

MARGOTH 5
PDF5
Consume collapse
Filthcult
Autoprod
8 août 2020 à 13:03:28
CD
2020
10 titres Durée: 25’21’’
Une petite vidéo:
Haaaaa, Filthcult, le groupe parisien sûrement le plus taré du moment, dont voici le premier album. Alors si vous êtes du genre à rechercher la finesse, la délicatesse et la volupté de douces mélopées pour emballer une conquête (d’un soir ou d’une vie), c’est mort. Ici place à l’univers de la crasse, du monde des punks à chiens, de la 8.6 chaude, de la cuite et du malsain, dans une certaine débauche. Bienvenu dans un monde complètement pété !!
Filthcult nous offre une musique que l’on pourrait qualifié de noise grind crust teinté de black, avec du sludge. Pour faire simple. Mais avec de la schizophrénie doublé d’une triple dose de folie en bonus.
C’est donc sur une intro tout en malaise que s’ouvre le disque, avec ‘Kompost’ qui annonce très clairement la couleur : ça va être de la barbarie folle en puissance, genre une délicate charge d’une horde d’éléphants sodomites en rut qui n’ont pas eut de relations sexuelles depuis 9 ans et que tu es la seule possibilité pour eux.
Le groupe balance sans répit une brutalité directe, sans concessions mais avec des putains de trouvailles, aussi fine d’un parpaing B160 (spéciale dédicaces aux maçons qui me lisent peut-être). Le tout, avec quelque chose entre le second degrés et une forme engagé et quelques clins d’œil (‘Dieux=Chiens’ ouvre la voie à 2 possibilités de compréhension, si tu connais le groupe Chiens. Sinon, le groupe Chiens existe…).
Le propos n’est pas spécialement à la légèreté ni à la sobriété mais plutôt à une sorte de débauche d’excès, allié à une vision de la modernité qui est à chié. Et pourtant, le groupe sait amené des plages d’une lourdeur implacables, jouant justement sur le coté sludge (bien poisseux et dégueulasse) qu’il maîtrise, enfonçant l’auditeur dans un marasme fétide (avec la horde sur ton dos…). Ceci lui permettant de placer des moments certes plus calmes mais nettement plus sombres, où l’aspect black se fait sentir dans l’esprit (‘Suzera’ est exactement ça). Et d’offrir quelque chose de varié.
Car oui, la violence est l’essence de Filthcult mais celle-ci est variée (et c’est peut-être là que l’on trouve de la subtilité…), en même temps qu’une certaine idée du malaise (‘Eyehateboss’), toujours dans une thématique lié à l’alcool, permettant au groupe d’explorer l’univers qu’il nous dépeint et dont il tient fermement les rennes.
Alors oui, dans la forme et le fond, il y a un coté malsain mais c’est foutrement efficace et contrebalancé par un humour sous-jacent et un aspect culturel (bien si, le titre ‘42°38’10,8’’N 2°45’19,9’’E vous ménera à… la cave Byrrh à Thuir… Le groupe soutient aussi les producteurs…). Mais avec derrière toute ce coté brutal et barbare un certain coté épicurien et une bonne humeur… Tout n’est pas si sombre chez Filthcult ! Même si il est vrai que c’est la barbarie qui domine.
Je ne peux que conseiller les amateurs d’extrêmes et de trucs complètement pétés d’aller vite écouter cet album qui défonce.