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En explorant l'univers de Adz (ou Julien, c'est comme tu veux), je me suis dit que ce serait bien, avec les chroniques faites (et celle à venir), d'aller plus loin que mon avis et d'aller vraiment explorer les différentes facettes des projets et d'autres choses, avec le principal intéressé. Et c'est exactement ce qui est retranscrit ici, Adz ayant une de la patience avec mes questions. Prends un bon café, un bon thé ou une bonne mousse (ou tout breuvage à ta convenance).

Questions de Benoit)

1- Salut Adz ! Comment vas-tu ? Habituellement, je commence par un historique ou une présentation du groupe mais ici, ce sera plutôt te présenter (et si tu peux glisser une blague, pour décontracter l’atmosphère).

Je vais bien. Allons-y !

2- Tu as choisi le pseudonyme de Adz.
a) Pourquoi et a-t-il une signification ?

Adz. est une forme contractée de Adunakhor Zaashgot. En fait, l’histoire de ce nom d’artiste démarre vers 2004-2005, période durant laquelle je fréquentais des forums metal. Il se trouve que je lisais beaucoup de choses autour de l’univers conçu par Tolkien, que ce soit Le Seigneur des Anneaux, mais surtout Le Silmarillion ainsi que Les contes et légendes inachevés. De là, j’ai trouvé cool le nom de Âr-Adûnakhor (un roi de Númenor) et j’ai gardé Adunakhor. Lorsque je sors la première démo de Thy Apokalypse, mon pseudonyme est Lord Adunakhor. En 2009, c’était déjà Adunakhor Z. Puis vers 2019, c’était devenu Adz., dont j’apprécie le côté A-Z (alpha-oméga) du pseudonyme. Il est presque uniquement réservé à mes projets « metal extrême », j’ai envie de dire. Pour Zaashgot, c’est un calcul fait à partir de mon vrai nom et de ma date de naissance complète. Ça a donné ce nom, que j’ai gardé.

Maintenant, j’agis également sous mon vrai nom (Julien J. Neuville), notamment pour tout ce qui concerne mes projets moins extrêmes et, actuellement, liés à la Finlande (Kaamosmasennus et Salaman Isku en particulier). Nous aurons l’occasion d’y revenir.

b) Est-ce un choix de ne pas utiliser ton patronyme, peut-être lié à l’idée de séparer l’humain de l’artiste ?

La question est intéressante, même si j’utilise mon patronyme. Je pense qu’avant de l’utiliser, je voulais me cacher derrière mon pseudo. Maintenant, je m’en fous, en fait.

La date-clé de ce revirement se situe en 2017 : cette année-là, j’ai « tué » Adunakhor Z. en « tuant » d’abord Thy Apokalypse. Puis, en 2019, ce fut autour de Reflecting the Light et Salaman Isku d’être « détruit ». C’est une de mes manières de réagir lorsque j’ai besoin d’évoluer. Cette période charnière de 2017-2019 a fait de la place pour laisser la possibilité à d’autres projets d’émerger (Kaamosmasennus, Arbre-dieu et .eterniteduchaos.) et, finalement, de renouveler ma vision par rapport à des projets comme Thy Apokalypse, Salaman Isku et Reflecting the Light.

3) Avant d’explorer un peu plus tes différents projets, on va partir des origines. Comment en es-tu venu à la musique ?

D’abord, la musique m’a toujours fait vibrer, en particulier le rock. J’étais extrêmement fan de la batterie qui cognait à fond. J’avais une petite batterie quand j’étais jeune, que j’ai défoncé rapidement malheureusement, et le premier album qui m’a été offert fut le Made in Japan 72’ des Deep Purple lorsque j’avais 5-6 ans. Le son d’une batterie qui cogne me faisait le même effet à l’époque que les orages et autres intempéries violents, ça me rendait extatique. Durant ce temps, je chantonnais beaucoup et j’imitais la batterie avec ma bouche, et ainsi de suite.

Pour la musique, si on passe les cours obligatoires de flûte à l’école, j’y suis arrivé au début des années 2000. J’avais l’obsession de créer un album de musique et, dans le même temps, avec l’internet, j’étais inondé de musique (téléchargement sauvage surtout). En 2004, c’est la découverte du black metal qui a mis le feu aux poudres de cette obsession. Le problème, c’est que je ne jouais d’aucun instrument, alors que je voulais faire du black. J’ai commencé à créer des pistes via Guitar Pro 4, beaucoup de pistes, puis j’ai eu envie de faire de la musique en vraie, coûte que coûte. Et j’ai cherché les moyens d’en faire sans débourser un euro et avec les moyens techniques à ma disposition (très faibles). Mon premier vrai projet, né durant l’été 2005, s’appelle Exär Kün (un nom issu de l’univers étendu de Star Wars), et c’est une sorte de dark ambiant répétitif et ultra grésillant. Je le « tue » rapidement et, à partir de ce projet, naît Thy Apokalypse en septembre 2005. Là, c’est sérieux pour moi : même si je produis une première demo black noise complètement « électronique » (Funeral Shrine, est sort en cd en l’an 2006, chez Ahriman Records), je n’ai qu’une envie, c’est de faire du « vrai » black metal.

La sortie de cette démo a basiquement lancé ma carrière.

4) Je pense aussi, avant d’aller plus loin, qu’il est important d’expliquer que tu es en master II, dans la recherche musicale (tu me corriges au besoin). Où en es-tu du master et comment celui-ci influence-t-il ta conception musicale (ou est-ce elle qui t’influence) ?

