

MARGOTH 5
PDF5
Eloquent atrocity
Bloody Sadism
Base Record Production
25 octobre 2020 à 09:13:33
Dématérialisé
2019
10 titres Durée 31’35’’
Une petite vidéo:
Alors là, on tient quelque chose de fort. Accroche toi à ton slip/caleçon/culotte/t’en mets pas : ceci est un one man band iranien qui officie dans un registre de brutal death gore extrême. Et en plus, les titres sont denses.
Après une intro dans des toilettes pour une envie pressante, le premier titre arrive, en adoptant un rythme dissonant et lourd pour glisser progressivement vers ce qui ressemble furieusement à correction dans les règles de l’art.
Pooyan, derrière le projet, adopte une approche très gore, alternant des tempos ultra rapides (avec une BàR convaincante) avec d’autres cultivant une lourdeur poisseuse qui nous amène dans des ambiances où le glauque se dispute la paternité avec le malsain. Son death fait mouche, jouant avec les codes, amenant clairement des passages ultra carrés qui contrastent avec d’autres jouant plutôt sur une sorte d’ambiance pas très joyeuse.
Ca bastonne néanmoins sévère, ne laissant pas vraiment de temps mort, car même dans les moments où le rythme devient lourd et lent, la brutalité revêt alors une autre forme, sournoise, qui se complète avec la barbarie des parties rapides. Il y a un petit coté Mortician qui plane, rappelant ce brutal death gore qui existait il y a quelques longues années maintenant mais qui ici aura forniqué avec du slam et du gros gore.
Car le coté gore est omniprésent, que ce soit via le son, bien gras et un peu grumeleux, que par le chant de Pooyan. Et là, on a quelque chose de bien brutal aussi.
Le chant oscille entre deux formes, un bien gore, guttural et glaireux et un autre qui évoque un peu celui de Mortician, dans l’approche. Et les titres ayant des structures assez complexes et folles, cet aspect nous plonge dans un univers sombre mais clairement accrocheur et efficace, avec une approche différente, peut-être par le coté culturel différent existant. Quoiqu’il en soit, il y a des passages permettant de se déboîter la tête quand il n’y a pas une rythmique quelque part entre un death martial et une musique plus axé cirque (dans les parties batteries), offrant quelque chose de détonnant, certes déstabilisant mais qui fonctionne clairement.
La globalité reste quand même dans un fracassage en règle, une grosse rouste bien sévère, offrant un véritable exutoire. Exutoire sur lequel se greffe aussi un coté technique qui ressort parfois, au milieu d’une véritable orgie de brutalité. L’approche est souvent assez extrême, voire même radicale, sans vraiment se soucier de ce qui peut ou non plaire. Pooyan offre quelque chose qui défonce, ni plus ni moins, offert avec le cœur (et qui vaut vraiment le détour et le soutien, au vu du contexte du pays).
Le son est très typé, la guitare sonnant très métallique, agressive et grasse, avec une basse massive, ajoutant une autre dimension à la brutalité du projet qui s’avère sans vraiment de concession. On est vraiment sur une approche extrême différente mais très attractive. Et en plus c’est très bon !
Quoi d’autre à faire que vous inciter à découvrir le projet et le partager avec les aficionados de l’extrême ?