

MARGOTH 5
PDF5
Incongruous forms of evergrowing rot
Foetorem
Everlasting spew records
18 août 2026 à 17:18:40
Dématérialisé
2026
9 titres pour 40'26''
Une petite vidéo:
Foetorem est un groupe danois formé quelque part autour de 2025 (peut-être 2024?), avec une première démo en 2025 (dont Vincent avait parlé: https://margothpdf.wixsite.com/margothpdf/coin-des-chroniques-1/d%C3%A9mo-2025). Et le voici avec un premier vrai album et de savoir ce que ça donne.
Le groupe nous embarque rapidement dans un univers glauque, sombre et malsain. A base d'un death doom bien sombre, le quatuor nous emporte dès le premier titre dans un univers oppressant, poisseux et très putride, laissant auguré au macabre une place prépondérante. La recette de leur death doom étant particulièrement corsée.
En effet, l'aspect doom est omniprésent, nous écrasant de sa présence, imposant un tempo lourd et des parties écrasantes, nous emmenant dans des abysses de lourdeurs et de noirceurs, ne laissant pas de place à un quelconque moment pour reprendre une gorgée d'air. C'est extrêmement massif par cet aspect, qui ne laisse pas vraiment d'échappatoire à lui seul. Mais Foetorem ne s'arrête pas là et y mélange allégrement un death sombre et macabre, permettant d'apporter à ce doom décadent la violence d'un death sans trop de retenue et un moyen d'obliquer plus nettement l'aspect putride qui s'exhale. Ce death se veut virulent, avec un appui sur des breaks ou des rythmiques complexes. Et c'est là que ça devient vraiment savoureux, dévoilant une approche jouissive, en mêlant les codes des styles et en apportant des structures complexes et contradictoires, dans les rythmiques, les tempos ou certaines structures arborant un aspect plus grotesque (j'en reparle plus loin). Ce qui est certain, c'est que c'est très dense, sans temps mort (marrant pour du death) et avec une efficacité à chaque instant.
Chaque titre offre un aspect différent, du fait de la construction de ses derniers et du jeu consistant à brouiller en partie les codes, s'amusant à déstructurer et recréer des éléments, nous imposant une autre vision au sein de l'approche du groupe. On retrouve des alternances où des fulgurances de death morbide déferlent soudainement après une mise en forme d'une lourdeur abyssale putride, exhalant une atmosphère lourde et délétère, qui peut servir de base. Cela amène des ruptures sans concession et un système rythmique intense et particulier, oscillant entre la lourdeur et la vélocité, apportant de la fulgurance au milieu d'un marasme poisseux, où l'aspect doom est repoussé dans ses retranchements, sans la moindre vergogne, glissant parfois un étrange malaise paradoxalement pas désagréable.
Les titres vont ainsi entremêler les aspects des styles, n'hésitant pas à amener de la dissonances ou des altérations, en logique de la musique mais aussi pour mieux déstabiliser l'auditeur et le prendre à contre sens avec une soudaine déflagration où les codes se mélangent, ajoutant une couche supplémentaire à l'ensemble.
Le groupe va aussi apporter un aspect mélodique au sein des riffs, apportant un étrange contraste avec la lourdeur ou la violence du death (ah oui, je ne l'avais aps spécialement précise, mais leur death envoie sévère, sans fioritures) et leur permet de créer des trames diversifiés et parfois explosant les codes. Comme avoir une lourdeur rythmique très poisseuse, genre doom death agonisant et des riffs rapides, apportant une textures à la musique assez singulière. Ou même l'inverse, à savoir un système de riffs lents et décadents posé sur une rythmique féroce, bousculant les codes établis. il y a vraiment un sens de la mélodie qui est cultivé, apportant un contrepoint inattendu par rapport à l'approche sinistre et poisseuse et distillant une atmosphère diffuse mettant en valeur les aspects les plus sombres, sinistres et retors.
Les rythmiques s'imprègnent violemment dans le cerveau, du fait des patterns parfois très complexes de la batterie, posant des structures foutrement alambiquées où le système peut jouer sur les temps ou donner une étrange impression, avec un tempo ultra volatil, posant une surcouche qui vient s'ajouter à l'ensemble, déjà bien tordu (dans le bon sens, on s'entend). La basse n'est aps en reste avec la rythmique, étant écrasante, abyssale et livrant des riffs parfois très étonnants, explosant les codes et les conventions, tout en restant dans ce mélange death doom bien malsain.
Et c'est là que des structures se font sentir, avec des approches vraiment étranges, jouant sur le grotesque, qui permet de faire un lien avec l'aspect macabre et putride du death doom que le groupe nous égraine avec sagesse et efficacité. Ces structures reposent en même temps sur des rythmiques vraiment chiadées et des riffs dont les codes sont complètement en dehors du cadre, apportant parfois plus que de la rupture, regardant vers une sorte de découpe, qui se retrouve au sein des titres, dans des carcans où la folie du groupe devient très nette et apporte un complément musical qui rend l'ensemble jouissif. Foetorem pote un soin particulier à la structure de ces éléments étranges, jouant sur une notion hors de l'espace, hors du temps, nous enfonçant plus profondément dans un univers putride, disloqué et sinistre.
Le chant est ultra caverneux, renvoyant à l'aspect abyssal, avec un rythme vocal souvent lent (mais ne laissant pas de fulgurances passer ici et là, faut pas déconner non plus). Le chant laisse entendre un timbre très bas, presque glaireux, apportant une identité vocale particulière, apportant l'une des signature du groupe (en plus de son approche musicale).
Le son est excellent, massif, gras et mettant en valeur l'aspect putride et sinistre, macabre. Les guitares apportent des tonalités différentes, certaines servant de contraste à la basse abyssale, bien présente, donnant un aspect poisseux et dégoulinant de lourdeur à l'ensemble. Elle est associé à une batterie bien audible, dont la tonalité est intéressante avec un travail sur les toms et les caisses, offrant là aussi un contraste net avec les cymbales, qui sonnant plus clair et ayant de ce fait un contraste sur les textures (dont le jeu est omniprésent, jouant aussi avec les codes). Le chant est audible, avec un placement un peu en retrait, évoquant l'aspect abyssal, sans pour autant le perdre dans la musique.
Foetorem lâche un premier album foutrement dentesque, qui ne laissera aps le fans du genre indifférents. Ce premier album est une raclée et une ouverture sur leur univers oppressant, poisseux mais particulièrement jouissif. Impossible de passer à côté!