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Midnight fire

Warahran

Autoproduction

9 mars 2026 à 15:55:24

Dématérialisé

2025

8 titres pour 31'06

Une petite vidéo:

Warahran est un duo qui nous vient d'Iran, proposant, pour faire simple, un metal extrême plutôt vindicatif. Et qui nous ouvre une petite fenêtre sur une scène pas trop connue (et dans le contexte actuelle, c'est chaud).

Warahran propose quelque chose qui puisse dans le black metal mêlé de heavy black death, avec des incrustations, ici et là, de death et de thrash. Mais le duo ne se borne pas à ça et va proposer, ici et là, des choses plus surprenantes le long des 8 titres de l'album.

Celui commence avec quelque chose qui sonne très heavy black, posant une étrange identité rapidement recouverte par leur approche du black metal se focalisant sur deux pôles: la rapidité et un côté expérimental, avec des sonorités et des approches très singulières. On va retrouver cette identité sur chaque titre, posant des structures revenant pas mal mais avec l'idée de la variation, jouant sur une notion touchant plus à la perception que l'on a de la musique.
Au premier abord, on se dit que oui, c'est un groupe iranien, semblant assez conventionnel dans le genre (en mettant de côté le contexte musical et culturel). Les titres défilent ainsi, ni fantastiques, ni mauvais, dans une sorte de continuité logique. La première écoute laisse un peu sur la faim, de celle où tu te dis que tu vas récouter, histoire de voir si tu n'as pas loupé un truc, à cause de quelques étrangetés, comme cette ligne de basse blues / funk sur le début de 'Forced to hate'. Et c'est là que le duo referme son piège sur nous, dévoilant en réalité une approche redoutable et qui fait que l'on prête plus attention à l'ensemble qui s'avère nettement plus dense que ce que la première écoute laissait entendre.

On a cette base black / heavy black death, assez fluctuante selon les titres, amenant des structures solides et variées, parfois jouant sur la répétition (ayant pour but de te glisser alors un plan ou une structure complètement folle ou atypique, offrant une juxtaposition de deux approches structurelles qui s'entre-mêlent. Et c'est dans cette sorte d'imbroglio contrôlé qu'émerge une des forces du duo. Car il associe cette singularité à une violence certaine et un part de noirceur plutôt retors, qui exhale une atmosphère particulière offrant un contraste entre les rythmiques et les riffs, ainsi que les ambiances qui s'en extraient.
Le duo intègre de manière discrète des éléments moins conventionnels que les styles de bases de leur musique, ouvrant la voie à une sorte de jeu créant du contraste et une certaine continuité, quand il n'y a pas de renvois d'autres titres.
Le black domine, avec un côté agressif, assez acerbe, ouvrant une sorte d'attirance / répulsion avec le death où celui-ci va être marqué dans des vocaux ou certains moments dans les titres, là où le groupe va offrir quelque chose d'assez malsain. On est loin de ce à quoi on est habitué, le duo déployant quelque chose qui vient de leur culture, apportant un angle particulier sur certains aspects. Le death qui se mêle au tout se rapprochent d'un hybride entre un death morbide et un death occulte.

Avec ça, le duo ouvre aussi la porte à des mélodies, aussi bien dans les riffs de guitares que dans le jeu de la basse. Notez qu'il y a un jeu de sonorités avec les guitares, permettant de faire le lien entre les deux dominantes musicales. Mais l'approche mélodique n'est pas là pour être esthétique mais bien pour marquer les atmosphères et mettre en valeur l'aspect malsain qui s'exhale de l'album. Ce n'est pas un hasard mais clairement une réflexion sur cette approche.
Et cela permet de faire ressortir quelques titres, que ce soit par des éléments musicaux très nets, découpés dans la masse ('Hills of corpses') ou qui sont là pour se graver dans l'esprit, jouant sur le contraste (le solo lent et sublime dans 'Rise together') ou être proche d'un hymne avec un riff redoutable, associé à une rythmique particulière ('Betrayer' reste en tête, une efficacité redoutable du fait du thème revenant).

Alors oui, la première écoute, on se dit que c'est pas mal. Mais au fur et à mesure d'autres écoutes, la richesse apparaît vraiment et prend au tripes, nous amenant enfin dans leur univers, avec approche particulière, basées sur des structures et des rythmiques navigant à travers les styles, auxquels des incursions brèves d'autres sphères viennent offrir une hérarchisation.

Le chant est très particulier. Ario possède un timbre particulier où le chant black est assez éraillé, créant une atmosphère propre avec ce chant. Il navigue dans un registre black / heavy black et va faire des incursions très solides ici et là dans un death marqué, avec un chant guttural très contrastant avec l'autre base. Il y a quelque chose qui essaime dans son chant, titillant la curiosité.
Le son est correct, assez particulier dans son approche de sonorités où un contraste existe. Il manque un peu de puissance à mon goût mais s'avère particulier, avec un grain un peu sale sans pour autant faire dans la facilité d'un son raw. Ce son est particulier, mettant en valeur la basse mais aussi les guitares, avec des niveaux de textures et de sonorités différents, nourrissant les différents aspects de la musique. La batterie a aussi des éléments plus mis en valeur, selon les titres, participant vraiment à l'idée d'une entité musicale. Quelques arrangements sont présents, sans fioritures autres. Le chant est bien audible, jouant avec les tonalités des spectres qu'il explore.

Si tu es comme moi (mon but est d'avoir au moins un groupe ou projet metal de chaque pays (l'Afrique est le continent le plus compliqué alors que ça fourmille de formations)), un peu curieux et en recherche d'un certain exotisme, Warahran est un groupe à découvrir absolument (le groupe a mis son album sur youtube), plus dense qu'il n'y paraît.

© Margoth PDF

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