

MARGOTH 5
PDF5
Inhuman
Swarmageddon
Autoproduction
25 octobre 2020 à 09:42:41
Dématérialisé
2020
8 titres Durée : 35’35’’
Une petite vidéo:
Nous venant de la riante contrée qu’est la ville de Besançon et formée en 2015 par Marion Volle qui tient le chant, le groupe, après un premier Ep nous propose son premier album.
Bon, au vu du nom, peu de possibilités de choix musicaux possibles : ou on est dans un truc genre true speed metal ou pas du tout. Coup de chance pour moi, pas du tout. Le groupe officie dans un registre death mélodique / progressif, qui cultive un certain particularisme, venant du fait que le projet est fondée par une dame (et qui du coup, offre une vision à la fois plus tranchée et plus subtile).
‘Silence’ (qui sert d’intro car oui, il y a une intro et une outro…) ouvre l’album avec une subtilité à la pelle à neige dans la gueule, préparant un peu le terrain pour la suite. En moins de 3 minutes, il y a une esquisse de ce que sera l’album, avec quelque chose qui allie une certaine finesse et que l’on sent que ça va quand même déboîter mémé dans les orties (les goûts de mémé…) et avec une transition invisible, on enchaîne sans le savoir sur le second titre ‘Of a billion screams’ qui nous dévoile enfin ce que va être l’album. Et on découvre des facettes très opposées les uns aux autres, mais amener clairement avec des transitions efficaces et naturelles, livrant des moments presque transcendant, du fait du contraste entre les faces death énergiques et celles assumant clairement un coté très calme, posé, presque onirique quelque part.
Les titres offrent de grandes variétés de rythme, jouant justement sur le contraste, qui offre une facette de brutalité qui n’est pas là pour déconner. Les phases agressives ne sont pas nécessairement dans une approche bourrine mais vont aussi dans une palette où cette brutalité est plus modulée, protéiforme mais cohérente. Lorsque le groupe se lâche dans ces moments, l’intensité est très présente, dans une forme violente, alliant efficacité et un coté un peu abrasif. Clairement, le groupe sait ce qu’il veut et nous emmène avec lui aux confins de sa musique qui dévoile alors au détour d’une transition un des aspects primordiaux du groupe.
J’ai insisté sur le fait que c’est Marion qui a fondé le groupe et le coté tranché mais subtile. Et c’est là que l’on arrive sur ce point : les phases death proposés n’auraient clairement pas le même effet si celle-ci n’était pas dans une complémentarité avec une opposition à des passages où le tempo devient très calme, mettant en valeur la mélodie et la voix alors clair de Marion (Bon, il y a un coté complémentarité qui existe aussi très certainement.).
Car si Marion a évidemment un chant death bien rugueux et convaincant, l’idée de moment de chant clair explose les possibilités que le groupe a, tout en nous montrant les capacités vocales de la dame. De plus, Marion amène une dualité de chant sur ses moments plus sereins, servant à la fois de transition et de moyen d’ouvrir d’autres parties de l’univers que le groupe nous dévoile. Et qui au fur et à mesure, donne quelque chose de nettement plus dense et ambitieux, l’album renfermant ce qui ressemble à un fil rouge (d’où l’intro et l’outro). Et on retrouve ainsi une finesse aussi bien dans le chant, avec toute la subtilité qu’il peut y avoir dans le chant clair (parce que le chant death à la finesse d’un parpaing dans un gant de soie) mais aussi au niveau des constructions des titres, alliant beaucoup de subtilités et de mélodies dans les moments dégageant un coté progressif posé, qui, lié au coté death, nous montre une vision différente du death mais très attractive de part la vision féminine.
Techniquement, le groupe n’est pas en reste et il est clair que leur jeu n’est pas approximatif. On sent aussi que le groupe n’est pas composé de manchots, les titres ayant un coté assez épiques et offrant très clairement des ambiances variant d’un titre à l’autre, tout en offrant une globalité qui règne sur ce fil rouge se déployant sur l’album. Il y a quelque chose de très subtile qui ressort à l’écoute, sans que l’on puisse vraiment l’expliquer (on est vraiment dans un coté émotionnel/ressenti). Pouvant passer d’une brutalité intense à une vision presque onirique, le groupe nous livre un univers assez sombre mais qu’il est bien tentant pourtant !
Le son est excellent, très puissant, laissant à chaque élément une place bien présente (coucou la basse) et au chant, au spectre large. Avec ça, on a un album efficace, dense et qui devrait vous portez vers d’autres horizons par moments, sans reniez ou transgresser l’esprit qui règne sur l’album. Excellente découverte !