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The fall of Tell Nefareh

Angel Rising

Music Records

15 janvier 2026 à 15:56:30

Dématérialisé

2025

9 titres pour 34'13''

Une petite vidéo:

Angel Rising est un one man band formé en 2020 dans la charmante bourgade qu'est Marseille. Naviguant, pour faire simple, dans un death thrash technique progressif groovy à l'ancienne, avec une régularité métronomique, Angel Rising nous livre sa quatrième offrande, dans laquelle il s'est entouré de deux invités (un second chanteur et un autre guitariste).


L'album s'ouvre sur une intro guerrière, basée sur des toms avec un rythme martial sur lequel vient s'ajouter au fur et à mesure un riff entêtant et une ligne mélodique, qui va esquisser des petits indices sur la suite de l'album. Album qui démarre franchement avec le second titre 'The agony of the brave' où la rythmique marque un aspect assez martial, avec une certaine lourdeur, créant une atmosphère singulière, plutôt envoutante. Un titre qui est aussi porteur d'une étrange atmosphère qui suinte des éléments évoquant les années 80 (dans le second chant, certains riffs et un jeu structurel qui offre une stratification du titre. Le titre y va aussi niveau technique, à tous les niveaux, apportant ainsi l'aspect progressif dans les structures, avec des éléments de mécaniques foutrement efficaces, sans pour autant y aller n'importe comment. Et ce n'est qu'une mise en bouche car le reste de l'album est juste bluffant, Angel Rising ayant une approche assez singulière.
Et 'Falling off the edge of the world' enfonce le clou et met vraiment l'accent sur ce que l'on ressent sur les deux premiers titres. Le côté oldschool est bien présent, notamment par des sonorités et des structures qui, dans ce titre, vont taper en partie dans un heavy thrash associé à ce death particulier que véhicule Angel Rising. ET il y ajoute différentes facettes, ne se bornant pas à simplement du death. Il va jouer sur l'évocation et la personnification de ce death par un système rythmique et structurel bien caractéristique. Et apporter, à chaque titre, en plus de la base caractéristique, des éléments propres à chacun, tapant habilement entre le côté progressif et l'aspect old school. Et injecter aussi bien du thrash, du heavy thrash, du speed... Au besoin des titres mais aussi de la couleur des titres et du déploiement progressif de la trame narrative.

Et ainsi, au fur et à mesure de l'album, différentes facettes sont exploitées intelligemment, jouant avec les évocations et certains gimmicks de groupe, offrant un clin d'œil parfois. Cela crée de la profondeur et de la densité car à travers l'album, on va retrouver aussi des éléments communs, dans la répartition peut variée fortement (liée à l'ambiance, la couleur du titre...). A titre d'exemple, 'We must suffer' m'évoque un peu Six feet under (du moins, le meilleur), avec toujours la patte Angel Rising, adoptant une lenteur assez lourde, amenant une étrange pesanteur qui libère un flot de violence contenu mais redoutable car tranchant avec le reste du titre, apportant un contraste rythmique.
Et cela va bien plus loin, surtout quand je parle de couleurs des titres (dans le concept musical s'entend). Car l'album a aussi deux parties très différentes, une plus sombre (la première, avec des thématiques autour de la souffrance, la mort... bref une approche sombre, donnant aux premiers titres une couleur sombre, typée death forcément. Il y a une transition qui se fait avec un court instrumental ('Ancient whispers') dont certaines tonalités et sonorités sont présentes dans le précédent titre ('We must suffer').

La seconde partie de l'album va prendre un chemin un peu plus lumineux, quittant la noirceur pour quelque chose où la symbolique va prendre plus de place et partir sur une notion de reconstruction / progression. 'Distant solace' marque le pas, avec des sonorités un peu plus lumineuse, même si cette base death thrash reste présente évidemment. Les riffs vont évoluer avec un second système de mécaniques, qui se recoupent avec le premier auquel le début de l'album nous a habitué ou plutôt conditionné. Cela permet d'obliquer le jeu des rythmiques, s'appuyant aussi sur des tonalités différentes, tout en recoupant ce que l'on a dans les autres titres (les solos, les arpèges, le tapping... bref du technique efficace et loin d'être chiant). Le titre va aussi faire un passage où le côté exotique de l'instrumental vient s'ajouter, permettant d'esquisser une atmosphère différente et d'engendrer l'idée de progression dans d'autres lieux / sphères.
A partir de ce titre, il apparait d'ailleurs des sonorités, parcimonieuses et justifiées, qui vont abonder vers une sorte d'idée de science-fiction qui s'invite. Cela passe par des riffs et des structures bien spécifiques (je vous passe les patterns de batteries, qui depuis le début de l'album livrent parfois des moments de folies) qui apporte une autre approche mélodique, quittant ce qui pourrait être du death mélodique pour quelque chose de plus cinématographique, déployant un aspect épique et avec une sorte de torpeur mélancolique parfois.
Mais l'album recèle aussi le titre 'Drum of war' qui rappelle l'intro. Ce titre va reprendre en partie des éléments du début de l'album et jouer frontalement sur la couleur du titre, mettant en exergue l'aspect old school. Le titre joue aussi la polarité entre le death et un aspect ritualisé, martial, qui impose un rythme plus soutenu, toujours emprunt d'une lourdeur. Mais celui-ci s'emboite différemment avec les autres titre, le dernier étant un instrumental ('The voyager') qui reprend l'essence et des éléments de l'interlude 'Ancient whispers' mais exploitant complètement le concept, laissant la place à des gammes plus exotiques, arabisante, marquant le début d'un voyage ne faisant que commencer (ou plutôt qui va s'intensifier, ayant commencer depuis le premier album, si chacun entretient des liens avec les autres).

Le chant est un chant très guttural. In adopte un rythme changeant, au besoin des différents passages, gardant cette tonalité death mais en adoptant la même approche que la musique avec une certaine variété et le jeu diu rappel de l'aspect old school. Un second chant clair apparait sur deux titres (The agony of the brave' et 'Falling off the edge of the world'), apportant un côté plus regardant vers les années 80 et le heavy / heavy thrash, avec une efficacité émotionnelle foutrement efficace.
Le son est excellent, avec une tonalité plutôt grave et sombre dans la première partie de l'album pour offrir un contraste lumineux sur la seconde partie. Il y a différentes guitares, avec des tonalités et des textures différentes (je suppute parfois trois guitares différentes à certains passages), jouant sur la profondeur, les strates et l'émotion, installant du contraste et de la densité. La basse est bien présente, avec parfois un rôle la rapprochant d'une guitare plus grave. La batterie est bien présente aussi, avec des patterns parfois complexes et un jeu avec des éléments comme les toms ou les caisses claires. Les chants sont bien équilibrés et audibles, pour mieux se graver dans ton esprit. Efficace!

Angel Rising livre un excellent album, possédant son identité et une vision bien nette. Aucun moment d'ennui, l'album taille la route avec efficacité et intelligence, nous emmenant là où il souhaite nous mener. Une pure tuerie qui doit rejoindre ma collection (et ta playlist, discothèque ou autre)!

© Margoth PDF

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