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Till birth do us part

Sermon

Bitume prods

12 février 2023 à 09:19:14

CD

2023

8 titres. Durée: 56'51''

Une petite vidéo:

Sermon est un groupe turc formé en 1997, qui sorti la même année une première démo nommée 'Cosmic prisoner' avant d'approfondir sa recherche musicale qui déboucha deux plus tard (donc en 1999) sur la démo 'Sea of meanings'. Ca marche pas mal du tout du coup pour le groupe. Mais changements de line-up, enregistrements de titres jamais sortis, le groupe split en 2004.
En 2021, Ceum Barut (seul membre original) reforme le groupe et commence à travailler avec Harun Altun sur de nouvelles chansons. Et qui débouche sur cet album. Surement une de mes introductions les plus longues...

Dès le titre 'Posthumous' le trio (oui, ils sont trois) pose les bases de ce que sera l'album. Un doom death profond et lourd, imprégné de mélodies sombres mais qui apportent une ambiance atmosphérique. Et c'est avec cette base que le groupe va ouvrir un univers sombre où le crépuscule semble éternel.
Ce qui marque dès le début, c'est ce rythme très lourd, pesant qui prend son temps, amenant une ambiance très particulière, sombre mais non dénuée d'une certaine beauté funérale. Et d'ailleurs, le clavier qui est présent sur l'album, amène une ambiance funéraire qui complète l'essence sombre de ce doom death. Même si on on ressent un coté doom death plus typé des années 90, ce serait une erreur de croire que le trio s'en inspire. Car on a rapidement une identité forte du combo, ouvrant le voile sur leur savoir faire.

Le travail sur les mélodies est très important, permettant cette immersion directe. Et le clavier n'y est pas étranger puisque celui-ci va revêtir divers oripeaux, sous la forme de violons (incluant l'ajout de sonorité de violoncelle voir d'octobasse, certains accords descendant très bas) ou d'orgue plus classique. Mais le groupe ne se repose pas sur cette facilité. Car les riffs ont aussi leur part importante d'efficacité dans le genre, offrant des mélodies ciselées, d'une grande profondeur, que les éléments de clavier vont souligner (ou être un complément, en terme d'immersion). Et cela entraine parfois un jeu intéressant entre le clavier et les riffs, créant des échanges subtiles et ciselés, d'une incroyable profondeur, avec cette approche singulière qui amène une sonorité bourdonnante, qui va durablement imprimer sa marque sur la musique, amenant cette identité propre au trio.

Là où le groupe va loin, c'est en terme de rythmiques. Variées, jouant sur la profondeur, elles offrent toujours ce rythme lourd, pesant. Le trio adopte un rythme volontairement lourd, offrant pourtant des moments épiques (lorsque l'ensemble clavier - guitare surgit ou lors de fulgurants riffs de toute beauté (oui, ça n'empêche pas d'offrir un esthétisme sublime et de faire du doom death)). Le groupe se focalise volontairement sur cette lourdeur, qui sert de toile de fond.
Ce qui implique globalement des titres lents, qui permet au groupe de jouer sur le développement de ceux-ci et sur la durée, jouant aussi sur l'immersion. On a vraiment un doom death volontairement pesant, percutant et les rythmiques dévoilent une précision extrême, ne laissant pas de place à un quelconque hasard ou flottement. Les frappes peuvent être appuyées ou tout en finesse, mais toujours avec cette ligne de fond très funérale, créant en même temps qu'une cohérence le dessin d'un paysage sombre et pourtant magnifique.
La lourdeur est clairement un élément central dans la musique du trio. Au-delà de ce que j'ai écrit, il y a aussi l'apport d'une vision plus spécifique, venant surement du contexte culturel du trio, apportant des éléments que d'autres groupes venant de pays différents n'auront pas. Et là, nous ne sommes pas dans un choix mais dans une identité, un ADN propre à Sermon. Et c'est un point qui s'avère fort et puissant, amenant le trio à un crédo qui lui est propre, se rattachant pourtant au style lui-même, celui des années 90. C'est très axial dans la musique du groupe et c'est l'un des éléments enfouis qui font que la machine fonctionne.

Mais. Il y a un mais. Le groupe me fait aussi mentir, concernant le rythme. Il y a un titre qui sort du lot, de par sa durée (à peine plus de 4 minutes contre un minima de 6 qui monte à presque 9 minutes) et sa fulgurance, contrastant avec le reste. 'Gnostic dissensus' montre une face doom death plus rapide où l'aspect funérale s'estompe un peu au profit d'un côté death plus marqué, un peu comme Cadaverous conditions peu faire. Mais ici, on garde une teinte particulière, qui se trouve à la fois dans la nature du son (ce bourdonnement discret) et le chant. Ce titre est à part et amène une bouffée d'air vicié, avant de nous replonger dans les profondeurs lourdes de 'The jupiterian effect', qui offre un contraste marqué, renouant avec l'essence des autres titres. Magistrale!

Le chant est intéressant car il oscille vraiment entre un chant death et un chant clair et va jouer une gamme entre les deux. De plus, le timbre de voix de Harun lui permet une modularité qui amène aussi une ambiance singulière, posant parfois un voile sur sa voix. Il n'hésite pas à explorer des possibilités qui densifie le tout.
Le son est excellent, très profond, avec cette approche singulière par ce léger bourdonnement. C'est très subtile mais aussi très efficace et crée cette atmosphère singulière. Les instruments sont bien dosés au mixe et la basse est présente mais avec la particularité de coller complétement à la batterie. Le duo batterie basse est totale, jamais l'un sans l'autre. Et la basse amène une profondeur plus marquée, en même temps qu'un appuie des mélodies des riffs. Un travail précis là aussi. Le clavier est forcément à l'unisson de ça, pour créer cette trame particulière. Et le chant est à l'équilibre avec le reste, apportant lui aussi cette notion de profondeur.

Sermon livre un premier album magistral dans le genre, qui devrait vous portez allégrement dans son univers certes sombre et funéral mais qui recèle une part de beauté. Un album vraiment magnifique! Si l'album sur youtube vous accroche, passez au disque avec un son bien meilleur!

© Margoth PDF

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