

MARGOTH 5
PDF5
Arkhipov
DRAGUNOV
Autoprod
24 juin 2020 à 10:27:28
Digital
2020
7 titres Durée: 44’29’’
Une petite vidéo:
Dragunov est un duo parisien faisant plutôt dans l’original. Attention, accroche toi bien à ton slip (ou ta culotte, pas de jugement ici), les deux garçons compilent les étrangetés : c’est du post metal (avec juste une guitare et une batterie) un peu à part autour d’un concept sur l’union soviétique, incluant une identité visuelle et c’est exclusivement instrumental. Et ça, ce n’est encore rien. J’ai déjà tenté d’écouter des groupes instrumentaux. Et ce qui me bloque généralement, c’est l’absence de vocaux. Et donc, quand c’est de mon fait que j’écoute, je n’en parle pas. Là, c’est le groupe qui m’a contacté. Et à l’écoute du titre qu’il m’a proposé pour m’appâter, c’était foutrement intéressant. Ce qui donne donc cette chronique sur leur album. Alors, tout d’abord, comme déjà dit, c’est de l’instrumental. Mais on fait très vite abstraction de l’absence de vocaux car le duo compense largement cette absence via des samples, les structures des morceaux et une sorte de dialogue qui se fait entre la batterie et la guitare. Et juste ça déjà, c’est quelque chose à signaler car ça le fait franchement. Le groupe propose quelque chose de très immersif, chargé d’ambiances, qui nous évoquent vraiment cette vision du soviétisme, à la fois froid, dépouillé et chargé de mystères. ‘Horizontal’ ouvre les hostilités et pose les bases de l’univers qui sera le notre durant la totalité de l’album. Il nous plonge dans une ambiance de sous-marin, en amenant progressivement la mécanique musicale, au milieu de samples qui nous plonge dans leur vision. Ce titre a différents aspects que l’on va retrouver ailleurs, de façon plus fouillés mais déjà, il y a un coté dansant sous-jacent et le duo nous montre qu’ils maîtrisent les rythmiques, éléments clés de leur musique. Essaie de ne pas suivre quand le titre commence à monter en puissance vers les 3’30’’. Mais cela ne s’arrête pas là. Car le concept du groupe est aussi lié aux titres, qui ont tous un lien direct avec la puissance de l’Union soviétique, dans son aspect militaire et technologique, notamment nucléaire. Mais aussi en comme puissance scientifique (‘Keldysh’). Le duo nous invite ainsi à nous plonger dans une quête d’infos, qui nous permettent de comprendre les titres. Et de voir la cohérence. Bordel, ils ont inventé le concept d’album culturel interactif !! Et les titres nous emmène ainsi dans une visite de cet univers, avec là aussi une montée en puissance, du point de vue technologique, le dernier titre faisant référence à la puissance spatiale. Mais aussi à des choses plus sombres, comme ‘Kolesnikov’s letter’ , référence à la catastrophe du Koursk. Musicalement, c’est vraiment bien foutu. C’est garanti sans le moindre ennui, du fait des nombreuses variations que le groupe développe, aux seins d’ambiances immersives, déployant parfois un coté qui tire sur un aspect doom industriel. Le groupe peut déployer des aspects pouvant avoir un certain coté positif et d’autres franchement sombres. C’est souvent assez massif, avec un impact important. Quelque soit le tempo. Car le duo peut passé d’un passage relativement calme à des passages offrant un certain coté épique ou plus brutale. Même si c’est instrumentale, je trouve qu’il y a clairement un coté cérébral dans ce que le duo propose. Liant quelque chose de concret à un concept abstrait, en utilisant des codes, en jouant et s’en jouant, nous offrant vraiment une approche qui fait réagir le cerveau. On est pas dans un concept basique, loin de là. Très loin même. Le duo distille des passages qui sont à la frontière de styles, mais liant la musique au contexte qui s’évoque via le titre, pouvant aller titiller des moments presque oniriques (‘Spas mir’ s’y rapporte bien). Car mine de rien, ça va toucher les émotions tout ça, de façon subtile mais diablement efficace. Et le tout, sans paroles, offrant un sacré tour de force ! Le son est massif, excellent. Les samples ont une mise en avant au besoin ou en toile de fond, entretenant la cohérence de l’ensemble. L’album est une tuerie, à écouter absolument ! En tous cas, c’est une sacré découverte et un groupe à découvrir !