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Venceremos

Villagers of Ioannina City

Napalm records

15 septembre 2026 à 17:00:58

Dématérialisé

2026

9 titres pour 1H15'

Une petite vidéo:

Chronique double. Deux opinions!

On commence par celle de Vincent:

Villagers Of Ioannina City ou VOIC pour faire plus simple est un groupe grec qui a eu une première partie de carrière avec un autre nom V.I.C. Royal dans un style complètement différent par rapport à leur nouvel album « Venceremos » qui va sortir chez Napalm Records.

Attention, ne pas se fier à la pochette de cet album, ce drapeau de pirate personnalisé pourrait t’indiquer un album de hard rock’n’roll, voir un groupe rendant hommage à Running Wild.
VOIC mélange à son art heavy rock, des éléments stoner voir psychédélique finement dosés, du folk avec de vrais instruments traditionnels (zourna : une sorte de flute avec une sortie comme les saxo et autre trompette).

Vu la durée de l’album, 9 titres pour plus d’une heure, tu peux comprendre que l’on se trouve en territoire du metal progressif et ne t’inquiètes pas, tu ne vas pas t’ennuyer. Ce n’est pas le métal progressif ultra technique et donc chiant qui oublie de se mettre au service de la musique. C’est le métal progressif qui est là pour prendre le temps de se poser pour te faire voyager à travers les histoires racontées sachant que le premier morceau « Alienation » avec ses 47 secondes sert d’introduction à l’album comme la scène d’avant le générique de début de film.
En mode « écoute infinie », le premier single sorti et la chanson le mérite parfaitement « Ghosts in the Sky » pourrait intéresser les fans de Devin Townsend et ses multi projets.
Avec « The Ruiner », les instruments folkloriques sont là pour faire le boulot, l’introduction du morceau qui va te faire décoller dans une dimension qui ne fait pas pas partie de notre réalité…
Pour « Epitaph », comme son nom l’indique, cela sent le sapin, la fin, le dernier voyage, c’est un instrumental avec que des instruments folkloriques qui pourrait illustrer la fin d’une bataille d’un film historique.
« Requiem » qui est le dernier morceau de l’album pourrait être la scène qui apparaît à la fin du générique quand la majorité des spectateurs quittent la salle de cinéma et qui reste peu de monde à découvrir ce morceau.

Il y a un côté cinématographique, les ambiances posées dans les morceaux te feront oublier que c’est du metal progressif, c’est le genre que j’apprécie quand les musiciens te piègent avec des morceaux qui te font voyager, déconnecter.

Maintenant la mienne (Benoit):

VIC est donc un quatuor grec ayant changé de nom et de style, revenant avec un nouvel album. Dans une lignée heavy rock mâtiné de heavy progressif et de folk, c'est l'un des titres proposé en écoute pour savoir si une chronique était possible qui m'a fait écouté l'album. Précision d'importance (pour ceux qui suivent nos aventures depuis le début): l'écoute a été faite en ligne, avec peu d'écoutes, loin de ma manière habituelle, préférant ma bulle personnelle, en plus d'avoir un timing serré (comme Vincent a fait sa chronique rapidement).

L'album s'ouvre sur une intro ('alienation') qui n'est pas vraiment une intro qui donne une idée de ce qui nous attend, en plus d'être courte mais lié au second titre 'home' (c'est d'ailleurs un élément qui revient plusieurs fois, à savoir des liaisons entre les titres, créant une sorte de continuité. Alors, oui, c'est plein de progressif. Mais pas celui qui m'ennuie ou me gonfle avec de la démonstration technique (de la tech porn). Ici, c'est tout autre chose, avec un mot d'ordre: l'immersion.

Et celle-ci se fait rapidement, malgré des titres pouvant péter les scores de temps. A ma première écoute, je craignais de me faire chier (les deux titres proposés pouvant être ce qui est le mieux, au milieu de quelque chose de plus plat) mais il n'en est clairement pas question un seul instant. Car ici, l'aspect progressif n'est pas sans rappeler l'approche de Devin Townsend (déjà, la barre est placé haut) auquel s'adjoint de la folk, par le biais d'instruments traditionnels (une sorte de cornemuse, une vielle à roue...) et surtout la mise en place d'atmosphères très accrocheuses avec une charge émotionnelle très forte. Et cela nous embarque très rapidement au sein de l'univers de VIC, un univers foisonnant et très riche.
Le groupe choisit de mettre en place avec finesse tout cela, en passant par un mélange entre un heavy rock qui touche l'âme et le côté progressif associé à la folk. Ca prend aux tripes et ça rend la chose unique. On est enveloppé dans une musique où le groove est bien présent tout en développant une finesse très appréciable.
Déjà, tout ça, c'est déjà bien, foutrement bien même. Mais le groupe dévoile avec le troisième titre un autre aspect. 'Ghosts in the sky', en plus d'invoquer Devin Townsend (oui parce que là aussi, VIC a un côté progressif vraiment puissant), un aspect cinématographique apparait, apportant immersion, émotion et moments épiques. Et à partir de là, tu es pris dans le piège musical du groupe, t'embarquant définitivement avec lui.

C'est là que la construction des titres démontre sa force et sa pertinence, allant bien au-delà de ce qui est écrit sur le papier. VIC donne vie à un monde crédible, cohérent et vivant, offrant de multiples aspects et un panel de rythmiques intéressants, puisque l'on retrouve des éléments regardant vers le rituel auxquels des instruments traditionnels viennent ajouter leur force d'évocation temporelle et spatiale, explosant clairement l'aspect cinématographique (dans le bon sens du terme). Le côté épique prenant alors une tout autre dimension. Et la trame de l'album y est développé, posant des repères temporels, nous plaçant au sein du monde évoqué.
Et les structures au sein des titres et de l'album (car certaines se jouent sur la globalité de celui-ci) apportent une grande variété d'atmosphères et de passages plus puissants, jouant aussi bien une puissance rythmique, voire une certaine virulence, avec un aspect plus massif où le groove devient une entité que sur la puissance émotionnelle ou évocatrice, la musique renfermant une sorte de souvenirs collectifs liés à une culture cinématographique découlant de péplums et films contemplatifs. De bout en bout, une prend une leçon de maitrise et de savoir faire absolue.

Je n'ai pas plus écouter plus, pour mieux explorer cet album (le foutu temps manquant). Mais celui-ci est une pépite, très clairement. Et c'est un album que je vais acheter, sans le moindre doute, pour le plaisir d'y replonger à loisirs, de par sa force immersive. Soyez curieux, il vaut vraiment le détour.

© Margoth PDF

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