

MARGOTH 5
PDF5
The mortificatio
Tria Prima
Nocturnus records
1 janvier 2026 à 14:13:01
Dématérialisé
2025
7 titres pour 42'46''
Une petite vidéo:
Tria Prima est un trio (hors membres de session) de death mélodique dans lequel est injecté des éléments doom et dungeon synth. Formé en 2024, le groupe a déjà un premier Ep à son actif, tournant autour du concept de l'alchimie. Le groupe a sorti en novembre dernier son premier album, qui nous concerne ici.
Le groupe nous emmène de manière très directe dans son univers, sans autre forme de procès qu'un titre au début où le death imprime sa marque. Un précipité d'une quarantaine de secondes avant que ce dernier injecte ce mélange de doom et de dungeon synth, construisant alors une atmosphère particulière. Mais aussi de dessiner une structure du titre où le death, même si mélodique, se montre assez véhément, exhalant une facette assez brutal au regard du reste. 'Arx fatalis' dessine ainsi la trame des titres ou du moins, esquisse un aperçu de ce qu'ils seront, chacun ayant sa propre empreinte. Sur ce premier titre, l'émergence doom / doom death se dessine avec un chant féminin qui s'ajoute au chant death (sur 2 titres) . Le titre est aussi le marqueur de durées oscillant entre 5'20 à un peu plus de 6'30'', ouvrant la voie à l'exploration d'atmosphère reposant sur du dungeon synth ayant le but d'évoquer l'alchimie, le sujet que Tria Prima explore.
Si le premier titre pose des bases, les autres suivent cette logique tout en explorant d'autres champs des possibles. Et c'est là que le groupe frappe fort: car sur une base death mélo pouvant être intense, celui-ci va explorer d'autres formes, s'appuyant sur le doom et le dungeon synth, tout en amenant une certaine expérimentation qui apporte du piment et qui est assez pertinente. Il n'est pas rare d'être surpris à l'écoute par des éléments impromptus, servant à marquer cette thématique de l'alchimie, l'album explorant les différentes fortes de cet univers.
Et cela fait que Tria Prima y va parfois à fond, allant bien au-delà de ce qui est écrit sur le papier, allant flirter parfois avec du brutal death ou un death black plus malsain, liant cela à sa base death mélodique. Si le groupe amène de la mélodie et un jeu de contraste (musical, par les chants ou certaines structures), il n'en oublie pas d'offrir de la variété dans les rythmes, les tempos (oscillant du death rapide au doom death, passant parfois par des relents gothiques ('actum exitium' est son utilisation d'un clavier marqué, très gothique) mais aussi pouvant offrir des plans parfois plus étranges ou volontairement déconcertant ('Mortificatio' et sa basse très jazz/blues chargé de fuzz). Et aussi le jeu des atmosphères, parfois puissantes, nous faisant naviguer dans une ambiance entre onirisme éthéré (avec ce chant féminin) et une réalité plus brutale, marquant la face sombre de l'alchimie (cela est variable d'un titre à l'autre, selon l'aspect exploré et l'angle d'approche).
Le trio choisit aussi de jouer la variation dans l'amorce des titres, pouvant aussi bien introduire un titre avec une introduction (souvent axée sur une base dungeon synth / gothique, marquant une ambiance particulière) qu'en y allant de manière frontale et sans détours.
Cela permet à Tria Prima de pouvoir offrir des titres très variés, avec des formes différentes (qui rappellent alors les différents aspects de l'alchimie), jouant sur les structures des titres et même la structuration globale de l'album. Il y a une réflexion derrière, qui met en cohérence l'univers, la musique et les textes. Et le groupe en joue, offrant parfois un aspect plus théâtral, mettant en avant l'aspect temporel de l'alchimie (du moins, s'appuyant sur notre imaginaire collectif qui le lie de l'antiquité au moyen-âge). Et va appuyer ça sur le death mélodique. Death qui s'avère très dense, jouant avec beaucoup d'aspects, de ruptures, balançant ici et là des breaks redoutables, le tout intégré dans des structures plus importantes qui tissent une trame au sein de l'album.
Et ce death revêt différents visages, du death mélo au doom death, passant parfois par un death lorgnant vers le brutal death ou un death black marqué comme je l'ai dit mais aussi, avec le jeu des claviers, de dessiner des moments ou un death gothique s'esquisse. Death qui est mis en opposition à l'aspect mélodique qui existe, personnifié dans des riffs ou des structures très éthérées ou oniriques, par des lignes de basses en total contraste des autres lignes de basses et dans la forme globale des titres, allant ainsi plus loin que le simple ajout d'éléments doom et de dungeon synth. Le groupe révèle ainsi une vision plus profonde de sa musique et de la manière de générer une entité qui personnifie l'alchimie ou du moins, d'esquisser une approche de cet at occulte. Et sachant cela, il devient évident que des gimmicks et différents éléments, au sein des titres, mettent en avant un aspect occulte (et qui explique pourquoi des moments sont plus vers le brutal death, le death black ou la présence de death gothique, ainsi que al logique de la présence de doom et de dungeon synth).
Ce qui engendre des titres très variés, très riches (aussi bien en structures qu'en musicalité ou même dans l'approche des titres), avec un côté puissant, déployant quelque chose de positif, assez inattendu compte tenu du genre et de l'univers du groupe. Et cela provient de différents éléments, allant du chant féminin à différentes facettes à certaines structures ou choix musicaux ponctuels, allant tous jouer en partie avec la perception que l'on en a. Et qui fait, habilement, un lien avec la temporalité évoquée plus haut.
Le chant est un chant death protéiforme. S'il reste souvent dans une approche plutôt mélodique, il devient parfois plus extrême, allant effleurer d'autres styles plus radicaux que j'ai évoqué, sans aller dans le grand n'importe quoi. Il s'appuie aussi sur un chant secondaire en complément. Les deux chants vont avoir une approche plutôt guttural, bien que le principal va aller parfois vers quelque chose s'approchant d'un chant un peu plus clair - mais brièvement, faut pas déconner!). A ce chant principal, il y a un chant féminin sur deux titres, créant une dualité / opposition et marquant alors des passages plus oniriques ou éthérés. Ce chant apporte une autre dimension, permettant au groupe d'arquer plus facilement notre perception vis à vis de l'univers du groupe. Mention aussi au titre 'Transmutation' où l'on retrouve en invité Trevor Nadir, chanteur de Sadist.
Le son est excellent. Car celui-ci, en dehors de la puissance et de la clarté, met en valeur les aspects purement death et tout ce qui va faire la personnification de l'alchimie, en passant par des sonorités, l'usage de certains instruments (ou le changement de rôle d'un instruments). Les instruments sont tous parfaitement audibles, avec les subtilités ponctuant l'album. Mention spéciale pour la basse, bien présente et qui offre quelques changements de rôles et de tonalités au sein de l'album. Les chants sont à l'équilibre avec la musique, étant bien audible (avec une mention pour le chant d'Anira Star, qui offre une petite performance).
Tria Prima offre un premier album qui enfonce le clou par rapport à leur premier Ep. Si tu ne sais aps quoi écouter ou que tu es dans l'hésitation, en attendant de te décider, va découvrir ce groupe et leur album. Ca vaut le détour!