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Death to the Rotten

Coming Wolves

Autoproduction

27 avril 2026 à 15:34:33

CD

2026

11 titres pour 54'30''

Une petite vidéo:

Coming wolves est un trio formé en 2019 à Metz. Fort de deux Ep et d'un album, le groupe nous est revenu avec un nouvel album. Et Coming Wolves a grandi (et a évolué avec un nouveau batteur).

Si l'intro de l'album ne laisse pas trop d'indices concernant le chemin pris, rassures toi, le trio sait y faire dès le deuxième titre, avec un son qui marque d'entrée. On y reviendra à la fin. Pour le reste, on retrouve l'identité du trio, sur une base metalcore (auparavant j'y trouvais des relents death ici et là) qui verse plus frontalement vers du metal pur et dur. Mais qui va emprunter aussi bien au death qu'au thrash, ajoutant aussi des éléments diffus venant de contrées plus extrêmes. Ce qui marque aussi d'emblée, c'est le côté sombre qui se déploie, amenant une sorte de polarisation naturelle (qui était déjà présente avant) qui est exploitée complètement. Ce coté sombre prend corps dans le son, les structures et à travers les textes, regardant vraiment vers une parabole sociétale.
Les titres adoptent un aspect plus frontal, jouant avec l'aspect mélodique présent, au travers des codes du metalcore qui restent encore présent mais qui servent à transcender l'aspect plus brut, plus violent et une forme de noirceur qui sied à la meute. C'est une violence construite de manière intelligente, porté par un système de riffs dont seul Allan à le secret, qui se structure autour de la rythmique et du duo basse - batterie, qui offre pour le coup une variété plus marquée mais aussi une approche plus brute, limite raw dans certains aspects, renforçant ainsi le côté violent et sombre. Coming wolves devient vraiment virulent sur certains aspects, suivant une logique évolutive qui se dessine depuis les débuts du groupe (et qui laisse augurer des lives plus intenses), un contraste existant. Contraste que l'on retrouve au sein de l'album mais pas là où tu l'attends, avec les titres.

C'est dans la polarisation que se retrouve ce contraste, entre le coté plus poli du metacore et les déferlantes venant aussi bien du thrash que du death qui arrivent par assauts, ne laissant pas de répit et permettant aussi d'offrir une stratification dans les titres (entre eux et au sein des titres). Cela appuie sur la violence plus nette, exhalant cette noirceur qui imprègne l'album. Et nous livre des moments très intenses, que ce soit d'un point de vue émotionnel ou au niveau de la musique.
Cette polarisation permet de jouer sur cette structuration, créant un système de niveaux d'écoute et de compréhension par la musique ('Black sunrise') jouant avec les codes des genres et posant même des jalons regardant vers des sphères où le contraste va être plus extrême. Et au fur et à mesure de l'album, il y a quelque chose qui ressort nettement: cet album était déjà au sein de l'album et des Ep du groupe, mais de manière diffuse. Car l'album est situé entre deux titres plus spécifiques: 'Audrey' et 'Dimittis me ex inferis' (dont on retrouve des évocations au sein de certains titres).
Et c'est là que ça commence à faire sens, que le trio a une vision pour sa musique. Et cela lui permet ainsi d'exploiter son univers pleinement.
Cela apporte des titres intenses, aux structures marquées, jouant avec les contrastes et d'amener des breaks redoutables, que l'on ne voit pas toujours venir, apportant des instants improbables mais surtout de pouvoir jouer avec l'identité musicale du groupe et d'y imbriquer des choses que l'on n'attend pas, rendant parfois plus floues les pistes explorées mais collant complètement avec l'aspect sombre qui se démarque vraiment (il existait déjà mais de manière plus retenue).

Coming Wolves a mûri et cela s'entend. Il a peaufiné son style, adoptant une approche plus retorse, pour notre plus grand plaisir et adopte des codes peu usuels chez eux, comme mêler l'aspect metalcore avec quelque chose de plus hiphop, tout en gardant le côté impact et cette envie de taper du pied ou de te jeter contre un mur (ou des gens, c'est mieux, ça fait moins mal, surtout en concert). Les structures sont nettement plus profondes, mettant en contraste parfois des schémas différents qui se complètent étonnamment. Mais cela vient bien évidemment des transitions, dont certaines sont assez démentes, induisant un changement de patterns à la batterie ou une polarisation d'un riff vers une autre forme. Ca apporte encore plus d'attraits, d'autant que l'on va retrouver parfois des mosh parts ('Leading lights' fait mal, avec les mosh parts et les transitions).
Les titres semblent aussi suivre un cheminement, semblant nous emmener vers quelque chose de particulier, jouant sur l'intensité au sein des titres (intensité liées aux émotions, aux structures ou aux tempos pouvant être marqués ou contrasté). Parlant des tempos, si le groupe privilégie une certaine rapidité, il y a parfois des moments où va s'installer une lourdeur, apportant du contraste et soulignant la noirceur de l'instant. Cette lourdeur n'est pas omniprésente mais va être distillé avec parcimonie, y donnant un rôle spécifique, apportant une étrange aura supplémentaire.
Tout ça nous emmène à travers un univers particulier, de l'obscurité au sein du jour, à travers un cheminement qui se fait à travers l'album, aussi bien au fil des titres qu'en leur sein. C'est sombre, c'est violent mais il y a autre chose derrière. Ce qui nous emmènent tranquillement au titre fleuve 'In purity you have a name', avec ses 8'30'' où la polarisation est à son extrême, avec une mélodie mise en avant qui contraste avec un aspect brut, faisant basculer l'aspect sombre vers quelque chose qui place une sorte d'espoir mais pas comme on pourrait le croire. Ici, l'espoir découle de la noirceur vers un renouveau que le titre 'Akatsuki' évoque nettement, toujours avec cette approche pourtant sombre et frontalement violente.

Le chant de Jimmy se reconnait largement. Mais il apporte nettement plus de contraste, offrant là aussi une polarisation marquée entre le chant clair et celui saturé, quelque part dans le thrash death. Mais il apporte aussi une approche plus singulière sur certains aspects et nous amène un chant rappé en français sur 'Death to the rotten' et 'Red light', apportant une autre dimension et glissant une amorce qui casserait le quatrième mur. C'est ici que le contraste est le plus net et Jimmy a nettement progressé, sortant de sa zone de confort et prenant vraiment son envol. On retrouve sa marque de fabrique avec ces chœurs spécifiques, contrastant avec plus agressif.
Le son est très massif, puissant, avec une tonalité grasse, avec un accordage assez bas, marquant le côté sombre. On le retrouve dans les riffs de la guitare, tout comme la polarisation et les contrastes évoqués, mettant en place deux niveaux d'écoutes. La basse claque vraiment, omniprésente, associé avec une batterie aux tonalités là aussi assez graves, portant le choix de certains éléments plus clairs (notamment les cymbales). La basse induit une vibration particulière, qui va parfois s'associer avec la guitare, créant un couple particulier à l'efficacité terrible. Ce qui n'empêche pas l'aspect mélodique d'être là, dans des aspects différents. Le chant est largement audible, d'autant qu'il joue sur les codes et a parfois un rôle plus singulier, jouant aussi avec les chœurs.

Coming Wolves est de retour avec un album dense, sombre et intense et ouvertement mâture. C'est plus direct, laissant un côté instinctif présent et jouant avec les codes des genres où la polarisation n'a jamais été aussi marquée. Il a une atmosphère entre 'Audrey' et 'Dimittis me ex inferis' qui laisse largement la palce à l'exploration de leur univers. C'est juste une bombe à écouter (et acheter)!

© Margoth PDF

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