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The man of the three island

MoSKowa

Music Records

7 novembre 2020 à 09:07:23

Dématérialisé

2020

8 titres Durée : 32’59’’

Une petite vidéo:

MoSKowa nous vient de la région parisienne et ceci est une réédition de l’album de 2017. Le trio nous propose un concept album allant taper dans le doom death progressif et dont l’intérêt est de proposer quelque chose de très particulier. Il est impossible de confondre MoSKowa avec d’autres groupes. C’est un groupe qui cultive un certain mystère.
L’album s’ouvre sur ‘A new era’ et son intro batterie / guitare et tu comprends vite que la brutalité qui pourrait suinter du disque ne se fera pas dans la rapidité et que ça va être sombre, très sombre. Alors tu prends ce que tu as construits dans ta tête avec des écoutes d’autres groupes et tu les mets de coté, car MoSKowa ne fait pas trop dans la tradition ou la mode.

C’est assez lent, très lourd. On avance dans des marais qui doivent sûrement rejoindre le sludge (mais qui du coup, le sludge est joyeux), avec la gaieté d’une procession funèbre qui s’enlise. Vous voyez le tableau. Et aussi étonnant que ce soit, j’accroche vachement bien à ce que propose le groupe. (ça me fait penser à l’approche de Cadaverous Condition sur l’album ‘In melancholy’, d’une grande joie de vivre lui aussi).
Alors, effectivement, si on est dans un rythme très lent ou la lourdeur est une arme que le groupe manie habilement, il y a des aspérités sous formes de soudaines fulgurances nettement plus rapides, apportant une brutalité plus concrète et plus conventionnelle mais qui offre donc des breaks inversés. Au lieu de te péter la nuque soudainement, tu vas te jeter sur un mur avant de revenir au pétage de nuque en lenteur. Le groupe utilise certes peu de passages rapides mais lorsqu’ils arrivent, ils servent de point de repère et à poser un contraste qui va insister indirectement sur le reste du titre, plus lent mais permettant d’avoir un impact pour fort.

Si c’est lent et lourd, cela n’empêche pas le groupe d’avoir un coté mélodique et un sens certain de la mélodie ou du riff entêtant. Certains titres, comme ‘A morbid frotzy return’ vont avoir la vicieuse idée de te graver un riff entêtant, une sorte de rengaine répétitive dans la tête, servant d’appuis pour poser l’essence du titre et jouant sur la répétition pour insister sur des éléments extérieurs, que l’on ne va pas nécessairement saisir au premier jet.

Car bien que ce soit dans une veine doom death, je rappelle que c’est du progressif, ce qui implique des morceaux pouvant être complexes, à multiples facettes, permettant au groupe de brosser une ambiance globale dont les différentes unités sont exploités dans les titres. Et celle-ci est sombre, c’est acquis depuis le début mais il y a un coté presque froid, sans être synthétique, qui est assez étonnant mais qui colle parfaitement à ce que le groupe veut faire ressentir. Le groupe explore des méandres étranges, toujours dans une approche sombre, à la limite du malaise mais sans tomber dans une quelconque facilité (ce serait trop facile pour le trio).

Un des éléments qui apporte aussi une particularité au groupe est le chant. On est sur un chant très à part, aux confins du guttural, presque proche du murmure régurgité (pour vous donner une image). Ce chant ne nous quitte pas, ayant un coté très conscrit à sa spécificité mais lui aussi s’incrustant dans la cervelle et sans lequel le résultat serait différent. Il cultive une lourdeur et une lenteur qui apporte une forme de violence indirecte.
Le nom du groupe fait référence à une bataille napoléonienne en Russie et l’album explore ce domaine et le contexte. Et c’est là que du coup l’approche du groupe via sa musique prend sens, proposant une vision musicale du beau merdier que ça a dû être (parce qu’à la base, la guerre c’est sale). Et permet de comprendre un peu plus la densité qui règne sur la galette.

Le son est aussi particulier, dans tonalités assez graves, que le chant amplifie d’ailleurs, créant une ambiance très particulière et qui permet d’offrir un album qui s’éloigne des standards habituels. C’est peut être lent globalement mais c’est bien efficace dans le registre. On a un son assez massif mais qui offre une certaine sensation d’un étrange éther et qui est immersif, nous emprisonnant dans l’univers du groupe.

© Margoth PDF

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