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DEAD TREE SEEDS
Music Records
12 juillet 2020 à 13:17:54
Digital
2020
10 titres Durée : 45’16’’
Une petite vidéo:
Alors, on y va, en faisant simple : Dead Tree Seeds est un groupe parisien formé en 2009 des cendres d’un autre groupe, à la vie et aux mouvements de line-up tumultueux, responsable d’un premier album en 2013 et dont voici la seconde offrande. Ah oui, détail plaisant : il évolue dans le thrash. Mais pas n’importe lequel…
Dès l’intro (presque buccolique) de Thrash tales passée, on est plongé directement dans e dur du sujet : un thrash old school, typé fin années 80 début 90, avec cette fureur et une violence directes. Et ça ne va pas rigoler dans les chaumières, non di diou !
Dès Fangs of the white Wolf, les bases sont clairement posées et nous renvoie à cette période du thrash, avec un coté groovy qui apparaît parfois, une pincée de mélodie et surtout une grosse charge nostalgique, évoquant dans nos souvenirs les premiers Metallica, Slayer ou encore Testament (oui, ils brassent largement de façon joyeuse et, attention spoiler, réussie). Et bien-sur sans oublier la brutalité inhérente au style, avec une violence contrôlée et aussi de la technique (ils aiment torturer leurs doigts..).
Quelque soit la durée du titre, le groupe reste intransigeant sur un point : même si il peut y avoir des moments plus posés, l’essence du groupe est clairement du thrash qui n’est pas là pour décorer ni même actuel. Les rythmiques sont certes typées (ben oui, c’est aussi ça le thrash : des gimmicks incontournables qui font le charme du style) mais bordel, que ça le fait. Surtout qu’il y a cet angle de retro thrash (qui me fait parfois penser aux tarés de Oozing Wound, en plus serein) qui nous accompagne dans la nostalgie. Et l’on se prend au jeu de taper du pied ou de suivre le rythme en secouant sa tête seul, juste parce que c’est plaisant. Car le groupe maîtrise complètement son sujet, sans le moindre doute.
Les titres, du fait de durée très variables, permettent au groupe de pouvoir poser et explorer ses idées, parfois avec un titre fleuve (No time to complain et ses 6’29’’ par exemple), mais entretenant de bout en bout une cohérence indéniable sur la durée de l’album. Et permettant d’amener ainsi des parties rouleau compresseur, à la rythmique bien énervée et soutenue. En somme un plaisir coupable régressif jouissif.
Les titres sont généralement abruptes à leur fin, ce qui est logique avec le contexte mais surtout qu’une fin qui s’étiolerait pour mourir en douceur… ben ce serait bizarre et surtout contre productif par rapport à l’efficacité visée.
The way to eternity est un instrumental tout en finesse qui vient alors scinder l’album en deux parties distinctes.
La seconde partie est globalement semblable à la première (mais pas identique, il y a des différences), restant ancrée dans ce thrash traditionnel. Il y a une pointe d’agressivité plus marquée, la violence semblant aussi plus intense. Mais ce qui semble changer est la direction de la couleur thématique, ainsi qu’un coté un peu plus martial.
Pourquoi la couleur thématique ? Parce qu’au vu des titres, outre une progression certaine, le curseur se déplace clairement vers quelque chose, paradoxalement, de plus positif. Pourtant en contraste avec la rythmique et la virulence qui s’impose plus (tout en gardant les éléments moteur de la première partie, faut pas déconner non plus et perdre l’auditeur…).
Le chant est clairement dans le thème, plus vers des groupes comme Slayer ou Testament (pas de délires avec des élans dans les aiguës ou des lignes super mélodiques qui n’auraient pas leur place ici). Il a un coté rugueux bienvenu, tout en cultivant derrière cette rugosité une sorte de sympathie attachante (qui laisse plus la place à la seconde partie à l’aspect agressif, lié à la musique). Et aussi un large panel, n’hésitant pas à user de la parole, tout simplement, quand le contexte s’y prête (Shotdead).
Dead Tree Seeds nous livre un second album foutrement efficace, avec de la finesse tout en cultivant une certaine idée d’être un bourrin qui s’avère diablement efficace et met le groupe en lumière et sans le moindre doute avec lequel le thrash va devoir compter dorénavant.