

MARGOTH 5
PDF5
In oculis
Gohrgone
Autoproduction
25 octobre 2020 à 09:32:54
Dématérialisé
2020
10 titres Durée : 36’06’’
Une petite vidéo:
Gohrgone est un groupe avec un nom vicieux (je me plante dans l’ordre du h et du r) à écrire formé en 2012 à Paris. Formé de 5 gars plein de fougue, leur thématique tourne autour de la mythologie gréco-romaine, en nous proposant un death black assez énervé (même franchement).
S’ouvrant sur une courte intro bien glauque nous mettant dans l’ambiance (pour le sample) et nous préparant, à peine, à ce qui va suivre.
Et enchaîne le premier vrai titre qui se pose là, comme ça. Et d’entrée de jeu, c’est brutal, avec un rythme soutenu, sachant se moduler (pour le plaisir de bien te niquer le cou). Et il le fait vachement bien, de manière méticuleuse.
Si le coté death black est bien présent, le groupe développe aussi un coté clairement puissant et assez sombre, lui permettant de pouvoir amener des idées qui enrichissent sa musique, déjà assez dense de base (faut pas déconner non plus). Le coté rouleau compresseur avec moteur V16 en ligne ne laisse pas vraiment d’espoir d’en réchapper. Certes, ça va vite, ça blaste mais le groupe module sa musique, amenant des passages cultivant une lourdeur presque poisseuse, collant pleinement à l’univers qui se révèle à nos oreilles. C’est très carré, ne laissant pas de place à d’approximations qui pourraient nous mener vers une perte d’accroche qui serait malheureuse.
Le groupe ne mise pas sur un rythme rapide non stop et amène de nombreuses variations , restant dans une tonalité sombre mais qui cultive un lien sur la durée de l’album, permettant au groupe d’offrir des moments qui vont créer un contraste qui servira finalement à appuyer le coté brut qui se dégage. Car même si le rythme peut devenir plus lent et lourd, il n’en demeure pas moins bien carré.
Je parlais juste au dessus des idées qu’amène le groupe dans sa musique, la densifiant en créant des atmosphères et des ambiances tirant par nos perceptions et nos cultures vers un coté évoquant clairement l’atmosphère qui aurait pu être celle des mythologie, via des arrangements presque arabisant ou du moins plus vers une certaine idée hellénique, à l’image du titre ‘Insanus creatura’, qui amène clairement une autre dimension avec la voix féminine qui s’y ajoute. Chaque idée appuie ce concept de mythologie, s’écartant de nos lieus communs pour nous emmener vers d’autres, appuyant ainsi sur l’atmosphère globale emballant le tout.
Et c’est l’une des forces de l’album, le groupe ayant pu choisir de faire quelque chose de plus simple, certes plus rentre dedans, mais qui, paradoxalement, perdrait de son coté percutant et immersif.
Le son est monstrueux, énorme, renforçant ce coté de puissance, rejoignant celui de la mythologie (ou l’appuyant par une parabole?). C’est un véritable maelstrom de violence parfaitement contrôlée qui vous attend avec cet album.