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Néant

Obscurité

Chapitre XIII

8 avril 2026 à 15:09:30

Dématérialisé

2025

8 titres pour 48'54''

Une petite vidéo:

Obscurité est un one man band du Mans, derrière lequel se dissimule A.S.H., existant à priori depuis 2014 (avec un premier album). Celui-ci est son cinquième opus, dans une veine black metal épique.

Alors, ce projet m'est juste totalement inconnu (celui dit, il y a tellement de groupes et projets, que c'est juste impossible de tous les connaitre).
L'album commence directement dans le gras, mettant en place un black metal assez rapide, portant fortement des mélodies et montrant directement son côté épique. Comme ça, pas de perte de temps, on y va directement, au cœur de la bête. Je dis assez rapide car Obscurité porte quand même une approche où le tempo peut adopter plus de retenue, mettant en valeur des mélodies et engendrant des atmosphères très prenantes, dévoilant un esthétisme insoupçonné de prime abord.

La construction des titres suit globalement une trame similaire, tout en laissant quand même une plage de liberté au déploiement de subtilités ou de variations, enrichissant les titres. Et cela rentre dans un cadre où les titres possèdent cette trame en strate, qui permet d'avoir parfois deux niveaux musicaux, jouant avec la mélodie, à travers de riffs soignés. Il y a une tonalité particulière, qui offre elle aussi une variation dans les sonorités, permettant de jouer sur une idée de clair - obscure au sein de la musique. La musicalité est bien présente, tout en suivant les codes du style, en adoptant, à travers le coté assez rapide et ce sens de la mélodie, un aspect épique qui fait son effet (et rend la chose très accrocheuse).
Comme je le disais, c'est globalement rapide mais il y a des niveaux intermédiaires qui existent, notamment avec les lignes de guitares qui peuvent être radicalement différentes dans leur timbre, leur tonalité et même les sonorités. Cela introduit une notion intéressante avec un jeu sur la rythmique rapide et le décalage ou l'approche diversifiée qui peut exister au sein d'un même titre, glissant des atmosphères parfois plus feutrées et permettant d'amener des instants de sérénité, avec des moments suspendus. Cela glisse du contraste au sein des titres, nous amenant quelque chose d'un peu différent qui va jouer sur la rythmique.

Car, comme je le disais, la trame offre un rythme rapide, avec des structures de batterie régulières et revenant régulièrement. Cela pourrait avoir un effet redondant mais ce n'est pas le cas, du fait du contraste évoqué au-dessus qui permet à A.S.H. d'apporter des changements rythmiques ici et là. Tout en gardant l'esthétisme et l'identité d'un black mélodique qui vise l'efficacité et un esthétisme marqué, appuyant en partie le nom du projet et celui de l'album. D'autant que les titres ne respirent pas trop la joie de vivre et vont amener une poésie plutôt sombre, créant un lien avec l'esthétisme du projet ('souvenirs sans avenir, 'Devant mes yeux meurt le cosmos'...), portant des textes mis en valeur par la construction mélodique et cet appuie épique, qui rend l'ensemble très accrocheur. On a envie de connaître le titre suivant, porté par la musicalité assez inattendue. C'est efficace et intelligent, avec un appuie émotionnel indéniable, engendrant quelque chose de plus grand, chargé de magnificence. On en revient à l'esthétisme qui se développe dès le début de l'album.

L'album, malgré sa durée plutôt longue, n'a rien d'ennuyeux, pas un seul instant. Du fait de sa construction, de la mise en place au sein des titres et de quelque chose de plus impalpable, venant aussi bien de notre ressenti que d'une certaine nostalgie qui transpire à travers certains riffs sublimes, où des trémolos viennent nous toucher l'âme. C'est un esthétisme sombre mais classieux, offrant un mélange entre retenue et un relâchement total. Il y a énormément de subtilité, même au sein des moments les plus directs et agressifs. On sent qu'il y a de la réflexion dans l'écriture des titres, avec un travail appuyé sur certains passages plus éloignés du black, tel qu'on l'entend. Il se dessine autre chose mais qui veille à garder le point de contact et la cohérence avec l'ensemble.

Le chant est un chant black très typé, en français. Il est parfois plus plaintif et il y a une évolution au sein de celui-ci, sortant par moments des sentiers battus, notamment lors de certains passages plus posés ou en retenus. on n'a pas un chant restant immuable, des subtilités apparaissant ici et là. Mais sans que l'on ait le moindre doute sur la nature du chant. Le timbre de voix est assez particulier, apportant beaucoup à l'identité du projet. En choppant des infos, on a la participation de Sacrifiss, en second chanteur (si j'ai bien compris ce que j'ai lu).
Le son est excellent. L'empreinte du black est bien là, avec un son caractéristique, aux tonalités plutôt sombres. Il y a un jeu de sonorités, s'appuyant sur les différents jeux de guitares, créant des strates particulières, servant de terreau aux aspects plus directs. L'aspect épique vient en partie des sonorités (et des constructions des titres). Si on tend légèrement l'oreille, on peut entendre la basse, distillant une étrange mélancolie, en lien avec certains riffs de guitares. La batterie est un peu en retarit, mettant en avant certains éléments plus essentiels. Les chants sont bien audibles, à peine un peu d'attention. On comprend les textes facilement (d'autant si tu écoutes l'album sur un système de qualité).

Obscurité est une découverte pour moi, une petite pépite à savourer. Un de ces albums inattendu qui rejoindra, à un moment ou un moment, ma collection (parce que c'est mieux que du dématérialisé). Soyez curieux, c'est excellent et ça vaut le détour.

© Margoth PDF

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