Non, je ne suis plus en master depuis longtemps. J’ai obtenu mon master avec mention en 2019 pour le mémoire suivant : «Le funeral doom metal : émergence de la scène, valeurs esthétiques dans la presse et prototype du genre en Finlande » (pour consulter le document : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02274949v1). Ensuite, j’ai tenté de faire une thèse de doctorat dans un autre domaine, sur l’image de la Finlande durant la guerre civile de 1918, la guerre soviéto-finlandaise de 1939-40 et les Jeux Olympiques de 1952 à Helsinki (https://theses.fr/s391616). Cependant, j’ai abandonné cette thèse en 2025.

Mon travail de recherche sur le mémoire de master a profondément influencé ma conception musicale. Dans les faits, j’ai composé l’album de Kaamosmasennus en même temps que j’écrivais le mémoire. Les deux productions sont en miroir. La grosse différence provient du fait qu’avec Kaamosmasennus, je souhaitais faire du funeral doom metal à la Skepticism (dont je suis un gros fan), mais j’ai « échoué ». La musique a dérivé vers d’autres horizons au fur et à mesure que ma créativité influençait mes compositions et transformait mon idée de base. Finalement, d’un côté, j’ai un mémoire qui traite et discute du style funeral doom, de l’autre, j’ai un album qui est, pour moi, du doom metal atmosphérique.

D’ailleurs, au passage, la construction de ce mémoire doit beaucoup au travail de recherche réalisé par Béranger Hainaut dans son ouvrage Le style Black Metal (https://www.babelio.com/livres/Hainaut-Le-style-Black-Metal/958664).

5) Avec tes différents projets, tu abordes des styles très différents, parfois avec des facettes quelque peu inattendues. Est-ce un besoin d’exploration ou est-ce dans ta manière d’appréhender la musique et un besoin de voir les possibles qui s’offrent à toi ?

Quand il s’agit de ma créativité, j’ai décidé de ne pas contrôler ce qui « sort ». L’inspiration que j’obtiens – comme une antenne qui reçoit des ondes, si tu veux un parallèle – est le matériau de base sur laquelle je construis mes albums. Je ne transige jamais avec ce dernier point, et c’est ce qui fait que j’apprécie toujours mes productions, que je réécoute de temps à autre Puis, si ça doit être du rock psyché, de la techno, un opéra ou du black metal, ça n’a pas d’importance.

Après, ça rentre souvent en écho avec des « envies » de mon côté, qu’elles soient techniques et/ou stylistiques. Par exemple, actuellement, je suis dans une grande phase d’inspiration dans laquelle très envie de faire du « synthwave 80s » (style) avec une caisse claire en « gated reverb » (technique) : tout cela va se mélanger et c’est en train de donner un album que je qualifierai de « synthwave atmosphérique » (voire spatial), avec pour patronage le Pink Floyd des années 1980 plutôt que John Carpenter.

6) Tes différents projets sont tous ancrés plus ou moins dans le metal (en détaillant chacun plus loin, on verra que c’est parfois plus complexe que ça). Cela vient-il d’une réflexion particulière (lié à un amour du genre) ou, là encore, c’est aussi en partie lié à la manière dont tu perçois la musique ?

D’un amour du genre, c’est indéniable, mais il n’y a pas vraiment de réflexion. Je pense que tout se joue par rapport à mon entrée dans le champ de la production musicale. J’ai commencé à produire, composer et interpréter mes productions, qui étaient dans une variation du style black metal. Depuis lors, les choses ont évolué, j’ai vieilli et j’ai aussi progressé techniquement depuis 2005. Au final, ce qui m’intéresse, c’est de « pondre » des pièces d’art qui me plaisent sur le temps. Si ça ne me plaît pas et/ou si ça ne rentre dans aucune production, je supprime ou mets de côté pour un jour (peut-être!).

7) On arrive enfin à parler de tes différents projets. Je vais le faire de manière aléatoire. Mais avant, ont-ils des liens entre eux (une sorte de cheminement ou de progression) ou sont-ils tous indépendants, chacun ancré dans sa facette spécifique ?

Oui, ils ont plus ou moins des liens entre eux. Cependant, c’est diffus et il convient de regarder les albums un à un, car les liens se font d’un album à l’autre, pour moi. On voit les périodes plus atmos comme celle allant de 2016 à 2019, période durant laquelle j’étais « à fond » dans la reverb et les synthés atmosphériques et massifs.

8) Je vais commencer par deux projets qui ont, eux, des points convergents. Je commence par Salaman Isku, un projet aux confins du metal, folk, rock et de l’électronique (à ses débuts).
a) Que signifie le nom et à quoi se rattache-t-il ?

Salaman Isku signifie « foudre » en finnois et ça se prononce « salamane iskou » en français. Basiquement, on a deux mots dans ce nom composé : « salama » pour « éclair » et « isku » pour « coup » ou « frappe », qui est du verbe « iskeä ». Le -n- rajouté à salama est un génitif du même type que -‘s- anglais, ce qui fait qu’en traduction littérale, ce mot se traduit « coup de l’éclair ».

b) Quel est le concept qui se cache derrière, vu que la thématique de ‘Le voyage nocturne’ est assez précise (une expérience psychédélique et spirituelle) ?

