

MARGOTH 5
PDF5
Toutes ces horreurs
Satan
Witch Bukkake Records
1 novembre 2020 à 08:28:56
Dématérialisé
2020
12 titres Durée : 33’41 ’’
Une petite vidéo:
Et voici le nouvel album de ce groupe bien pété, nous venant de Grenoble et qui nous propose quelque chose de bien à part, si vous ne connaissez pas ces 4 énergumènes énervés. En effet, à la manière de Edicius, ils mélangent du black et du grind ensemble, comme ça, pour le fun. Enfin, fun… bien barré. Mais avec une approche différente.
L’album s’ouvre sur une déclamation proche du slam qui devient même une introspection personnelle assez tordue et qui sera la base de ce qui suivra. Celle-ci est porté par une rengaine musicale en retrait, dissonante, avec une basse présente. Très étrange comme début, faisant un parallèle entre caca et savoir.
Puis les hostilités débutent vraiment avec ‘La guerre lente’. Si celui-ci monte en puissance progressivement sur sa durée (2’18’’) et dans le contexte du style et des titres suivants, il y a un coté crust qui est distillé subrepticement, le groupe balance quand même un truc agressif, sans fioritures et allant à l’essentiel. Et le titre suivant, ‘le sang du poète’, braque furieusement vers ce que sait faire le groupe : ce mélange de dingue entre un black brutal et un grind sans concession, possédant un coté engagé que l’on retrouve dans les paroles en français, avec un chant proche du scandé. C’est violent, colérique et virulent mais avec un coté résigné d’un choix fait qui va faire mal, appuyé par le coté crust qui suinte de partout.
Malgré ce que certains pourraient dire, genre ‘gnagnagnagnagna c’est pareil gnagngnagna aucune variation’ je peux vous opposer que cet argument est faux et qu’en plus, il est évident qu’ils n’ont pas vu le groupe en live (ça poutre tout en étant convivial).. Même si les titres sont courts et que c’est intense, il y a beaucoup de formes chez Satan, pour bien te piétiner la face. Si le rythme est rapide, il y a beaucoup de variations au niveau de la batterie ou même de la muraille de guitare (oui, avec Satan, on n’est pas face à un mur de guitare mais bien une belle grosse muraille).
L’aspect black ressort vraiment avec les riffs, le groupe jouant avec des éléments dissonants, dissociatifs et certains gimmicks black qui appuie le coté contestataire des propos. Associé aux parties batterie, on est face à un black brutal et primitif qui trouve sa transcendance avec un grind incisif, brutal et presque raw dans on fond (mais pas sa forme). L’ensemble fonctionne complètement, la folie rampant dans les recoins sombres. Car comme je l’ai dit, c’est barré. Vraiment. Mais avec ce coté malsain et en même temps, une lucidité complète de l’état de notre société (par le prisme mécaniques que l’on subit, des obligations sociales…), le groupe dégage une vision acerbe, qui se retrouve dans certains titres allant se frotter à la noise (‘l’ennemi déclaré’ en est un excellent exemple instrumental. Oui, instrumental. Oui, c’est barré…).
Satan est clairement à part dans sa vision musicale mais elle est clairement faite pour les aficionados de l’extrême, de ceux qui quêtes les improbables projets. Perso, c’est un groupe que j’apprécie fortement, car il ne se prend pas la tête et offre une sorte d’expérience musicale extrême et surtout sans grosse tête.
Je ne peux que vous conseiller cet album, qui est une bonne définition possible à musique extrême.