels sont les retours concernant votre album et les projets que vous mûrissez ?

Les retours sont excellents globalement. Tous sont emballé d’avoir un album complet et sans fioritures. 11 titres variés qui tabassent tout le long de l’album. On ne s’ennuie pas ! Les critiques déplore qu’un bon projet reste immergée dans la scène émergente et mériterait d’être mis en avant.
Sinon les projets n’arrêtent jamais mais ils sont long à mettre en place. Nous travaillons sur un second album et sur une promotion qui va sortir de l’ordinaire mais cela reste encore confidentiel !

20- Merci à vous de votre patience pour l’attente et les questions. Je vous laisse conclure comme vous le souhaitez !

Vous n’avez pas fini d’entendre parler d’Enderr !

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