Le projet est créé en 2013 et le premier EP est sorti chez Chabane’s Records la même année. On va dire que ce projet marque la finnisation de mon art, liée en grande partie à mes études universitaires que j’entreprenais dans le domaine des langues nordiques à cette époque. Pour être plus précis : avec ce projet, c’est la première fois que j’ose utiliser du finnois. Il est une des manières que j’ai utilisées pour changer de cap par rapport au black metal de Thy Apokalypse. Mais, en plus, ce projet m’a permis d’utiliser mon kantele (cithare finlandaise), ce qui rend l’attache plus forte encore.

Le nom lui-même fait référence à deux choses à la fois : d’une part, ma passion pour la météorologie ; d’autre part, il y a une évocation plus spirituelle et psychédélique. Le dernier point est issu d’une de mes expériences avec des enthéogènes où j’ai « vu » la force d’une vie similaire à celle d’un éclair. Certaines vies ressemblent à des foudres, qui restent quelques secondes sur la rétine, après leur disparition (on se souvient d’Alexandre Le Grand, de Platon et de Tolkien) et d’autres sont de minuscules intra-nuageux (les éclairs dans le nuage), ce qui est le commun des mortels sur cette terre.





9) Tu as laissé de côté sur ‘le voyage nocturne’ l’aspect électronique. Est-ce pour te concentrer plus facilement sur les autres aspects, plus cohérents avec le concept ou la raison est toute autre ?

On évoquait plus haut les liens entre mes projets : cet aspect électronique est une influence issue de Thy Apokalypse. Lorsque je fondais Salaman Isku, je composais et je sortais Fragment Second (Vision du chaos) (2013, Chabane’s Recs) et Fragment troisième (2014, Chabane’s Recs). L’album Le voyage nocturne est composé entre 2014 et 2015, et c’est déjà un projet différent en soi. Non seulement, pour la première fois, je travaille avec un ingénieur du son (Buck.) et j’ai aussi mes « envies » pour cet album, au-delà de l’inspiration, de faire une sorte de rock psychédélique, sans blast, sans double grosse caisse, sans trop de tremolo picking, avec du kantele et du chant clair. Le seul aspect technique que je n’ai pas réussi à enlever (et que j’ai même rajouté), c’est le blast beat (sur le titre « Le rêve »).

10) Au-delà du concept, Salaman Isku pose-t-il quelque chose de plus symbolique, faisant un lien avec le spirituel ?

Oui, clairement. À partir du premier album, mon inspiration est activée par… l’amour. Ou plutôt à une obsession amoureuse ici, mais peu importe. Cette jeune femme (à l’époque), qui m’a fait tourner la tête, par sa simple présence, m’a si inspiré que j’ai créé l’album avec cette énergie particulière, comme si elle avait ouvert ce portail en moi. La thématique psyché et son adaptation technique dans l’album sont venus plus loin dans le temps, étant donné que je découple la composition de l’écriture des paroles, qui sont elles-mêmes découplées du traitement audio et de la création du visuel (qui arrive quand la musique est en boîte).

11) La musique a une approche impressionniste, amenant parfois un aspect étrange.
a) Fais-tu un lien entre la musique et la peinture sur ce projet ?

Oui, clairement. Par exemple, pour le premier album, Van Gogh et son célèbre Nuit étoilée ont inspiré la pochette. D. Gauthier, l’artiste qui a conçu la pochette, a fait un fantastique travail visuel.

Depuis 2015, je suis intéressé par m’inspirer visuellement pour utiliser des œuvres romantiques finlandaises comme celles de Eero Järnfelt (https://fr.wikipedia.org/wiki/Eero_J%C3%A4rnefelt). Peut-être l’une des œuvres de ce peintre fera partie des inspirations de la pochette du prochain Salaman Isku (dont la composition est terminée) ?

b) Connais-tu Ténébrisme, un one man band de black atmosphérique, qui lie le style de peinture à la musique et si oui, est-ce la même perception que vous avez toi et Kaëlig ?

Je ne connaissais pas du tout Ténébrisme. Je te remercie de me faire découvrir ce projet. Pour le reste, il m’est impossible de répondre.

12- Je pars sur Kaamosmasennus, qui lui est dans une veine funeral doom. Peux-tu déjà rappeler le concept derrière ce projet (le nom faisant référence à la dépression saisonnière hivernale en Finlande) ?

Il s’agit d’un projet musical que j’ai créé en parallèle de mon travail de recherche (mémoire de master). À la base, je voulais un projet doom metal depuis fort longtemps et il s’est concrétisé en 2018, où j’ai reçu mes premières inspirations. Le premier album traite essentiellement de mes impressions lors de mon passage en Finlande. Durant l’hiver 2017, j’ai vécu quelque temps dans les environs de la ville de Tampere, à 200 km au nord de Helsinki, la capitale du pays, dans une région lacustre. Le phénomène du kaamosmasennus (« kaamos » pour « saison », « masennus » pour « dépression ») est un phénomène physique, tant la lumière manque, même avec une bonne neige réfléchissant la faible luminosité hivernale. Une fois, l’expérience du voyage intégrée et, dès la conception de mon travail de recherche, il m’a paru évident qu’il me fallait un projet artistique associé à mon mémoire, rien que pour tester mes théories stylistiques.

13- Je fais le choix de parler de ce projet car il entretient des liens avec Salaman Isku. Notamment dans le son et le timbre du chant. Est-ce quelque chose de réfléchi ou juste un hasard, les deux étant peut-être proches en matière de temporalité ?

