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Seeds of perseverance

Monolyth

Ellie promotion

25 février 2026 à 16:37:37

CD

2025

15 titres pour 57'05''

Une petite vidéo:

Monolyth est un groupe fondé (et non fondu) de death mélodique en 2006 du côté de Beauvais et qui a migré du côté de Paris (ou alors c'est moitié / moitié), ayant à son actif 3 albums et un Ep (dans le désordre) et dont voici le quatrième album.

A la première écoute, avec le premier titre, j'ai cru que je mettais trompé de disque: comprends que j'aurai mis un disque en croyant que c'était un autre. Mais non, point d'erreur. Le premier titre, servant d'introduction, nous pousse vers des contrées éloignées du death mélo, ouvrant une atmosphère particulière. Mais dès le deuxième titre, point de fioriture, on retrouve le death mélo du groupe. J'avais découvert le groupe avec 'A bitter end / A brave new world' et je n'ai point écouter le suivant. Mais l'introduction à néanmoins une importance. parce que, mine de rien, il y a ce qui tient autant de l'évolution que du franchissement d'un gap important, d'un point de vue musical.

Comme je l'ai dit, on retrouve cette base death mélo, offrant aussi bien des moments virulents et intenses, et d'autres plus posés, mettant en exergue l'aspect mélodique (peut-être plus mélancolique, teinté d'une lueur d'espoir). J'y retrouve cette sorte de verve dans les structures y allant en direct, sans fioritures et avec efficacité. Ca passe par du blast, des contrastes, un jeu de rythmiques allant de la rapidité à quelque chose d'un peu plus lourd (sans pour autant perdre le sens du death), avec de la vélocité et une fluidité bien présente, apportant une cohérence à l'ensemble.
Leur death ne fait pas semblant, restant dans le cadre du death mélo (pas de dérives vers du brutal death ou du death morbide), en cultivant quand même le sens du détail et le soin à offrir des moments intenses, plutôt brut au regard du genre. L'album que j'avais chroniqué avait mis en place cette dynamique, où l'aspect mélo pouvait s'appuyer en partie sur du thrash. Ce que l'on retrouve ici, avec une richesse déjà présente dans 'A bitter end / A brave new world'. Peut être quelque chose de plus instinctif y était présent. Mais l'identité du groupe que j'y ai découvert est bien là, sans le moindre doute.
Le groupe travaille vraiment sur la mécanique et le système des rythmiques / structures, apportant de la lisibilité en même temps que de la densité, avec une sorte de hiérarchisation, qui distille une sorte d'atmosphère qui peut être malmenée dans les phases très death mais qui fait sens dans l'idée de la construction d'un contraste apporté d'une manière différente. Avec cette album, on a aussi cette approche plus fouillée, plus moderne par l'apport de sonorités ou de synthés, à certains moments (qui renvoient alors à l'intro, créant un lien), jouant plus sur le contraste et la manière de créer des strates servant de squelettes aux titres et à l'album, offrant une vision d'ensemble cohérente.

Mais le groupe à évolué et même franchit un gap, comme je le disais. Evoluer comme nous tous, en vieillissant et en affrontant la vie. Bon, après est-ce que cela à vraiment un impact dans leur musique? Le débat restera entre vous. L'évolution est surtout musicale car Monolyth apporte d'autres éléments dans son death mélo mâtiné de thrash. Il y a ainsi un côté metalcore qui apparait, surprenant la première fois (de manière positive) car étant en logique avec l'approche mélodique du groupe. Ces moments où le metalcore arrive sont parfois des moments suspendus où l'émotion se retrouve en surcharge, offrant un contrepoint au death du groupe. Le metalcore qu'injecte Monolyth n'est pas le metalcore chiant mais celui qui offre du contraste, de la structure et de la diversité. Et c'est cet angle qu'il fallait au groupe, afin de pouvoir imbriquer les éléments des différents styles (mais aussi de jouer avec les codes du metalcore et de ses différences avec le death), souvent avec des transitions efficaces, travaillant avec subtilité ou en étant plus transgressives mais avec fluidité (faisant un lien avec le death là aussi).
Ce côté metalcore apporte une autre dimension à leur musique, permettant de s'affranchir des clichés et gimmicks, en vue de pouvoir explorer plus facilement ce qu'il y a au-delà des genres. On retrouve souvent des moments où les deux styles se côtoient et fusionnent parfois, offrant de véritables moments de bravoures (en plus de ceux liés au death). Le groupe mise vraiment sur l'idée de proposer quelque chose de novateur par rapport à 'A bitter end...' mais qui suit une logique, les éléments étant déjà présents surement dans cet album.

