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Phoenix Cryptobiosis

Alvused

Xtreem music

14 août 2025 à 15:01:38

Dématérialisé

2025

11 titres pour 44'24''

Une petite vidéo:

Alvused est un groupe de death culte espagnol formé en 1991 et qui est toujours là, presque 35 ans plus tard. Avec 7 albums, des Ep à la pelle, des compilations... le groupe regorge de productions et nous est revenu avec un huitième album ayant un fumet particulier, tout à fait plaisant.

L'album s'ouvre sur un instrumental qui met immédiatement dans une ambiance glauque et malsaine, avant d'y ajouter le côté death. Avec ce titre, Alvused brosse rapidement le portrait de ce qui va suivre, à savoir une grosse déferlante morbide, macabre, avec une ambiance plutôt gore.
Et dès le second titre, le groupe envoie absolument tout: la saucière, la sauce, la viande, les couverts, les convives et même l'abattoir pour la viande. Mais le groupe abande quand même dans une façon de faire un peu plus singulière que la norme.

Mettant en avant les aspects morbides teintés de gore, Alvused joue la carte de la modularité de la rythmique, proposant une alternance entre tempos rapides et d'autres où la lourdeur distille une couche poisseuse et épaisse, rendant plus nette l'ambiance sombre de l'album.
Album qui se construit autour de cette approche, non sans amener parfois quelque chose de plus martial, notamment dans le jeu de la batterie, glissant une vision où l'aspect direct dans le foie se partage avec le pilonement des cervicales et l'écrasement en règle par des éléphants en rut. Cela apporte une structuration intéressante, qui laisse la marge au groupe pour explorer des formes diversifiées de leur approche.
Tout en gardant aussi en ligne de mire une part nette de violence, qui se cristallise parfois sur des moments plus intenses. Pas nécessairement dans un moment ultra rapide car cela peut-être aussi dans des moments plus lourds mais plus en liant cette à la morbidité qui s'exhale des titres.
Et cela tisse ainsi une sorte de trame qui s'inspire partiellement de films gores pour l'ambiance mais aussi de l'univers de la Hammer pour l'atmosphère étrange et parfois plus sirupeuse qui se fait ressentir. Et engendre une cohérence démente, à l'image de l'approche de l'album.

Le côté death est omniprésent, avec ce prisme morbide qui parfois laisse la place à une approche plus macabre qui laisse un peu de subtilité apparaitre. Mais cette dernière s'exprime aussi à travers des riffs étonnamment mélodiques qui contrastent avec le reste, ouvrant un champs de perception plus large
qui permet au groupe d'offrir une variété au sein de leur death, s'appuyant à la fois sur l'aspect morbide mais aussi old school, qui nous submerge sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Cela confère une efficacité terrible, en même temps qu'une de cultiver une certaine approche, jouant sur une forme de perversion redoutable.

L'album égrène cet approche et cette vision, la déclinant en plusieurs visions fulgurante, semblant tisser une trame plus vaste qui vient mettre en valeur le titre de l'album, explorant des facettes liées à celui-ci. D'où des thèmes récurrents ici et là ou l'approche rythmique qui semble parfois marquer des points de convergences, dans des segments pourtant différents. On sent que l'on a à faire avec des vieux briscards qui maîtrisent leur sujet haut la main. Et qui s'en foutent de l'état des cervicales des personnes écoutant leur album.

Le chant de Dave Rotten est très caractéristique. Quelque part entre le growl et le gore, avec un timbre très grave, ce chant est lié au groupe. Un autre chant casserait nettement la magie de l'atmosphère morbide, qui est clairement un point fort (en plus de la musique, évidemment).
Et qui dit musique dit son. Le son est lui aussi caractéristique, bien gras, saturé, avec un appui sur les notes graves. La tonalité est dans cette ligne, qui va vraiment avoir un effet plus viscéral, en lien avec le chant et qui ne l'empêche pas de déployer un côté chaleureux et humain, cultivant un étrange paradoxe. La batterie met en avant les éléments de percussions (grosse caisse, caisse claire et toms), jouant avec un niveau en retrait pour les cymbales, ajoutant vraiment quelque chose de poisseux. Guitares et basse jouent dans les mêmes trames de tonalité, enfonçant le clou. Le chant est à l'équilibre, avec ce timbre particulier.

Alvused est de retour en grande forme et le prouve facilement avec un album de death morbide, plus profond qu'il n'y parait au premier abord. Incontournable!

© Margoth PDF

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