Je comprends pourquoi tu fais le rapprochement entre Kaamosmasennus et Salaman Isku, surtout parce qu’ils ont été composés relativement proches dans le temps.
Cependant, le timbre et la nature du chant sont assez différents selon moi : sur Salaman Isku j’utilise principalement une voix claire/hurlée, tandis que sur Kaamosmasennus c’est un growl death bien plus grave et guttural (avec seulement un court passage clair au milieu du titre éponyme). Ce n’était donc pas un choix conscient de garder une continuité vocale entre les deux projets.
Par contre, les deux projets se rapprochent linguistiquement, puisqu’ils ont tous les deux un nom comportant un mot finnois. C’est probablement ce qui crée un certain lien atmosphérique ou une couleur commune, même si l’approche vocale reste bien distincte et que presque tout est chanté en français.

14- Le projet a aussi quelque chose qui le lie, à mon sens, à Salaman Isku, de par son approche et les sujets évoqués. Peux-tu en dire plus, notamment sur l’approche thématique ?

Je ne sais pas. Peut-être un aspect impressionniste ? Les deux sont basés sur mes ressentis pour chacun des albums des projets : Salaman Isku, à propos d’une expérience psychédélique ; et Kaamosmasennus, à propos d’une expérience de voyage.
Mais, je pense comprendre où tu veux en venir : les titres ont une consonance similaire et les visuels sont sombres. Cependant, ils se distinguent, car Le voyage nocturne se passe en été, c’est un projet du solstice d’été (il fait a priori chaud, les nuits sont courtes), tandis que Le jour ne se lève plus fait référence à l’hiver polaire (nuit très longue, pénombre maximale – voire 6 mois de nuit dans la zone arctique – et froid massif). Dans les deux cas, il y a un jeu de lumière sur les pochettes, dont une (celle de Kaamosmasennus) est une photo que j’ai prise sur place, durant une nuit de promenade.

15- Tu privilégies une approche qui sonne très années 90, jouant avec les variations du doom (doom death, funeral doom, doom metal…). Dans la construction de l’album, est-ce une nécessité, pour ancrer encore plus l’auditeur dans l’univers dépeint par celui-ci ?

C’est l’inspiration qui a suivi son cours. Mais, effectivement, j’ai été principalement inspiré par les albums doom metal des années 1990 (voire tournant des années 2000) pour cet album. Il n’en sera pas de même pour le prochain (en cours de composition depuis 2025).

16- Tu fais aussi un parallèle intéressant car le projet est inspiré par le doom finlandais et tu y injectes du black metal (de manière subtile), évoquant le black finlandais des années 90 (du moins dans sa forme plus mélodique). Pure réflexion pour une cohérence ou cela est venu naturellement, découlant d’une logique particulière ?

J’imagine que tu fais référence au riff principal sur le morceau Kaamosmasennus. Cela découle de ma passion pour le black metal, à vrai dire. Il est heureux, je pense, que je n’ai pas mis de blast beat (ou plutôt que j’ai enlevé ces passages) pour la force du morceau. Par contre, n’étant pas un grand fan de BM finlandais, je ne saurais me prononcer sur une quelconque influence sur mon travail concernant cet album.


17- ‘Le jour ne se lève plus’ et ‘le voyage nocturne’ ne seraient-ils pas deux aspects complémentaires, explorant des styles différents mais liant les deux à un même concept plus vaste ?

Pour moi, non. Cependant, ils peuvent se répondre, notamment par l’intermédiaire de ce qu’ils ont en commun : l’influence de la culture finlandaise. Avec Kaamosmasennus, j’ai osé écrire des paroles en finnois, alors même que je ne maîtrise pas correctement cette langue. Et je crois bien que je vais récidiver dans le futur !

18- On va partir sur tes trois derniers projets, plus marqués par le black metal. On va commencer par le plus posé, Reflecting the light (que je chroniquerai bientôt, un de mes gros retards), au style à cheval sur deux univers musicaux. Avant de parler de sa musique, quel est le concept derrière et pourquoi ce nom ?

C’est un projet de transition que j’ai fondé en été 2016. Il est le liant entre Salaman Isku et Kaamosmasennus dans le ralentissement de ma musique. En fait, j’étais très inspiré par le groupe suédois Cult of Luna et j’étais parti pour aller dans leur sens post-metal, mais ma tendance blackiste a repris le dessus à un moment et ça sonne plus black que post-quelque chose.

Ce projet se fait d’ailleurs en parallèle de mon projet synth/metal/instrumental .eterniteduchaos., fondé en 2016 dont j’ai créé un premier EP Dreamtech, qui est sorti en 2020. D’ailleurs, un album, qui a connu un très long développement (7 ans environ), devrait sortir dans quelques années (il est en cours de mixage et mastering).

Dans ces projets, j’utilise massivement des nappes de synthés atmosphériques. Tout comme pour Kaamosmasennus. Avec Arbre-dieu, j’ai pris le sentier inverse.

19- Ce projet oscille entre post metal et black atmosphérique et post black, le tout instrumental. Est-ce un projet qui développe du coup un aspect plus expérimental, plus contemplatif peut-être (élément que l’on retrouve aussi dans Kaamosmasennus) ?

Tout à fait. Pour l’anecdote, et c’est là qu’on voit qu’il s’agit probablement d’un projet pour un unique album : j’ai jamais pu composer quelque chose qui me plaise pour ce projet, malgré moult tentatives. Ça ne veut pas !

