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The Scatonomicon

Upper decker

France black death grind

18 août 2025 à 15:01:28

CD digipack

2025

8 titres pour 38'58''

Une petite vidéo:

Formé en 2022 et fiers détenteurs d'un premier Ep, les Narbonnais, quatre gaillards dans le vent, de Upper Decker sont de retour avec un album, toujours dans une lignée brutal death. Un couche remplie de 39 de violence, non dénué d'un certain humour. Le pendant brutal death de Gutalax on pourrait dire mais ce serait se méprendre (ou se prendre les pieds dans le tapis).

Le groupe développe un étrange concept sur la scatomancie (comme la nécromancie, mais autour des excréments, c'est plus porteur au 21è siècle). Le groupe engendre donc un univers à travers 8 titres où la brutalité se le partage à la virulence et la folie, omniprésente (ne serait que ce culte de la scatomancie, offrant une profondeur insoupçonnée). Cela engendre des titres bien ancrés dans le brutal death, avec les codes bien marqués, regardant, quelques fois, vers quelque chose de plus dark brutal death (j'y reviendrais plus loin).

L'aspect brutal death prend dès le début, avec une approche frontale et technique, n'offrant pas de répit ou de temps morts. Quelques moments viennent ralentir le tempo, ici et là, dans le but de moduler la violence et surtout, d'offrir une amplification par une rupture qui arrive sans prévenir, étant foutrement dangereuse pour les cervicales. Là où c'est intéressant, c'est que les titres ont le temps de se développer, malgré la rapidité et de poser des ambiances qui se relaient avec les riffs.
Le groupe développe une machinerie qui ne fait pas dans la finesse (ce n'est pas le but), prenant l'angle de l'humour (mais de manière bien étrange il est vrai), ayant pour but l'annihilation des oreilles. Dans le détail, c'est quelque chose de plus fin, de plus dense, avec des clins d'œil ici et là vers des groupes ou la culture (l'artwork est une petite merveille, entre cannibal Corpse, les tortues ninja, le magicien d'Oz, les ghoulies, Les Simpson, Cocoon... avec chaque fois un lien scatologique enfin scatomancique, faut rester concentré).

L'album passe de manière simple et direct, jouant avec des éléments musicaux qui sortent du brutal death dans quelques délires qui explosent ici et là ('Fatberg' avec le riff plutôt country festif qui apparait). Aussi dément que ça parait, ces éclats de folies n'en sont pas moins intégrés pleinement aux compositions et ne sont en aucun cas quelque chose qui nous sort de l'univers du groupe. Bien au contraire, cela fait un lien avec le concept de l'album et l'artwork (à éplucher, un poster de celui-ci serait le bienvenu) et le groupe avance même des éléments qui renvoient vers le cinéma (bon, ça ressemble à du porno scato ou l'horreur bien série Z). Et c'est quelque chose qui apporte, en plus de la matière, une cohérence et une sorte de bouffée d'oxygène, les titres pouvant vraiment être dense, aussi bien techniquement que structurellement.
Ce qui fait que le concept de scatomancie vient avec un angle plus direct, s'appuyant sur une réalité concrète (dans l'univers de l'album), jouant ainsi parfois avec un élément martial dans les rythmiques. Et qui glisse donc une approche qui n'est aps sans évoquer parfois le dark brutal death (oui, celui à la Immolation) dont on retrouve certains éléments, comme de la dissonance ou des altérations spécifiques. Cela se retrouve aussi dans le son de l'album, ainsi que certains passages plus atypiques, inattendus mais qui restent cohérent avec l'ensemble.
Bon, évidemment, je ne peux ne pas évoquer l'hommage à Gronibard planqué dans 'Pompecrotte' qui fait sourire.

Le chant est typique du brutal death. Bine gras, ultra guttural mais en sachant sortir de sa zone de confort et offrir des changements ici et là bienvenus, venant casser le risque d'un chant linéaire (et glisser cette folie omniprésente dans le chant).
Le son est excellent. Très gras, massif, avec une sonorité qui m'évoque le dark brutal death parfois. Les basses sont présentes en tout point, avec du coup la basse bien mise en avant (d'autant que les riffs sont foutrement efficaces avec la rythmique). Les guitares sont au même niveau de tonalités, au niveau des basses mais en optant pour des strates différentes qui viennent structurer les titres et le son. La batterie est bien en place, qui audible, avec le chant qui est à l'équilibre avec le tout. Les arrangements sont bien pensés, notamment dans les détails parfois plus pointilleux qui émergent parfois.

Upper Decker nous offre un petit brûlot sans autre prétention que de faire son taf, avec une fière réussite. Ca déboite, c'est carré, violent, fun et surtout, derrière l'apparente naïveté du concept, le groupe fait montre d'une solide base musicale et n'est pas là pour rire (enfin, si, mais pas musicalement). Fonce. Sans la moindre hésitation!

© Margoth PDF

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