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Parking life

Seum

Autoproduction

29 avril 2026 à 15:21:47

Dématérialisé

2026

8 titres pour 26'06

Une petite vidéo:

Seum est un trio québécois formé autour de 2018/2019 (gardons une part de mystère), que je suis depuis leur début, ayant à son actif deux albums, deux Ep, deux lives, des singles et deux splits. Rien que ça, le tout dans le désordre. Et les revoici en cette année 2026 avec leur troisième opus.

Alors, si tu es passé(e) à côté du groupe, saches que que celui-ci se compose d'un chanteur, d'une basse et d'une batterie, naviguant dans un doom / sludge très convaincant. Enfin, pour faire simple. Car depuis leur début, le groupe ne cesse d'évoluer, de peaufiner son approche, avec un son caractéristique, une dynamique forte et un certain sens de l'humour (au travers des textes notamment). Et ici, le trio continue d'innover.

L'album s'apparente un une sorte de concept album, faisant un lien entre la vie et les vies des musiciens du trio, faisant un parallèle et apportant une approche philosophique, le tout avec un humour assez acerbe (qui se retrouve juste sur l'artwork). Cet album marque aussi une évolution par rapport au précédent. On retrouve directement l'identité sonore et le chant caractéristique du groupe (impossible de le confondre avec un autre), abordant avec cynisme la vie rangée du milieu de vie (que le groupe et moi-même allons aborder plus ou moins).
Dès le début, on retrouve ce doom gras et poisseux et la rencontre du sludge (arrivé il y a quelques productions), permettant de naviguer plus largement dans leur univers, certes assez sombre mais au combien jouissif et non sans un côté dansant parfois (en restant dans le cadre du style). Dès le titre éponyme qui démarre l'album, le groupe nous amène sur le parking de la vie, avec un côté un peu rock'n'roll dans les patterns de la batterie avant d'amener ce côté doom / sludge que l'on connait (si tu as connaissance du groupe). Mais le titre amène aussi quelque chose d'autre, de plus diffus et qui va prendre plus d'espace par la suite: du stoner.

Et donc, on se retrouve avec une hydre musicale entre doom, sludge et stoner. Mais pas de la manière dont tu pourrais le concevoir ou le visualiser, par rapport à d'autres groupes. Ici, on parle de Seum, avec une vision particulière, un regard acerbe et une réflexion derrière la musique. Et cela nous amène à découvrir des titres où cette basse doom'n'bass / sludge se mêle d'un stoner marquant, le groupe dévoilant ainsi trois aspects indus, au final existant depuis les débuts (plus diffus pour le stoner). Mais où il se détache du lot, c'est qu'il va structurer les titres de manière singulière, imbriquant les styles les uns dans les autres, un peu à la manière de poupées russes, en un peu plus fou. Et c'est cette mécanique mise en place qui va servir de colonne vertébrale à l'album et aux titres, chacun ayant une identité particulière (et certains vont s'imprégner dans ton cerveau), offrant des moments forts, différents et qui structurent l'album, lui donnant une direction particulière, à la Seum, mais très cohérente (à l'album et à l'identité du groupe).

Et Seum va jouer avec les codes des styles qu'il a assimilé, créant une sorte de système particulier dans où chaque titre aura une aura particulière, dominée par un caractérisation d'un des styles tout en conservant la base du groupe. Dis comme ça, c'est un peu flou mais à l'écoute, c'est net. D'autant qu'il y a un côté rock'n'roll (la vie est rock'n'rool non?) et que Seum charge chaque titre d'un groove puissant. On se prend à taper du pied ou bien à vouloir se bouger. Et Seum va même plus, repoussant ses limites et offre des moments de folies, comme sur 'Sad Labbath' qui propose des segments pouvant provoquer des pogos certains et qui pose aussi un élément particulier de l'album (qui explose sur ce titre et nous éclaire sur le reste d'un coup): Seum change certains codes, jouant une sorte de déstructuration pour mieux les réagencer, provoquant du coup des effets inattendus et terriblement efficace. Et cela marque aussi l'évolution, par le jeu de la basse et des effets particuliers parfois mis en avant comme sur 'Always on my mind' où la sonorité est très particulière, ainsi que cette alternance stoner / doom-sludge, jouant sur l'altération des repères.
Le trio ne s'arrête pas là, nous emmener sur ce parking représentant le cauchemar d'une vie morne (où le groupe y va avec les symboles comme le cercueil, le dollarama, le côté glauque de la photo où la seule tache de couleurs est celle de la couronne mortuaire...). Le trio, au sein des titres, offre des clin d'œil à deux productions avec '666 problèms' (Winterized et le split conjuring). Il joue ainsi avec un aspect mélodique surprenant, découlant du stoner, offrant quelque chose de plus chaleureux dans la noirceur globale (car oui, ça reste assez sombre même si c'est dansant ou groovy). Cela lui permet aussi d'avoir une sorte de découpe au sein de l'album, plaçant d'emblée une progression entre quelque chose de compliqué, voire ingérable (la première partie de l'album jusqu'à 'Labrador', jouant clairement avec de la symbolique et quelque chose de plus philosophique. L'interlude 'Solutions' sert de limite entre les deux parties, les 3 derniers titres recélant quelque chose de moins sombre, se tournant vers l'acceptation des vies, telles qu'elles sont (du moins, en résumer). Ce qui explique un changement de tonalité et surtout, le final avec 'Always on my mind'.

Seum est aussi habile car le trio propose des titres assez concis, ne tombant jamais dans le piège de la surenchère. Le groupe va à l'essentiel, y ajoutant ici quelque chose de plus émotionnel, venant des trippes. Les titres suivent plus ou moins le même prisme, la variation étant dans des éclats différents, par l'écriture ou certains effets (basse ou chant) et même la modularité du chant (s'appuyant sur l'exploration des trois styles imbriqués dans l'album). C'est malin, efficace et ça nous plonge encore plus loin dans leur univers, avec un regard acerbe, installant une sorte de cynisme fort, qui, au final existe surement depuis leur début mais qui est ici poussé plus loin.

Le chant de Gaspard est reconnaissable. Saturé, avec ce timbre particulier, dans le côté doom sludge. On est en terrain connu et c'est là qu'il nous surprend, avec un chant clair marquant les aspects stoner. Mais là où ça devient fort, c'est que son chant va imbriquer ses éléments différents au sein des titres, parfois en passant de l'un à l'autre en deux phrases, jouant sur les intonations. C'est une évolution nette, qui suit une logique et qui fait clairement son effet, apportant un autre moyen de nous graver les titres en tête.
Le son est excellent. Gras, saturé, avec cette basse omniprésente, apportant un groove certain, à travers un jeu de sonorités variées, certaines nouvelles. La batterie suit cette trajectoire avec un son assez grave où le contraste se fait par les cymbales et la caisse claire. Les deux instruments naviguent aussi au sein des styles, revêtant différents aspects en toute fluidité, au besoin des titres ou de la progression. Le chant est bien audible, à l'équilibre. On retrouve l'identité du groupe dans ce son, avec cette petite évolution vraiment intéressante car ajoutant encore plus de profondeur.

Seum est en pleine forme et cet album est de nouveau une pépite, avec de la nouveauté en prime, dans une cohérence logique à leur évolution. Un nouvel indispensable pour les fans du genre!

© Margoth PDF

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