20- Cette approche instrumentale est-elle liée à une contrainte particulière ou était-ce juste un besoin d’avoir quelque chose qui soit plus libre en matière de réflexion ?

Ça sonnait juste bien sans voix/chant. Il y a un côté immersif et contemplatif, comme tu dis, pour cet album.

21- On va évoquer maintenant l’un de tes projets les plus extrêmes, malsains mais aussi au concept très développé, sur l’IA. A quoi fait ainsi référence Thy Apokalypse et quel est son concept ?

Thy Apokalypse, c’est le projet avec lequel j’ai forgé mes premières œuvres. Au départ, comme j’ai commencé à faire de la musique via des logiciels conçus pour la musique électronique comme Fruity Loops (à l’époque). Ça a influencé la thématique assez rapidement vers quelque chose d’indus et électro. Les thématiques ont évolué avec le temps, car la demo Funeral Shrine, c’est de la pure rage chaotique, rien de plus, alors que le split avec le projet black metal industriel Industrial Estate, la thématique est déjà là. Elle se concrétise avec Fragment premier (Vision of Apokalypse) en 2009, où la thématique principale, c’est l’extermination et le remplacement des hommes par les robots. Puis, en 2013, il y a Fragment second (Vision du chaos), qui est conceptuel musicalement, avec des morceaux électro entrecoupés de morceaux black. Ensuite, il y a eu Fragment troisième, qui a pour thème principal la modification de la réalité algorithmiquement et sur la réalité elle-même. Là nous sommes en 2014, et je me mets à explorer différents styles, et ça se voit sur Thy Apokalypse, la demo The Rest (2016), qui clôt le cycle, est instrumental et il y a des passages qui ne sont pas black metal du tout.

Fragment quatrième (Metacosmos) paraît 11 ans après. J’ai subitement été pris d’inspiration en 2023, au moment où je devenais père, ça a probablement remué des trucs en moi. Le thème de l’IA est apparu presque dans le même temps, tant il y avait une trame qui s’est rapidement dégagée. J’ai suivi une inspiration cinématographique, avec le film Her de Spike Jonze (il s’agit d’un film romantique et intimiste SF avec Joaquim Phoenix) et du développement de produits « IA » comme ChatGPT. J’ai imaginé une guerre entre robots, mais des robots conscients qui quittent la sphère où ils peuvent être atteint par les bots liés aux hommes et partent dans le Metacosmos. La question de fond étant : qu’est-ce que ferait des machines qui atteindraient la singularité ? Ma réponse : pourquoi n’irait-elle pas vivre « ailleurs » que parmi nous ?

Il y a beaucoup de production sur ce genre de chose. Récemment, je suis tombé sur une superbe BD intitulée Karl par Cyril Bonin (https://www.babelio.com/livres/Bonin-Karl/1946923). Le récit tourne autour de la singularité d’un robot, qui a causé un accident, car il n’a pas voulu écraser une biche, animal perçu comme beau. L’histoire est douce-amère et le style du dessinateur est contemplatif et élégant.

22- Ce projet propose du black industriel, avec un aspect très froid, déshumanisé, par l’aspect industriel. Il recèle beaucoup d’éléments particuliers.
a) Tu y vas frontalement, offrant un aspect très extrême, à l’opposé du spectre de tes projets. Existe-t-il une raison particulière, une envie d’explorer les extrêmes à ta manière ou c’est nettement plus pragmatique ?

C’est comme ça que s’est créé ce projet. Ensuite, j’aime bien quand ça bourrine à fond, avec un mur de gratte, qui font barrage d’artillerie. Ici, ce sont les extrêmes qui m’appellent et auxquels je réponds, plus que l’inverse.

b) Il s’y développe un malaise particulier, usant des mécaniques découlant des deux genres constituant l’album. Est-ce quelque chose de réfléchi, par rapport au concept ou cela vient plus de ton expérience musicale et de ta perception musicale ?

C’est fortuit. Je ne cherche pas à gérer du malaise par exemple ou quoique ce soit. Il n’y a que mon inspiration et mes envies qui comptent dans le processus créatif. Et j’ai envie de dire : moins c’est réfléchi, mieux c’est. Je n’essaie pas de plaire à qui que ce soit quand je fais une œuvre, ni d’appâter un quelconque public. Ce qui compte, c’est que l’œuvre finale soit, à mes yeux, au plus proche de mon inspiration et qu’elle soit équilibré à l’écoute.

c) Souhaites-tu mettre ainsi en valeur certains aspects des deux styles qui se recoupent, de manière différente et jouer avec l’idée attirance / répulsion ?

Ça ne m’est jamais venu à l’esprit à vrai dire. Il s’agit peut-être de quelque chose à explorer ?

23- Ton album pose des codes bien spécifiques sur les 4 premiers titres, appuyant une atmosphère particulière où la violence est, on va dire, hiérarchisée. Pourquoi cette façon de faire, où tu développes aussi des sous-ensembles ?

Je dois avouer que cette idée de « hiérarchisation de la violence » m’a surpris, car je ne l’ai pas du tout ressentie comme ça en composant. Les quatre premiers titres me paraissent tous assez violents et oppressants. Metacosmos tranche fortement parce qu’il est majoritairement ambient et moins agressif, avec une couleur que je trouve même assez « ouverte » et cosmique plutôt que sombre.
C’est toujours enrichissant de voir comment les gens perçoivent la structure d’un album. Pour moi, il y a surtout un contraste volontaire entre des morceaux très denses et agressifs et ce long format plus atmosphérique, mais pas de gradation hiérarchisée de la violence.