Mais ce n'est pas tout. Monolyth est ancré dans son époque et va amener quelque chose qui regarde plus vers le metal moderne. Cela se retrouve dans des éléments sonores, des synthés, des samples et quelques structures plus précises, en plus du chant (j'en parle plus loin). Mais ici, l'étiquette metal moderne va de paire avec le jeu death mélo / metalcore, le groupe offrant parfois des titres tricéphales où le mélange des styles offrent une sorte de trinité musicale, apportant de la modulation au sein des titres et des rythmiques, engendrant un jeu de sous-structures codifiant un peu différemment l'approche du groupe. Mais tout cela sans qu'un seul instant on ne doute du genre de base dans lequel évolue Monolyth. C'est quelque chose qui a été assimilé, réfléchi et qui est maitrisé. Alors oui, à la première écoute, c'est parfois surprenant, désarçonnant mais cela est cohérent, crédible et parait naturel, le groupe ayant travaillé sur ces aspects.
C'est résolument du death mélo de son époque mais avec une évolution qui regarde vers une nouvelle voie, suivant un développement cohérent et, surtout, fort logique. Une sorte d'esquisse de quelque chose de différent qui prend vie, sans pour autant cannibaliser la base musicale de Monolyth. D'autant que l'album ne laisse pas de moments ennuyeux ou paraissant s'étirer de trop. On ne voit pas le temps passer, le groupe s'offrant le luxe de nous faire croire qu'il s'affranchit du temps, pour nous plonger dans son univers.

Le chant d'Amaury est reconnaissable dès le début, avec ce timbre singulier. Là aussi, j'ai retrouvé ce qui m'accrochait sur 'A bitter end / A brave new world'. Il opte pour un chant death mélo assez rocailleux (pour simplifier), avec des moments de chant clair servant de contraste. Mais il sort aussi de sa zone de confort en adoptant un chant metalcore qui vient, tout naturellement, en complément du chant plus death. Il s'offre aussi des moments où son chant est complètement différent, allant là où on ne l'attend pas, créant une stratification des chants, amené avec logique et réflexion. Il n'y a rien de hasardeux ou qui nous sorte du voyage. Là aussi, son chant surprend parfois, forçant mon respect en ce qui me concerne.
Le son est excellent. Puissant, massif et vraiment propre. C'est d'autant nécessaire à la lisibilité de la musique du groupe qui s'avère très dense, avec un soin sur les guitares (dans les textures, les sonorités, ayant deux approches de sonorités). La basse n'est pas trop présente, un peu en retrait à mon goût (vous devez connaitre mon amour pour la basse maintenant) mais fonctionne bien avec la batterie. Batterie qui est soignée dans les sonorités et mettant en avant certains éléments à différents moments (genre des cymbales placées en arrière plan et jouant sur l'audio). Le son tient aussi compte des modularités liées aux styles injectés, en gardant l'idée de base que le death mélo est le cœur de l'album. Le chant est largement audible, les personnes ayant un niveau d'anglais digne de ce nom n'auront point de difficulté.

Monolyth offre un album très accrocheur et efficace. La surprise vient de cette évolution qui apporte de la richesse et met en avant le côté mélodique, avec différents angles d'approches, sans pour autant renier le death mélo. C'est plus une évolution de celui-ci, avec un affranchissement des limites. Un excellent album à découvrir!

© Margoth PDF

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