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Blood reign

Bleedskin

Autoproduction

2 octobre 2020 à 12:43:20

Dématérialisé

2020

11 titres Durée : 38’45’’

Une petite vidéo:

Bleedskin est un jeune groupe belge qui est déjà passé ici dans le cadre de son premier Ep ‘The rotten one’, en 2018. Après de petits changement dans le personnel et l’envie de nettoyer nos esgourdes, le groupe revient donc avec cette fois un album complet. Et ils tiennent la forme !

Après une introduction malsaine et de celles qui te disent : ‘Hé, ça va être sale et méchant’, jouant sur un coté symphonique qui collerait à un film d’épouvante (j’hésite en un film de la Hammer ou de l’age d’or du film de zombie italien…), te plongeant dans une certaine circonspection angoissante, l’album démarre brutalement avec ‘Eternal hatred’, titre qui a son clip et qui a servie de trailer à l’album. Et là, ça part dans le sérieux, finie la rigolade, place à l’artillerie. Avec ce titre, on a déjà une idée de se que l’on va trouver sur l’album.
Si l’Ep oscillait sur le fil entre death et brutal death, cette fois un choix a été fait. Ce sera donc un voyage orienté brutal death, manière frontale, avec un petit relent lorgnant du coté du début des années 90, en plus subtile.

L’album est fait pour en découdre, façon grosse machine de guerre. Tout est fait pour broyer toute forme de résistance, même la plus défensive. Le groupe impose un rythme vraiment très soutenu, ne faisant pas dans la demi-mesure. Ca va vite, c’est brutal et même presque viscéral.

Les titres restent dans une ligne brutal death, non sans avoir ici et là une petite ligne mélodique soudaine, venant non pas en opposition mais en complément de la brutalité régnant sur l’album, jouant sur le contraste mais restant dans l’esprit qui est gravé dans la musique. Et cette brutalité est accompagnée de nombreuses ides disséminées le long des titres que renferment l’album, leur donnant un cachet unique et offrant à certains un coté presque jouissif.
‘Schizophrenia’ est un bon exemple, avec son riff, collant à la fois au titre et se gravant instantanément dans ton cervelle (sûrement au scalpel laser…). Le morceau est indéniablement axé brutal death mais avec un coté malsain qui se dégage justement grâce à ce riff qui revient comme une rengaine répétée d’un cycle d’un schizophrène. Efficace et direct !

Le groupe choisit clairement la voie de la rapidité, doublée d’une brutalité sans faille. Mais le groupe ne joue pas totalement la carte de la vitesse et module sa brutalité de façon ponctuelle, amenant intelligemment de soudains breaks qui viennent bien te niquer les cervicales (bande de vicieux va!!!), ouvrant de courtes phases bien lourdes pour mieux te détacher la tête du reste du corps.
Ces breaks ne sont pas là juste pour faire le contrepoint et amplifié la violence par contraste mais offrent aussi un moyen de structurer des morceaux pouvant être rapides (mais jamais courts ou chiants). Il nous offre ainsi des moments plus lourds qui servent à appuyer le reste, nettement plus rapide.

La brutalité que nous offre Bleedskin est aussi protéiforme. Car elle ne se focalise pas que sur des rythmes rapides ou des riffs décapants (plus fort que du V33 bois) mais joue aussi sur les structures, parfois très découpées ou des ambiances, certes diffuses, mais qui ont la faculté de se fondre dans l’ensemble, apportant leur touche. On a pas pas de délicatesse façon caresse mais plutôt à grands coups de merlin de 10 kg (si vous ne savez pas ce que c’est, demandez à google).

Le groupe nous cache aussi des petits clins d’œil ici et là, que ce soit par les paroles ou dans la musique. Et l’un de ses hommages est évoqué par ‘The dead sale’, qui rappellera sans conteste Cannibale Corpse mais aussi qui fait le lien subtile avec le début des années 90 (et là, c’est quelque chose de plus globale sur l’album, ne nous mélangeons pas les baguettes…). Si ce titre est clairement une référence, les autres se voient être nettement plus discrètes mais pourtant bien présentes.
Cet aspect années 90 est discret mais participe clairement à l’ambiance globale que dégage l’album, offrant une transition entre deux périodes éloignées temporellement mais réunies dans une même œuvre bien que cette fois, le brutal death prenne le pas quand même, pour notre plus grand bonheur auditif.

On ne peut ne pas évoquer les vocaux. Car ici, ils sont un des éléments essentiels de l’identité du groupe. Le chant, tenu par une dame, Anouk, envoie clairement le pâté. Ne voyer pas un chant à la Arch Ennemy mais plus du coté de chanteuse comme Goth ou Rachel Heyzer, à savoir un chant bien guttural, avec la finesse d’un hachoir industriel dans la gueule. Son chant est profond, bien agressif, ne quittant jamais la voie sainte de la veine brutal death. Elle participe clairement à la virulence et à l’identité de la musique du groupe, avec un sacré potentiel assez impressionnant ! Elle n’est pas là pour faire de la figuration, très clairement ! Anouk assure franchement, foutant une sacrée claque vocalement.

Le son de l’album est juste au top. Si il est forcément propre et puissant, on a le bonheur d’entendre toutes les subtilités et les instruments, notamment la basse, bien présente, qui apporte sa pesanteur, à travers un coté percutant. Aucun des musiciens n’est d’ailleurs manchots (ce qui serait cocasse et balèze en même temps…) et le niveau technique est bien présent. Le groupe n’a pas à rougir de comparaisons.

Avec cet album, Bleedskin montre que le premier Ep n’était qu’un échauffement et montre son gros potentiel. Il marque aussi sa présence au sein de la scène et qu’il est bien à sa place, méritée et qu’il va falloir compter avec lui, le groupe cultivant son identité et sa cohésion.

© Margoth PDF

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