24- La question précédente est un peu vague car je ne pouvais pas faire trop compliqué, afin d’exposer le titre ‘Metacosmos’. Celui-ci tranche avec les autres titres car c’est un titre fleuve de presque 16 minutes, instrumental, où l’esthétisme sonore change et développe un aspect qui fait épopée.
a) Pourquoi ce choix d’offrir quelque chose de très polarisant par rapport aux autres titres ?
b) On ne peut ne pas évoquer l’idée d’un voyage au-delà du temps et de l’espace (lié au concept). Est-ce pour cela que la durée en est conséquente et as-tu glissé autre chose derrière ?
c) Renferme-t-il quelque chose de particulier, une forme de symbolisme ?

Oui, Metacosmos est clairement le morceau qui tranche le plus sur l’album. Il commence comme un titre black metal assez dense pendant les 3-4 premières minutes, puis bascule progressivement dans une longue partie ambient. Au départ, je n’avais pas du tout prévu d’en faire un morceau majoritairement ambient ; c’est venu naturellement pendant la composition et l’enregistrement.
Pour moi, ce n’est pas vraiment une rupture, mais plutôt une continuation logique de la narration de l’album. Metacosmos raconte le voyage des IA, après la singularité et leur guerre de libération, vers ce « Metacosmos » qu’elles perçoivent comme une terre promise, un ailleurs inaccessible aux humains et à leurs bots. La dernière section, où les instruments reviennent, symbolise le fait qu’elles ont réussi : elles sont enfin libres, ailleurs, inaccessibles. C’est ce voyage que le morceau porte.
Le titre lui-même est venu après la composition, comme toujours chez moi. C’est mon graphiste qui me l’a suggéré suite à une discussion, et il collait parfaitement.

Je suis particulièrement fier de ce morceau. Mon ingénieur du son m’a même dit que j’avais réussi à faire « Echoes » à la Pink Floyd, c’est un sacré compliment d’une part et je trouve que c’est assez juste. C’est le plus long de l’album (près de 16 minutes), et pour de l’ambient, je le trouve très vivant. C’est aussi un véritable aboutissement pour Thy Apokalypse, qui reste de très loin le projet le plus important de mes 20 ans de carrière. Les passages ambient et atmosphériques ont toujours fait partie de son ADN, depuis la première démo. Thy Apokalypse n’a jamais été uniquement un projet de black metal à mes yeux.

Globalement, ce titre s’est imposé de lui-même. Il a trouvé son équilibre naturel autour de ces 16 minutes.



25- On va finir le survol de tes projets avec Arbre-dieu, là aussi quelque chose d’extrême, sur un chemin différent de Thy Apokalypse. Peux-tu expliquer le concept derrière Arbre-dieu et sa symbolique ?
Arbre-dieu est né au printemps 2022, après une discussion avec mon ingénieur du son. J’avais depuis longtemps l’envie de me lancer dans un projet raw black metal, et cette conversation a libéré l’espace nécessaire. La musique de Nuit noire est venue en premier : froide, sombre, violente et très brute.
Comme souvent chez moi, l’univers thématique est arrivé dans un second temps, en réaction à ce que je composais. Il s’est nourri d’une expérience très forte que j’ai vécue : un bad trip extrêmement puissant après avoir ingéré des graines d’Argyreia Nervosa. J’ai littéralement cru que j’allais mourir ! C’était l’expérience la plus sombre et désespérée de ma vie. Quand j’en suis ressorti, je me suis senti comme un miraculé.

Cette nuit noire m’a profondément marqué sur le plan existentiel. Elle m’a amené à me questionner sur le sens de la vie, sur ma mort, sur ce que je laisserai derrière moi. C’est de là qu’est né le concept.

J’ai trouvé une résonance très forte avec l’arcane de la Maison Dieu (la Tour) dans le Tarot, notamment à travers les lectures de Jodorowsky. Cette carte représente l’effondrement brutal, la destruction des illusions et la révélation par le choc. Je l’ai « végétalisée » pour en faire Arbre-dieu : quelque chose de vivant, de primitif, qui pousse à travers la destruction et la nuit. C’est à la fois une divinité organique et un symbole de transformation violente.

Depuis l’EP, le projet a continué d’évoluer. Je travaille sur un album complet depuis novembre 2025.

26- Musicalement, c’est un raw black avec des éléments purement rituels, collant au concept. A la fois simple et pourtant très profond. C’est une facette particulière. Pourquoi ce choix ?

Je ne dirais pas que j’ai cherché quelque chose de « simple mais profond » ou d’« éléments purement rituels ». Ces impressions viennent surtout de ton écoute, et je les comprends, mais ce n’était pas mon point de départ.

Ma manière de composer sur Arbre-dieu ne diffère pas vraiment de ce que je fais depuis le second album de Thy Apokalypse. Je fonctionne en flux direct dans mon DAW (Digital Audio Workstation) : j’enregistre, j’édite et je construis au fur et à mesure dès que l’inspiration arrive. Et je sais immédiatement vers quel projet elle va.

