top of page

Dismemberment squad

Corpse hunters

Adipocere records

9 septembre 2026 à 16:55:05

Dématérialisé

2026

10 titres pour 36'23''

Une petite vidéo:

Corpse hunters est un jeune groupe toulonnais formé en 2025, avec des gars de Apogée et un de Catacomb dedans (bon, déjà, tu vois le niveau) et en résumé, ils sont 4 (en ajoutant le gars de Nox Irae, si ça te dit quelque chose). Le groupe a choisi de s'exprimer à travers le brutal death gore old-school.

Bon, il y a des indices d'une probable influence, entre nom, le timbre de voix et certains aspects musicaux purs et durs: Cannibal Corpse. Car il est clair que ça s'entend, vraiment. Mais c'est loin d'être une copie ou tout autre chose dans la même lignée. Ici, on a un groupe qui a son identité de marquée, bien au-delà de l'évocation de Cannibal Corpse.

Le groupe propose en effet des titres directs lui aussi, avec des plans venant du genre, apportant les mécaniques que l'on connait, jouant aussi sur quelques breaks redoutables et des contrastes pas piqués des asticots (c'est plus raccord avec les cadavres), posant une trame connue certes mais où l'efficacité est bien là, avec le rouleau compresseur fou qui dévale une pente sans frein et toi, en bas comme un con, au beau milieu de la trajectoire, immobile, attendant l'impact (ça va piquer). On retrouve vraiment tous les éléments du genre mais avec aussi quelques subtilités venant des groupes d'où viennent les gars, ici et là.
Mais le plus important est un élément quelque peu inattendu, à savoir un côté mélodique qui s'exhale.

Et là, il faut bien cadrer cet aspect: il n'est pas là pour moduler ou adoucir la musique, étant vraiment imbriqué au sein de celle-ci. Il vient plus comme une mise en abime de certains passage ou poser une atmosphère déliquescente au sein des titres, habillant encore plus le côté gore. Mais aussi pour nous ancrer au sein de l'univers du groupe, qui se repose sur les films de zombies et l'atmosphère propre aux films de John Carpenter (tu ne l'as pas vu venir celle-là!). Et c'est là que la sauce prend vraiment (bon, déjà, la base prend bien aussi, ça ajoute une couche supplémentaire) et fait que les titres prennent alors une autre saveur. Et d'essayer de raccrocher certains titres à des films précis, sans que les titres n'usent d'artifices comme des samples. Il y a un appelle à la culture intrinsèquement lié à la musique, le tout avec une approche dans la musicalité qui repose sur celle de Carpenter dans ses films (et leur musique par extension). Si tu connais un peu l'œuvre de l'homme, tu peux avoir une idée de la chose.

Car même si c'est un univers morbide et zombiesque que le groupe déploie, il n'en demeure pas moins qu'il y a, au-delà des atmosphères, une évocation émotionnelle (alors oui, loin des conventions habituelles, très loin, du genre de ta chaise / canapé, cuvette de WC à Mercure). Et c'est là, dans les détails, les arrangements des titres, qu'apparaissent les subtilités, offrant à chaque titre une identité différente tout en gardant une cohérence en matière de style. On peut se foutre sur la gueule ou se jeter dans un mur mais en gardant une ligne directrice. Et c'est vraiment dans les détails que le groupe peaufine son œuvre, expliquant un peu, pour le coup, l'approche mélodique et sa présence, permettant d'engendrer des moments où contrastes et complémentarités fusionnent. C'est là que ça tape fort. Les gars ont un savoir faire qu'ils adaptent de manière efficace, avec une facilité déconcertante. Et te mettent une branlée en même temps, pour faire bonne mesure.

Le chant est un chant guttural, de bout en bout, avec ce timbre de voix à la George Fisher, qui impressionne vraiment car le chanteur ne laisse pas vraiment de temps mort et enchaine un flux constant, assez rapide. Peu de modularité certes mais un chant qui va à l'essentiel, avec de l'efficacité.
Le son est excellent. Très massif, puissant, avec un soin pour chaque instrument, qui apporte une sorte d'entité pour chacun. C'est un son rouleau compresseur, avec une paire batterie - basse (on l'entend en étant un poil attentif, jouant dans le côté lourd et malsain) vénère. La guitare offre une présence intéressante, du fait de ses riffs et de l'aspect mélodique existant, contrastant avec l'aspect brutal, sur un jeu de tonalités qui fait son effet. Sur l'ensemble, le chant est bien audible, ajoutant sa part de sauvagerie et de brutalité.

Corpse hunters nous délivre un premier album foutrement bon (les gars sont loin, très loin, d'être des brêles comme je le suis), qui délivre un brutal death efficace, à l'ancienne, efficace et sans concessions! A découvrir absolument!

© Margoth PDF

  • Facebook Social Icon
bottom of page