

MARGOTH 5
PDF5
Antegnosis
Occulsed
Everlasting spew records
3 juin 2026 à 15:10:27
Dématérialisé
2025
9 titres pour 28'04''
Une petite vidéo:
Occulsed est un trio américain (dont chaque membre est dans un nombre de groupes oscillant entre quelques uns à plus de trente) formé en 2018, navigant dans le death, orienté plutôt morbide ou macabre. Cet album est leur second opus après 'Crepitation of Phlegethon' en 2021.
L'album commence gaiement dans le morbide et le macabre avec une approche low-fi au début du premier titre, plaçant un contraste sévère dès la 35è seconde (c'est précis, hein!). Et nous embarque donc dans un death poisseux, macabre où la lourdeur se partage avec des fulgurances, hissant le contraste au rang d'art. Le groupe pose un death qui alterne la vélocité et des enfoncements aux confins des abysses, proposant une véritable expérience immersive dans un univers poisseux et malsain, qui s'avère complètement jouissif.
Le groupe place un système de rythmiques singulier au centre de son approche, allant bien au-delà de la simple alternance fulgurances - lourdeurs. Il installe de cette manière une atmosphère particulière, fangeuse, où la quête d'oxygène peut devenir une nécessité, amenant un côté anxiogène et oppressif, collant complètement à une vision définit du genre.
Cette mécanique ne laisse pas pour autant nos cervicales tranquilles. Car quand le groupe part dans les fulgurances, ça va vraiment très vite, avec des patterns de batterie plus concis où la complexité se fait dans des changements impromptus et dont les transitions, cette fois, n'existe pas. On est face à une entité qui y va directement, dans un sens ou l'autre, sans prendre de pincettes, plaçant l'intensité, quelle soit sa forme, au cœur de la bête. Car l'intensité domine, que ce soit au sein des lourdeurs ou dans les fulgurances, revêtant une forme différente pour mieux te niquer tes chères cervicales qui vont prendre vraiment cher.
Cela se ressent notamment dans les moments les plus lourds où le groupe distille de la dissonances, des contretemps et des choses glissant un malaise (peut-être un jeu avec les microtonalités), ce qui expliquerait un élément rattaché au son de l'album (j'y reviendrais plus loin, dans la section consacrée au son). Ca amplifie de cette manière le côté morbide qui s'exhale des titres, avec cet appui rythmique particulier, jouant à la fois un aspect martial qu'aussi bien complètement débridé, ne laissant pas vraiment de limites s'établir. D'autant que, comme je l'ai évoqué, on passe de la lourdeur aux fulgurances (ou l'inverse) sans prévenir, sans transition, le lien se faisant par des structures imbriquées ou un jeu avec le son ou l'atmosphère du titre (jouant avec l'atmosphère globale, guère plus reluisante).
Le groupe à l'ensemble des éléments dissociatifs au sein de sa musique, apportant une sorte de strates avec la dissonance, les altérations diverses (sonores et structurelles), qu'il associe irrémédiablement à ces moments lourds, poisseux. Les fulgurances ouvrent une sorte de lien ou de ponctuation, laissant entrapercevoir un espoir d'oxygène qui n'est qu'un leurre foutrement vicieux (et jouissif, il faut bien le reconnaitre).
Tout ça n'empêche pas le groupe d'avoir aussi une facette assez inattendu: la mélodie. Car aussi étonnant que ce soit, c'est un aspect qui est omniprésent, au sein des éléments de leur musique. Et c'est intéressant car le groupe l'utilise pour mieux marquer le côté morbide mais aussi tisser une trame qui fait un lien avec les fulgurances et les lourdeurs, apportant une identité forte et caractéristique de leur musique. Car même au sein du flux le plus intense, il y a ce petit détail mélodique qui fait mouche, sans rendre non plus leur death plus accessible. On garde l'empreinte morbide et décadente, de bout en bout.
Le chant est un chant guttural très marqué, se complaisant vraiment dans les aspects les plus lourds, descendant vraiment dans les basses, frôlant les infrabasses. Ce chant est indissociable de la musique et le timbre fait qu'on l'associe invariablement à leur approche. Un chant avec un autre timbre ne fonctionnerait tout simplement pas.
Le son est un son très gras, saturé, s'appuyant sur les basses et les infrabasses. Il a une identité forte, clairement une caractéristique du groupe. On est face à un son massif où l'on retrouve cette idée d'intensité. C'est un rouleau compresseur fait pour nous broyer chaque os (et plusieurs fois je suppose). Là où le son devient très intéressant, c'est le contraste avec la batterie dont certains éléments sont très nets (cymbales, tom, charleston...) et d'autres associés à l'idée de la lourdeur (la grosse caisse et les caisses claires). Le traitement est particulier mais complètement cohérent avec le reste. J'évoquais les microtonalités et j'en suis persuadé qu'il y en a, des éléments contrastant sévèrement entre eux (et participant à l'immersion dans la forme de guerre que propose Occulsed). Le chant est à l'équilibre du système de jeu des basses, suffisamment audible pour être entendu tout en restant ancré dans l'identité sonore saturée et grasse, axée sur les basses. Un peu comme si Mortician jouait accordé un peu plus haut.
Occulsed offre un second album qui est juste une merveille du genre, un assaut en règle qui développe une approche morbide et macabre, autour de la lourdeur et d'un système complexe de rythmiques. La première écoute est celle qui convainc directement, les autres sont là pour t'enfoncer au fond de leur univers malsain. Tu es obligé de découvrir ce groupe si tu es fan de death!