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Summer of seum

Seum

Autoproduction

12 septembre 2020 à 13:28:17

Dématérialisé

2020

6 titres Durée : 23’42’’

Une petite vidéo:

Avoir le seum. ‘T’as trop le seum, hein ?’ ‘T’es trop chelou dans la seum de tes émotions’. ‘J’aime bien Seum 41’. ‘Tu es le seum de ma vie.’ ‘Seum, her dream’s !’Si quelqu’un possède le secret du sens du mot, qu’il n’hésite pas, merci ! Bon j’arrête mes connerie un instant…

Seum est un projet sous forme de trio venant de Montréal et proposant dans le courant de l’été différents titres lié chacun à un visuel différent créée par un artiste, lui aussi différent.
Le trio évolue dans un registre sludge où tu oublies la guitare. Sale la guitare, vilaine ! Juste une basse, une batterie et un chanteur. Sur cette base assez simple, le groupe laisse sa fibre artistique parler.

La première chose qui frappe (hahaha, c’est marrant ça, vous allez comprendre pourquoi juste après), c’est le son : à la fois grumeleux, percutant et un peu sale (mais ça colle complètement à l’esprit du projet), comme je le conçois personnellement pour du sludge, avec des basses forcément omniprésentes. D’ailleurs le premier titre exprime un peu l’idée (‘Silence et crasse’).

C’est un projet qui a un charmant coté pété du bulbe. Sur cette base sludge, le groupe insère aussi des éléments qui vont te faire taper du pied, retrouvant pêle-mêle du rock sudiste, du rock’n’roll et d’autres courants plus inattendus qui, allant taper dans des trucs évoquant un peu le jazz, entre autre. Mais l’ensemble entretient un lien évident des entre les racines du style et les courants en découlant, offrant une cohérence et une richesse nette.

Les titres développent un coté très groovy, étonnamment ! Tu ne pourras pas t’empêcher de taper du pied ou de tapoter de tes doigts (quelque soit leur forme) sur une surface, suivant le rythme imposé par le groupe. Rythme qui varie pas mal mais qui n’est jamais vraiment lourd, ce coté ce retrouvant plus en lien avec la basse et le son. Le groupe nous emmène dans un marécage non pas vaseux mais plutôt boueux, vers des atmosphères collantes mais, dans le même temps, avec un coté sudiste omniprésent (c’est drôle d’ailleurs pour un projet québécois…).

On se prend vite au jeu du groupe, celui-ci cultivant un coté attractif assez immédiat. Il faut dire que le trio a opté pour un coté direct, sans vraiment de prise de tête, ce qui ne veut pas dire que ce qu’il propose est simple. Loin de là. Car le groupe propose des titres, certes pétés du bulbe mais aussi très alambiqués, aussi bien par les breaks et autres changements, couplés aux influences suintant dans les titres mais aussi par l’approche assez peu conventionnelle qui est la signature du trio.

Il y a aussi quelque chose d’autre qui s’immisce vicieusement. Du doom semble se fondre dans la masse, apportant un caractère difficilement explicable mais qui apparaît progressivement à nos chastes oreilles de mélomanes (bon, pas si chastes que ça en fait…).

Les titres sont assez différents les uns des autres, cultivant sur l’ensemble une densité et une cohérence avec le visuel lié au morceau. Cela engendre du coup des atmosphères, qui même si elles sont liées au sludge, vont néanmoins voir ailleurs ce qui se passe (ou pas, elles n’ont rien dit). Mais tous entretiennent ce coté un peu sale et abrasif, que l’on ne pourrait du coup concevoir le groupe sans. Et avec tout ça, il faut aussi parler du chant.

Celui-ci oscille entre français et anglais (suivant les titres), avec un timbre rocailleux et un peu nasillard et semblant parfois un peu plaintif (à l’écoute ça se comprend mieux). Il s’adapte forcément aux titres, suivant les besoins mais sans bouger un instant de sa nature, quelque peu déconcertante au premier abord mais qui participe aussi à l’identité du projet.

Il y a bien un coté pesant dans Seum. Mais en aucun cas oppressant. Seum exprime une sorte de rage, sous une forme complètement différente, associée à un grain de folie qui apporte sa touche à l’entité que forme ce trio. Et cela nous emmène dans un court voyage dans des contrées de brouillard, au sol boueux que l’on aimerait découvrir plus profondément et pourquoi pas, s’y perdre.

Etrange projet que ce qu’est Seum, loin de ce que j’ai pu entendre dans le genre et que je ne peux que recommander aux amateurs d’étrangetés d’essence sludge doomisant atypiques.

© Margoth PDF

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