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Anteroom

FauxX

M&O Music

24 mars 2026 à 16:28:35

CD digipack

2025

9 titres pour 48'19''

Une petite vidéo:

FauxX est un duo de metal industriel qui nous apporte son deuxième album. Groupe qui m'est inconnu et que je découvre ici, en votre compagnie.

D'entrée de jeu, il faut oublier ce que l'on sait ou connait en terme de metal industriel (bon, en ce qui me concerne, j'ai des albums de groupes qui sont bien à part), le duo proposant une approche quelque peu atypique. Les deux gars proposent une construction singulière dans le fond et la forme: une batterie organique, des claviers étranges, synthétiques, froids voire cliniques et une voix métallique (assez particulière, on reviendra sur ça nettement plus loin) et un son qui rejoint la vision du duo sur sa musique. La guitare ne se présente que sur deux stitres, 'Demiurge data' et 'Latch on' (on en parlera plus loin).
FauxX nous invite dans un voyage malsain, parfois désincarné, où la part d'humanité s'évapore à travers de titres où la rythmique est souvent martiale, parfois plus déstructurée, faisant un lien entre le malaise et l'atmosphère sombre qui s'exhale des titres. Le duo décide de nous enfermer dans un univers sombre et même glauque où, tu si as un peu d'espoir, tu peux te le carrer au cul. Il ne laisse rien passer, amenant quelque chose d'assez compact, apportant une forme de violence larvaire, parfois latente, qu'il adjoint à ce malaise palpable que le groupe crée. On est loin d'une promenade de santé ou de l'approche plus conventionnelle du metal industriel, rejoignant un petit groupe de groupes plus retors (ce qui me fait penser que je dois aussi vous parler Pincer consortium dans une autre chronique et qui attend), avec un point de vue divergent dans le style.

Les titres cultivent un impact, à travers cette rythmique à la fois martial et déshumanisée, apportant un étrange contraste avec une batterie organique et des claviers lancinants, parfois répétitifs, qui ajoute un élément de plus dans la recette de l'étrangeté que cultive FauxX. Et cela amène une construction des titres qui est dense, varié dans son étrangeté tout en gardant en ligne de mire l'aspect malsain et désincarné, mettant l'humanité au ban de l'existence.
Le groupe ne recourt pas aux guitares et amène donc une structuration reposant sur la batterie et des claviers, aux différentes sonorités et tessitures, leur donnant la place de la guitare et de la basse. Cela leur confère une puissante inattendue mais aussi un rôle atypique, créant une entité presque autonome parfois, fusionnant alors avec le chant. Et confère une aura particulière aux titres où il existe un côté épique teinté de bizarrerie qui apparait parfois, servant à transcender un passage ou une atmosphère particulière.
Car l'album regorge d'ambiances et d'atmosphères singulières, repoussant à chaque fois notre acceptation à ce que ça aille plus loin, plus profondément dans ce mélange entre un cauchemar et un univers déliquescent où l'homme à clairement perdu sa place.
Et c'est un sentiment qui prend corps au fil des titres où le tempo nécessairement rapide, adoptant plus une approche lourde, poisseuse, mettant en valeur les claviers et l'agencement des rythmiques et des patterns de la batterie, jouant parfois sur le fil du rasoir entre l'envie d'en découdre et de rester dans cette ligne où l'atonie latente existant ici et là devient une obsession qui se confronte à la dureté du fond, à cette approche froide, mécanique, déshumanisé. Et l'album semble suivre une voie encombré de méandres, traversant un univers poisseux où semble poindre une progression, une cheminement logique. Et c'est là, à la fin du premier tiers de l'album que le premier titre avec une guitare apparait ('Latch on'). Un titre en continuité des autres où la guitare offre une tonalité à la fois singulière et ressemblante aux claviers, brouillant encore plus les repères que tu avais peut-être gardé de côté, au cas où. Car la guitare est totalement altérée, abrasive, avec une tonalité particulière pour se coupler au clavier. Et n'est qu'un préquel de ce qui arrive avec 'Demiurge data', le second titre avec la guitare.
Ce titre apporte une approche différente avec la guitare, plus dans sa nature mais en gardant le côté altéré, presque répulsif de ce que l'on attend du rôle d'une guitare habituellement. Mais il y a aussi une approche lui conférent vraiment la mise en abîme de notre perception du metal industriel, mettant en avant de manière distincte et nette, le côté industriel, dans ce qu'il a de plus froid et malsain, glissant discrètement l'ensemble vers quelque chose qui serait plus dans une veine bruitiste sur certains aspects, éloignant de fait fondamentalement FauxX du metal industriel conventionnel.
Et c'est là que le duo referme son piège, avec cette ligne floue entre le metal industriel, musique industriel pure et dure et ce côté bruitiste qui s'exhale et se développe, nous emmenant aux confins des genres, laissant le groupe nous ouvrir les portes d'un univers tourmenté et assez innovant, repoussant plus loin les codes établis.

Le chant est singulier, à la fois humain de part sa nature et pourtant étonnamment froid et synthétique, traversé d'effets qui amène l'idée de désincarnation et une notion de déshumanisme. Cela apporte une profondeur et une logique à l'album, tout en servant de guide dans la poix qui nous enveloppe. Le chant vient parfois comme une autre entité, associée à celle des claviers. La boucle est bouclée sur ce point.
Le son est particulier, altéré, grumeleux, jouant avec la notion d'indus et de bruitisme. Il n'en demeure pas moins accrocheur, riche, dense, chargé de subtilités et d'effets. Les deux titres portant des guitares font le choix de l'altération de ces dernières, de manière intelligente et logique, dévoilant un aspect de réflexion bien présent. Le chant joue la carte entre être bien présent et être parfois une sorte de continuité de l'aspect industriel, comme une extension malsaine d'une entité inhumaine. La batterie est bien présente, du fait de sa nature organique, très percutante, servant de contraste avec l'indus (la batterie étant une batterie classique). Le son porte aussi la marque d'un esthétisme sonore particulier, participant à notre immersion.

Anteroom est un album qui me fait découvrir un duo atypique cultivant le malsain et ayant une approche singulière du metal industriel. Qui est ici vraiment dans les confins du genre, à la limite du bruitisme. C'est une excellente découverte car l'album est dense, riche et construit intelligemment. A découvrir!

© Margoth PDF

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