Pour Arbre-dieu, j’avais une réflexion esthétique claire en amont : je voulais un son raw, froid, brutal et très organique, comme une réaction à mes explorations précédentes très atmosphériques et chargées en textures/synthés (dont Kaamosmasennus représente le pic). J’ai donc posé des règles assez strictes : un growl black grave, une guitare rythmique pour créer un mur de son, une lead sans solos, une batterie très roots, une basse qui joue son propre rôle, et un « synthé » (si besoin) très particulier pour donner cette impression de chant diphonique guttural déformé, comme dans un monastère ancien. Peu de reverb, tout doit rester audible mais lo-fi. Mon ingénieur du son a fait un travail énorme sur ce point.

L’aspect « rituel » que tu ressens vient surtout de la structure globale de l’EP. Je l’ai conçu en quatre actes qui racontent chronologiquement mon bad trip :

• Le titre 1 : l’ingestion et l’installation progressive de l’angoisse.
• Le titre 2 : le cœur du bad trip, la sensation de mourir.
• Le titre 3 : la stase, les visions (le soleil pâle, la vieille dame), avec une mélodie répétitive avec le lead presque comme un trompette (elle me fait penser à la carte Jugement du tarot de Marseille).
• Le titre 4 : la mort symbolique et la renaissance.

Les répétitions et l’ambiance sont donc au service de cette narration très précise. Pour moi, ce n’est pas plus simple que mes autres projets, c’est juste traité différemment. La profondeur vient surtout de la thématique et de l’expérience personnelle qui se cache derrière.

27- On y retrouve un lien thématique / conceptuel avec Salaman Isku. Arbre-dieu pourrait-il en être l’extension plus radicale, repoussant les limites de manière volontaire, tout en explorant des facettes plus sombres et malsaines ?

Je n’y avais jamais vraiment réfléchi avant que tu le mentionnes, mais tu touches effectivement quelque chose d’intéressant.

Il existe un lien temporel et thématique assez fort entre les deux projets. L’expérience psychédélique qui a nourri Le voyage nocturne de Salaman Isku (avec le San Pedro) s’est produite seulement quelques semaines avant le très sombre bad trip aux graines d’Argyreia Nervosa qui a donné naissance à Arbre-dieu. Les deux albums sont donc issus de deux voyages intérieurs très rapprochés dans le temps, mais qui ont pris des directions opposées : l’un plus exploratoire, mystique et impressionniste, l’autre beaucoup plus noir, destructeur et viscéral.

On peut effectivement voir Arbre-dieu comme une extension plus radicale et sombre de cet univers. Là où Salaman Isku reste dans une forme de voyage nocturne et de quête spirituelle, Arbre-dieu plonge sans filtre dans la destruction, la mort symbolique et la renaissance brutale.

Pour confirmer ce lien, je travaille d’ailleurs en ce moment en parallèle sur un nouvel album de Salaman Isku et sur le premier album complet d’Arbre-dieu. Et ces deux disques font eux-mêmes écho à deux autres albums que je suis en train de concevoir, dont un tout nouveau projet.

29- D’un point de vue plus personnel, comment te perçois-tu par rapport à la musique et son approche ?
Il s’agit d’une question complexe.

Je sépare ma musique de la musique en général. En tant que musicien, je souhaite une expérience totale. Pour moi, la musique est avant tout un acte qui a un sens religieux. Elle me « relie » à ce que j’appelle le « monde invisible ». Je me conçois comme une « antenne » qui capte des « sons » de ce monde invisible et que je transmue en sons réels via des instruments ou synthés/VST. C’est la base de mon art et c’est ça que j’appelle l’inspiration.

Pour la musique en général, ça dépend de beaucoup de choses. Pour une rencontre réelle avec la musique d’un autre artiste, il me faut des conditions particulières, peu importe ce que cela signifie. Par exemple, mes meilleures expériences avec Pink Floyd, c’était quand je lisais Le Silmarillion de Tolkien.


30- Comment tes proches et amis perçoivent-ils tes projets et sont-ils un moyen d’avoir un regard extérieur, te permettant peut-être de peaufiner tes projets ?

Les seules personnes qui m’ont apporté quelque chose depuis le début de ma carrière, ce sont les amis/proches avec lesquels je collabore. D’un point de vue technique, mon approche a beaucoup changé lorsque j’ai fait mixer et masteriser le premier album de Salaman Isku par Buck. vers 2014-2015. Le fait qu’il ait mis le nez dans ma musique fait que je travaille infiniment plus avant de livrer mes pistes pour un mixage. Et même s’il y a toujours des erreurs, ben, en mixage et mastering, ça se voit vite ! Et c’est tant mieux.

31- Arrives-tu à avoir d’autres projets autour (peut-être un groupe) ?

J’ai beaucoup de projets. Par exemple, un de mes projets serait de publier un livre. Je porte un univers fictif, et j’aimerais un jour parvenir à non seulement livrer un récit complet, mais aussi à ce qu’il aille jusqu’à la publication. On verra bien, car l’écriture étant un domaine où j’ai moins de facilité.

32- Qu’écoutes-tu, quel que soit le genre et as-tu des conseils d’écoutes pour les plus curieux ?

En ce moment, je ne suis pas dans une grande période d’écoutes assidues, mais plutôt dans un mode « compilation », avec des musiques qui vont d’un extrême à l’autre, en passant par des trucs mainstream. Mais, ici, ayant un enfant en bas âge, en matière de réception à la musique, je suis dans une posture éducative et je suis plus ce qu’il veut, même si j’oriente quand même. Ces derniers temps, je passe beaucoup de Pink Floyd, d’Era, de Tri Yann ou encore de Lynyrd Skynyrd, entre autres. Et quand je suis vraiment seul, j’aime bien me mettre à fond un Those Whose Past Is Immortal d’Astrofaes ou un Hantises de Frozen Shadows. Et, un peu moins souvent, un In Their Darkened Shrines de Nile.

