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Iceland

17 août 2023 à 15:01:47

Iceland

2023 (réédition de 1995)

Thrash metal

8 titres pour 33'39''

Iceland est un groupe des Yvelines fondé au début des années 90 qui a sorti un seul album en 1995 (Iceland) avant sa séparation en 1998. Le temps passe et s'écoule. Houlà, nous voici en juin 2021 où les membres fondateurs se retrouvent à jammer sur une scène avec des reprises de thrash. Ils relancent alors Iceland avec le but de ressortir l'album avec des moyens techniques modernes. Et c'est cette réédition qui nous intéresse ici. Alors, pourquoi je la glisse dans les exhumations vous demandez-vous peut-être. C'est très simple: en 1995, l'album fut chroniqué et vu qu'il a à la fois une emprise dans le temps et qu'il est assez ancien, c'est pour ça qu'il est ici.

J'avais entendu un titre sur un sampler à l'époque (de mémoire c'était avec Hard rock magazine). Ca c'est pour vous situer. Là où c'est direct une rémanence du temps qui passe, c'est l'approche du groupe, avec un vision du thrash un peu singulière, par rapport à un placement du curseur des tempos et des mélodies qui constituent l'album. Du coup, le groupe a gardé, dans la réédition, l'essence de son style, qui a aussi la marque de son époque. Cette époque où le thrash offrait pas mal de diversité, allant d'Anthrax à Sepultura, en passant par Metallica, Megadeth, Agressor, No return, dans les grands noms et d'autres plus confidentiels comme Agressive Agricultor (où ma mémoire me fait défaut, les années 90 étant une plongée pour moi dans les abysses de l'extrême - impliquant une foultitude de combos différents et moins de possibilités de concerts (mobilité)).

Le groupe nous fait plonger dès le premier titre dans sa vision du thrash, où la rythmique marque un côté parfois martial, qui détonne bien. D'entrée, le groupe annonce la couleurs, avec des riffs qui restent en tête et un sens de la mélodie qui apporte à leur thrash une certaine ambivalence, confrontant des passages ou des titres plus agressifs à d'autres où s'épanouie une certaine pondération (en restant dans le contexte du thrash). Alors oui, il est clair que c'est aussi un instantané musical de l'époque, avec certains gimmicks qui ne sont plus trop présents à notre époque , à l'exception des groupes revival thrash (ça se dit rétro thrash?).
Mais c'est aussi cette manière de faire qui accroche forcément, puisque ça remet au goût du jour une façon de faire et une identité que le groupe s'était créé à l'époque.
Mais Iceland, c'est aussi cette limite un peu flou entre le thrash à tendance mélodique et le crossover. En effet, le groupe est mené par un chanteur, Phil mais place aussi des chœurs évoquant le crossover / hardcore, dans l'esprit de groupes comme Suicidal Tendencies mais avec une approche différente, du fait des thèmes abordés différents mais aussi du contexte du groupe. Et cette lisière flou donne à certains titres une empreinte particulière.

Là où c'est intéressant dans la mécanique de la réédition, c'est que Iceland a fait appel à 3 batteurs, aux niveaux conséquents mais avec des jeux différents: Franky Constanza, Dirk Verbeuren et Aurélien Ouzoulias. Bref, pas du tout des débutants. On aurait pu craindre que cela donne des différences entre les différents, notamment dans les jeux. Mais c'est une crainte qui s'évapore: c'est indéniablement du thrash et les si les batteurs offrent des différences, c'est plus dans l'approche des structures, travaillées avec les membres du groupe, qui donne cette atmosphère particulière qui plane sur l'album, ainsi que la modularité de l'approche, offrant à la fois le coté mélodique et celui plus crossover parfois. Mais aussi au niveau des rythmiques, parfois plus martial.
Et c'est là que les jeux des batteurs interviennent en apportant quelque chose de plus, comme un grain de folies dans certaines structures ou bien une charge massive, en pleine gueule ou en apportant une variation de thème. Tout cela pour se greffer avec les riffs et les structures musicales, influencés par l'univers du groupe, tapant dans quelque chose liant une approche mêlant magie et croyances, effleurant une part de fantasy (fantasy SF si l'on regarde l'artwork, qui a aussi eut un lifting sans pour autant trahir celui d'origine).

Ainsi les titres alternent les atmosphères et des plans parfois étranges, lié aux thèmes et offrant une cohérence. Ce n'est pas quelque chose qui nous sort de l'écoute, bien au contraire: cela apporte de la densité et de la matière aux titres. Et aussi quelques moments de bravoure assez jouissifs. Mais cela se raccroche aussi à la période où fut créé l'album. La modernité venant du son, plus compact, massif et qui permet au groupe d'amener des sonorités et des effets enrichissant l'expérience. Mais cela va aussi avec le chant. Presque 30 ans ont passé et le chant, bien que marquant là aussi son époque, a été adapté. Comprenez que Phil a évolué avec le temps, donnant un chant certes clair, parfois typé heavy mais apportant aussi une agressivité assumée, que les chœurs renforcent.

L'esprit d'Iceland est bien là, certes modernisé mais loin d'être dénaturé, le groupe affirmant ses racines et son expérience. L'album est l'occasion de se replonger à la fois dans une époque et d'avoir le retour d'un groupe, qui à l'époque, avait fait parlé de lui. C'est l'occasion ou jamais de pouvoir embrasser un pan de l'histoire du thrash, avec l'avenir du groupe qui va s'écrire. Les amateurs de thrash ne peuvent pas louper cet album et pour certains, découvrir un groupe d'une autre époque, et cette fois-ci, non révolue!

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