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Carnival of killers

Macabre

Nuclear Blast

15 décembre 2020 à 14:27:09

CD

2020

16 titres Durée : 40’54’’

Une petite vidéo:

Macabre est un film indonésien d’horreur mais bon, on s’en branle un peu car ici, on évoque le groupe de l’Illinois, formé en 1985, ayant entre autre particularité d’avoir le même line-up depuis ses débuts. Groupe culte du metal extrême, le groupe nous offre un nouvel album, à ajouter à sa discographie assez conséquente. Et du coup, une question brûle sûrement vos lèvres (à moins que ce ne soit un café trop chaud…) : qu’est-ce que donc qu’il donne-t-il (et accessoirement, reprenez les bases du français…) ?
Macabre est Macabre. Le groupe possède une identité musicale propre, un univers unique (peuplé des pires saloperies de l’espèce humaine) et une empreinte musicale inimitable. Donc, répondons simplement à votre question chelou : l’album est excellent.
Pourquoi me demandez-vous (vous n’avez pas un truc à faire au lieu de poser des questions…).
La nostalgie et le modernisme ce cotoient sur cet album. Nostagie car on reconnaît directement que c’est Macabre et modernisme… parce que l’on est en 2020 et que le groupe à toujours amener de petites évolutions dans sa musqiue, via une approche ou le travail sur les ambiances...
Une courte intro nous plonge dans l’univers autour duquel l’album va graviter, à savoir une sorte de foire aux monstres, mais dont les monstres sont plutôt des tueurs de diverses catégories, dans un contexte festif (barbecues, jeux et tout ça mais bien pervers évidemment). Si le groupe nous a livré des albums pouvant s’intéresser à un unique tueurs (Jeffrey Dahmer, John Gacy…bref, que des gens sympathiques de loin !), ici le groupe va nous faire une sorte de trombinoscope bien tordu, le tout non sans un certain sens de l’humour.
Car l’humour est l’une des clés de Macabre, permettant d’aborder frontalement des sujets sensibles. Humour se faisant soit par la musique, soit par l’approche des paroles, qui, même si elle nomme, reste avec un coté décalé dont un niveau de lecture intermédiaire fait perdre le sourire.
On retrouve du Macabre pur jus, mixant à la fois des titres évoquant des mélodies populaires ou des comptines et d’autres reprenant la trame mixant thrash death et un grindcore et toujours avec ce grain de folie qui et propre au groupe. Les titres offrent donc de multiples visages, avec des approches très variées, pouvant nous balader d’un titre très typé genre ‘hé mais c’est un titre connu’ à leur sauce (‘Them dry bones’) à un flirtant avec le style extrême que le groupe maîtrise (et qu’ils ont définit comme du murder metal, ce qui convient bien), à l’image de ‘Now, it’s time to pay’.
On retrouve aussi cette ambiance très particulière des histoires au coin du feu (pas très fun les histoires) par le biais de court morceaux à la guitare sèche, concis (‘Abduction’) ou avec des titres plus élaborés, mais dans cet esprit de liberté qui est aussi une caractéristique du groupe, qui se fout complètement des conventions, sauf les siennes.
Macabre étant Macabre, il ne faut pas vous attendre à des titres qui vont aller au dépotage en règle (je dis ça pour ceux qui ne connaîtraient ce groupe), l’effet bœuf du groupe venant justement de ce juste milieu entre une certaine violence et une certaine insouciance, qui contraste avec des thématiques pas très joyeuses ni à mettre entre toutes les oreilles. Car Macabre, il ne faut pas l’oublier, joue aussi avec le gore, d’une façon très différente, jouant avec le subjectif, apportant un soin particulier à jouer avec ce biais bien plus complexe que de passer par du gore de façon frontale.
L’album nous dessine ainsi un cheminement à travers une foire malsaine, avec ses attractions peu recommandables et cette ambiance entre le coin du feu et celles des foires dont on a à l’esprit la vision américaine, au travers de l’imaginaire collectif. Cela n’empêche pas de trouver des titres pouvant avoir un angle assez brutal, impression renforcée à la fois par les titres plus calmes et aussi aux structures et breaks parsemant les morceaux.
L’ambiance qui se dégage de l’album est très malsaine, mais là aussi dans le sens habituel du terme. On est sur quelque chose de moins palpable car plus abstrait, touchant à la fois le coté enfantin (qui se fait un poil explosé) et cette approche adulte, plus glauque mais qui sied parfaitement à Macabre, faisant partie de son ADN. Celle-ci varie dans l’album, pouvant être plus légère, plus festive (en contraste des thèmes abordés) à quelque chose de foutrement glauque, du genre que tu n’as plus trop envie de sortir la nuit tombée, avec tous ces tueurs dehors...
Le chant est immédiatement identifiable, pouvant passer d’un chant très calme, posé ou encore proche de la comptine à une hystérie absolue, allant faire des incursions vers le death, raclant des éléments plus gore. Il participe aussi à l’ambiance des titres, avec ce coté malsain assumé et une certaine ironie ou un cynisme irrévérencieux. Celui-ci nous emmène avec lui, faire la fête, à sa façon.
Le son est excellent, retrouvant ce son Macabre (qui est le leur depuis bien longtemps et qui fait que dès que tu entends quelques notes, tu sais que c’est Macabre).
Alors oui, résolument, cet album est d’une nostalgie moderne jouissive, un grand carnage festif dans ta ville qui va arriver avec cette foire aux tueurs.

© Margoth PDF

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