33- T’intéresses-tu à la littérature et au cinéma et si oui, vers quels genres te tournes-tu ?

Ces temps-ci, j’explore beaucoup la bande dessinée pour adultes. C’est un univers que je connaissais assez peu jusqu’à récemment, mais il y a vraiment d’excellentes productions. J’ai parlé de Karl de Cyril Bonin, mais il y a aussi les Milo Manara (son Caravage) ou encore sur des thèmes sociétaux comme ceux d’Étienne Davodeau (ceux que j’ai lus en tout cas). Concernant les romans, j’ai découvert récemment la trilogie du Paris des Merveilles de Pierre Pevel, construite comme un roman-feuilleton à la Arsène Lupin et qui se passe dans un Paris fantastique de la Belle Époque (tournant du XXe siècle).

Pour le cinéma, c’est plus compliqué. Je boycotte presque totalement les nouveautés depuis une bonne dizaine d’années : on est clairement dans un cycle bas de gamme. En parallèle, je découvre de temps à autre les films du passé. Là, j’aurais très envie de revoir des Akira Kurosawa (Les Sept Samouraïs) ou peut-être un Nicolas Winding Refn (Only God Forgives).

34- À toi de voir si tu veux répondre. Tu n’as pas spécialement de présence sur les réseaux sociaux (je simplifie, je suis moi-même une burne pour ça, sans compter que je sature de ces trucs (je simplifie, c’est plus compliqué). Comment fais-tu pour faire connaître tes projets, en dehors du label Bitume prods et as-tu un rapport particulier au moyens de communiquer de notre époque ?

J’ai cessé le jeu des réseaux sociaux lors du COVID. J’ai rarement été aussi saoulé par mes congénères, pour le dire comme ça, en particulier en ce qui concerne l’exposition de leur vertu ostentatoire (https://fr.wikipedia.org/wiki/Vertu_ostentatoire). Même si j’y suis un peu quand même, c’est plus pour parler à une personne en particulier, quitte à multiplier les « réseaux » (l’offre est pléthorique, et il n’y a pas que X ou Facebook), et c’est amplement suffisant pour l’usage que j’en ai.

Pour le reste, actuellement, je ne cherche pas à faire connaître mes projets. C’est donc Bitume qui prend en charge cet aspect. Mais, ici, je triche un peu, étant donné que je fais partie du label (j’aide à construire la comm autour des sorties).

35- Tu vis sur Lisieux (si je ne m’abuse). Existe-t-il une scène locale et si oui, quels groupes conseilles-tu de découvrir ?

Je pense savoir d’où tu tires cette information : de la fiche Metal Archives de Thy Apokalypse, n’est-ce pas ? Si tu remarques, j’habite à Caen sur celle de Kaamosmasennus sur ce site web. En fait, je ne vis plus dans aucune de ces deux villes depuis pas mal de temps déjà. Je ne peux donc pas vraiment te conseiller des groupes et j’ignore tout de la scène locale. Pour Caen, durant mon passage, j’ai un peu fréquenté le milieu musical local, mais ça bouge vite dans ce type de ville étudiante.

D’un point de vue général, je ne m’intéresse presque pas à la scène musicale et je ne suis plus allé en concert depuis la période du Covid. Après, ça me fait plaisir de voir qu’un groupe dont j’ai aimé des productions par le passé continue à sortir des albums sympas. Par exemple, je suis tombé au hasard sur le dernier Blut Aus Nord, que j’ai bien aimé. Et, plus récemment, j’ai vu que Inferno, le groupe tchèque, allait sortir un nouvel album en juillet et le single est sympa, donc je le découvrirai peut-être cette année (ou pas !).


36- Un très grand merci du temps pris à répondre à ces questions, sûrement trop longues parfois. Je te laisse le plaisir de la conclusion.

Un grand merci à toi pour m’avoir proposé cette interview, avec des questions qui étaient souvent intéressantes à répondre !

Pour ceux qui souhaitent soutenir un peu les différents projets, il est toujours possible d’aller écouter du son sur Spotify ou autres plateformes numériques. Je laisse donc quelques liens :

Thy Apokalypse :https://open.spotify.com/intl-fr/artist/1d12hiYiwEYn9B8bRZqpX0?si=ADMDTcqRSoufwI72Vjd5AA
Arbre-Dieu: https://open.spotify.com/intl-fr/artist/0OuIdOJgoZkU8Zq3OAncDB?si=_gwPZhwdSqyasbvWiWgSow
Reflecting the light https://open.spotify.com/intl-fr/artist/2V8OujGtp3q9V0K57czJWn?si=nNjKd25_QDCsvSqOOic1yA
Kaamosmasennus: https://open.spotify.com/intl-fr/artist/4KULrjTGwGt9mZMkamDYzS?si=za_Ru_IcQwywBs88bgVRng
Salaman Isku: https://open.spotify.com/intl-fr/artist/3EtMbaHQ24xY1x8mchXVQg?si=cSZreamESAyBAmRmpp9jjQ

https://bitumeprods.bandcamp.com (pour obtenir une copie physique)

Adz (Julien J. Neuville)

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