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Supergiant

Snap border

Autoproduction

28 juillet 2026 à 15:18:23

Dématérialisé

2026

10 titres pour 39'35''

Une petite vidéo:

Snap border est un groupe nancéen existant depuis un peu plus de 10 ans, avec un rock alternatif où naviguent d'autres éléments musicaux, apportant une richesse certaine. Le groupe revient avec son troisième album et, comme je l'ai dit avec The losts, j'ai aussi l'impression de retrouver des potes avec ce disque.

Dès '(V)ampire', le premier titre, on retrouve ce qui fait ce qu'est Snap border, avec ce son et ce chant caractéristiques, mêlant des genres différents prenant aussi bien au rock qu'au metal (assez grand public en comparaison de ce que j'écoute), toujours avec ce mélange subtil qui crée un équilibre accrocheur, avec un aspect moderne. D'autant qu'il entretient des liens avec leur précèdent opus 'Icons' (https://margothpdf.wixsite.com/margothpdf/coin-des-chroniques-1/icons).
On retrouve donc cette finesse et le travail sur les contrastes, avec ce jeu structurel qui est la signature du groupe. Avec la volonté de nous embarqué avec lui, à travers des thématiques différentes, permettant au groupe de proposer des titres variés, posant une assise puissante mais aussi de jouer avec l'aspect émotionnel. C'est toujours entrainant, même dans les phases plus délicates explorant quelque chose de plus en retenu.
L'album suit une trame, rappelant un peu celle de 'Icons' mais n'est pas sans pourtant offrir des évolutions. Il y a ce côté énergique mais avec parfois quelque chose qui se veut plus sombre, pas dans le sens de l'obscurité mais dans celui de la maturité, le groupe ouvrant des explorations plus marquées (en liens avec les thématiques qu'il explore, ces dernières étant assez larges et essentiellement un aspect humain et, quelque part, une manière de célébrer la vie. Cet aspect plus sombre permet aussi d'apporter plus de puissance et d'accroche et de jouer avec l'aspect émotionnel, ouvrant un spectre plus large, mettant en valeur certains passages de manière plus pertinente, tout en offrant parfois des moments intenses. Et cela engendre des moments extrêmement accrocheurs, nous emmenant avec eux dans des contrées que le groupe effleurait avant. Ici, c'est plus direct et même avec un côté plus instinctif.

Cela tient au fait que le groupe ne se formalise pas dans la forme musicale, bien au contraire. Il va plus loin dans son approche et sa manière de juxtaposer des styles différents, avec un panel de transitions extrêmement efficaces. Mais aussi en apportant des atmosphères plus fortes, plus intenses, toujours aussi bien avec ce côté plus sombre / mature qu'en cultivant du contraste ou des paradoxes avec certains passages tout en retenue, laissant s'exhaler leur sens de la mélodique, qui est redoutable. Cela apporte une structuration aussi bien dans les titres que dans l'album, dessinant plusieurs esquisses ayant pour but de nous sortir de ce que l'on s'attend à avoir de la part du groupe. C'est peut-être plus polarisé mais la recette s'avère foutrement efficace, d'autant que Snap border apporte plus de densité dans sa musique, du fait des contrastes mais aussi de l'idée d'avoir parfois des choses regardant vers la pop rock (couillu, faut pas déconner non plus).
De titres en titres, le groupe nous emmène dans un univers attractif où la puissance n'est jamais mise de côté, jouant sur sa forme, que ce soit musicale, émotionnelle ou par le chant (j'y reviendrai un peu plus loin). Les titres développent pour les coups des structures musicales et rythmiques différentes, sans pour autant perdre l'identité du groupe, avec ce qui fait son sel. Le tout en avoir des titres qui prennent trop le temps, le groupe cultivant parfois une sorte d'urgence, permettant d'éviter le moindre ennui (et de toute façon, la musicalité ne lui laisse pas de place). Même dans les titres plus mélodieux, adoptant un tempo plus en retenu ('Fading light'), apportant parfois une touche de nostalgie (aussi bien par le choix des styles que par l'aspect émotionnel et une sorte de culture collective qui nous lie, en partie, au groupe).
Cette évolution induit plus nettement l'aspect des groupes des années 2000, sans le côté racoleur d'une nostalgie mal placée ou d'une volonté de surfer sur un temps terminé. Non, ici, rien de tout ça. C'est juste dans l'ADN de la musique du groupe, de sa manière de voir la musique, de sa vision artistique.

Et qu'en plus, le groupe ajoute vraiment de la densité au sein de sa musique, se faisant plaisir, tout en gardant la sacro sainte cohérence (au sein de la musique de l'album mais aussi de son identité et de son essence). Ce qui offre des titres, comme je le disais, pas spécialement longs (de 3'23 à 4'18') mais écrits de manière à occuper l'espace et d'avoir ce côté accrocheur et pertinent, d'offrir de la matière, de l'émotion sans non plus nous perdre (ou que le groupe se perde en route dans des méandres inutiles). Il y a toujours un côté direct, droit à l'essentiel, laissant néanmoins la voix à un développement intelligent des titres.

Puisque je parle de voix, il est temps d'aborder le chant de Franck. On retrouve son chant et sa voix caractéristique, avec cette puissance et ce timbre particulier (et qu'un autre chant n'aurait clairement pas le même impact), un peu rocailleux et pourtant très chaleureux, nous enveloppant dès le début de l'album. Et c'est dans le chant qu'il y a aussi une évolution, Franck allant plus loin dans l'exploration de son chant et de sa voix, amenant plus de modularité et une forme de polarité à travers les aspects les plus antagonistes, apparaissant dans différentes chansons. Le chant recouvre d'ailleurs une importance plus marquée, qui se retrouve à travers le son.
Le son est d'ailleurs excellent, alliant puissance, un côté assez massif, à travers cette identité sonore que le groupe cultive. Les guitares sont ultra présentes, forcément, jouant à travers les styles avec l'essence de la musique du groupe mais aussi une certaine part de nostalgie qui découle de notre passé musical. Il y a un travers sur les tessitures et les tonalités des guitares, permettant de structurer la musique de manière intelligente. La basse est aussi audible, avec un groove qui se ressent, apportant une profondeur chaleureuse (et un rappel au chant). La batterie est bien audible elle aussi, avec beaucoup de subtilités qui n'apparaissent vraiment qu'après plusieurs écoutes, du fait de patterns denses. La voix est mise en valeur, le groupe axant l'approche sur le chant, sans pour autant reléguer la musique en second plan. Il y a un équilibre particulier. Et cela s'entend aussi avec les arrangements ponctuant l'album.

Snap Border nous revient avec un excellent album, très accrocheur, me laissant cette impression de retrouver des potes là aussi, du fait de leur approche musicale qui me touche directement mais aussi de part quelque chose de plus vaporeux, rejoignant l'émotionnel et le personnel. Un album à découvrir absolument!

© Margoth PDF

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