

MARGOTH 5
PDF5
Resurgence
Yarotz
Autoproduction
28 septembre 2026 à 17:06:04
Dématérialisé
2026
9 titres pour 34'27''
Une petite vidéo:
Yarotz est un groupe landais qui, sous forme de trio, est apparu comme ça en 2022. S'en suit un premier album au nom de 'Erinyes', mélange de hardcore, grind, punk et death. Le groupe a pris son temps, pour affiner son approche et déboule donc avec ce nouvel opus, plutôt vigoureux.
Le trio ne fait pas de chichis et va directement à l'essentiel, à savoir un gros direct dans le foie, avant d'enchainer coup de pied, balayette, pied bouche, destruction de cervicales et autres subtilités d'une très bonne raclée, dans les règles de l'art.
La description du premier album nous emmène dans une idée de ce que peut être l'approche du groupe. Mais, en fait, pas vraiment, car on ne s'attend pas à ça. Si le premier titre 'The rising starts' pose une base atmosphérique (dans le genre, parce que, tu vas voir, c'est quand même particulier), laissant savourer une montée en puissance, le second titre pose vraiment des bases: un hardcore chaotique mêlé avec un post metal plutôt énervé, mais qui laisse le pouvoir de la suggestion: quelque chose se cache à l'intérieur. 'Strenghts and fears' amène un côté chaotique, avec une structure interne particulière (contrastant avec le standard appliqué intro / couplé / refrain), amenant une certaine lourdeur, de l'intensité au kilomètre (si il y en a trop, ils nous la laisse en cadeau), glissant quelque chose de plus étrange, plus sombre qui explose vraiment dès le troisième titre. Et à partir de là, c'est un festival de violence, de chaos, jouxtant à une certaine structure l'abysse d'un chaos absolu foutrement jouissif, alternant passages ultra soutenus et moments plus sereins (enfin, en restant dans le cadre de leur musique). Et cela dessine deux choses intéressantes, posant clairement le groupe dans le registre extrême: à ce hardcore chaotique se mêle là encore des évocations grind mais qui vont s'accoupler dans une orgie de brutalité avec de la power violence, libérant des flashs de violence ici et là, sans prévenir ni dessiner un schéma clair (le schéma étant le chaos). Et c'est là qu'il y a un coup de génie car même si on est habitué des groupes extrêmes, Yarotz arrive à surprendre et donne l'envie de se péter les cervicales, du fait des rythmiques intenses et quelque peu variables en terme de formes (privilégiant un déstructuration rythmique).
Le trio propose une approche à la fois traditionnelle (enfin, juste pour l'aspect évoqué de la structure des paroles intro / couplet / refrain, faut aps déconner non plus) et une direction absolument différente, se concentrant sur les ruptures, les changements intempestifs, une mécanique consistant à poser des bases pour mieux les exploser et les retranscrire différemment, avec l'aspect de la violence en prime. C'est là qu'il y a des éléments plus lourds qui arrivent de manière impromptue et très brèves: une sorte d'effet bœuf jubilatoire. Et de jouer sur cette recette en offrant de multiples variations (et des singularités) au sein des titres de l'album. Mais le groupe a aussi un autre aspect plus inattendu, servant à la fois de contrepoint, de contraste et de manière détournée d'amener une autre forme de structure. Car dans ce flot violence, le groupe exhale de la mélodie (pas tout el temps, juste à certains moments), servant à sublimer la violence ou mettre en valeur une atmosphère particulière (dont regorge l'album, surtout dans une veine très énervé). Et c'est là qu'il y a un dernier aspect qui apparait, au niveau musical, pour le moins surprenant là aussi, au regard du contexte: on y trouve des moments lorgnant vers un sludge décadent (reposant principalement dans les phases opposées, très lourdes et poisseuses), décidant, finalement, de mieux nous perdre dans leur violence.
Les titres sont à la fois directs, intenses, le groupe visant l'efficacité. Cela ne l'empêche pas de mettre, ici et là, un instant plus posé (qui ne dure pas, faut pas déconner là aussi), jouant là encore sur la structure des titres et de l'album, nous embarquant vraiment dans une tornade de violence, où l'on a peu de moment de répit (et qui fait que les rares instants posés permettant de reprendre ton souffle avant que la machine s'emballe de nouveau). Et le groupe sait bien exploiter cet aspect, apportant, quelque part, au milieu de ce chaos sombre, une sorte de poésie (complètement explosée contre un mur), à l'image du titre clôturant l'album, 'Abyssal' (portant bien son nom, le titre étant une mise en abysse de toute beauté) mêlant moments solennels et violence, finesse et chaos.
Le chant est un chant entre hardcore vénère, grind et power violence (pourquoi choisir quand on peut faire les trois en même temps?), apportant une identité vocale forte et une certaine subtilité quand le chant devient posé ou plus éthéré. Ca n'en reste pas moins quelque chose qui frôle la performance, l'intensité y étant dans tous ces aspects.
Le son est excellent. Il privilégie lui aussi la violence à travers sa clarté, avec une basse bien grasse, bien dense qui fait plaisir, offrant un contraste avec la guitare et offrant un couple basse batterie vraiment sombre et bien énervé. La batterie laisse profiter des toutes les subtilités du kit (les patterns sont riches) et un synthétiseur permet de poser des atmosphères (entre autre, avec des arrangements accrocheurs) mais sans en faire des tonnes, oubliant les fioritures. Le chant est à l'équilibre, bien audible, jouant avec certains éléments de la batterie en terme de hauteur d'audition (je ne sais aps comment dire autrement).
Je découvre Yarotz avec cet album. C'est furieux, intense, intelligent et jubilatoire! Une découverte à faire absolument (et un disque que je dois aussi acquérir).