

MARGOTH 5
PDF5
Khaos mortem
SACCAGE
Music Records
26 juillet 2020 à 13:17:05
Digital
2020
11 titres Durée : 29’29’’
Une petite vidéo:
Saccage est un groupe canadien du Québec formé en 2007 dont ceci est la réédition du second album (initialement en 2019) et permet à nos délicates oreilles de découvrir le groupe.
Et à l’écoute, le nom du groupe n’est pas usurpé, pouvant avec leur musique ravager des zones entières de la forêt glacée canadienne ou toute bonne location Airbnb, dans les règles de l’art et de la démolition.
Le groupe évolue dans un blackned brutal death qui n’est pas là pour la déconne. L’aspect brutal death saute directement aux oreilles, sans le moindre doute possible. Les rythmiques sont dignes d’une charges héroïques d’éléphants sous amphétamines dans un Ephad couplé à une garderie. Autant dire que les 4 gaillards ne sont pas là pour attendrir l’ambiance. Et ici, point de passage lent, pour amener une plage de calme avant un déferlement de violence. Ce sont des bonhommes ici, de vrais bûcherons psychopathes : ce ne sera que de la violence.
A l’exception de 3 titres qui atteignent ou dépassent les 3 minutes (le plus long atteint miraculeusement les 3’46’’), les autres font dans l’expéditif, sans temps mort mais sans empêcher le groupe de parfois ‘ralentir’ (oui, c’est entre guillemets car c’est tout relatif) un peu pour installer une sorte de break rapide pour te détacher la tête du reste de ton corps ou une ambiance assez glauque, dans le contexte de défourraillage en règle. L’essentiel est dans une ligne de brutalité sans faille, montrant clairement un savoir faire qui fait plaisir à entendre et une grosse envie de retourner le monde.
Le coté black ressort plus dans la teinte de l’album, très sombre et assez malsain (en plus des paroles et des thèmes que le chanteur nous éructe (j’y reviens un peu plus loin)) mais aussi dans quelque chose qui est plus dans le ressenti, du genre un malaise insidieux, super efficace. On le ressent parfois dans le chant (dégageant vraiment par moment une sensation de possession), dans la lignée de ce que le groupe propose en musique.
Forcément, les deux styles, sous cet angle et ensemble, font très mal. Et ne sont pas là pour faire calmer une éventuelle émeute mais plutôt la transformer en guerre civile.
Le chant est en français, très agressif et assez particulier, jouant sur les deux styles simultanément, associé à un timbre de voix rocailleux. Imaginer Reno de Lofofora (époque de ‘l’Oeuf’) qui se serait mis alors au death… et vous avez plus ou moins le résultat en tête.
Les 11 titres passent tous seuls, sans que l’on se rende compte que, pris dans la tempête, l’album est déjà passé. Et on ne résiste pas du coup à en reprendre une seconde couche, plaisir coupable sympa quand même ! Le son est excellent, très puissant et sans faille, histoire de bien en profiter !
Le groupe assure de parties virulentes, sans jamais baisser d’intensité, maintenant de bout en bout une tension et une brutalité sans faille, tout en nous livrant sa vision du style et nous démontrant clairement sa technique et son savoir faire. Et de nous donner l’occasion de découvrir un groupe qui fait très mal mais putain, que c’est bon !