

MARGOTH 5
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Angel rising
Angel Rising
Music Records
7 septembre 2020 à 14:16:48
Dématérialisé
2020
9 titres Durée : 36’08’’
Une petite vidéo:
Angel Rising est un one-man band marseillais formé en 2018, porté par Listenangel, sentant le pastis de Marseille (enfin, c’est une théorie…) et proposant à nos chastes oreilles son premier album. Album qui est assez étonnant, de mon point de vue. Bon déjà, le gars officie dans le death mélodique, ce qui n’est pas un style qui m’interpelle plus que ça (à part des exceptions ici et là et un peu ici aussi) mais bon, il faut bien écouter pour chroniquer. Mais aussi, c’est important, Listenangel est derrière la totalité de la bête (d’où une masse de travail plus importante). Pour simplifier, je parlerais du projet comme un groupe, pour simplifier un poil, notre ami s’étant entouré d’un batteur et d’un chanteur.
D’entrée de jeu, le groupe joue la carte aussi du modernisme / urbain, avec ‘Pull the trigger’ (et qui n’a rien à voir avec le titre de Rot, ce qui est déjà perturbant..) qui pose les bases de ce que sera l’album, globalement. Le coté moderne suintant aussi le long des autres morceaux proposés par nos joyeux ménestrels.
On retrouve donc un death mélodique, avec beaucoup de mélodies (souvent accrocheuses, je dois bien l’admettre, les gars ont un certain sens de l’efficacité), accentuant certaines parties avec une rythmique plus soutenue que sur le reste de l’album. Ce qui nous permet d’avoir des morceaux variés, évitant ainsi l’écueil d’une certaine redondance qui aurait pu poindre le bout de son nez.
La place aux mélodie est clairement imposante mais on découvre très vite que Listenangel n’est pas un bras cassé ou un débutant, car techniquement, il envoie du très lourd (shredding et compagnie) et s’avère être sacrément doué, nom d’une pipe en bois. Et du coup, cet aspect rend déjà l’album un poil différent.
Sur ce coté là, l’aspect death mélodique, c’est assez classique et ça aurait pu me laisser indifférent, honnêtement. Mais voilà : il semble que le groupe se branle un peu de ce qui est habituel. Car l’album fourmille de détails et d’idées très efficaces, permettant au groupe d’injecter différents éléments du death (au hasard, ‘Tears of war’’, avec sa rythmique proche du moshing, une tuerie!), sans être répétitifs et de pouvoir les mêler aux aspects clairement modernes. Tout ça aidé par le jeu de la batterie, mené par un type qui sait de quoi il parle aussi, un certain Kevin Talley. Juste comme ça, ça calme déjà, un batteur de sa trempe (et qui explique ce qui suit).
Il y a un coté dans leur death qui évoque ce qu’il y avait dans les années 90, avec ce coté expérimental, innovateur (mais sans tomber dans le grand n’importe quoi, le groupe sait se maîtriser). Il y a même des riffs qui peuvent évoquer le deathcore, sans tomber dans le deathcore (le début de ‘Ordo ob Chao’) ou d’autres styles, sans les plagier, toujours lié à la sphère death.
Et le groupe va même titiller des atmosphères (aidé par de samples judicieux, renforçant le coté ambiance), offrant une plus grande densité à la musique (déjà bien dense à la base). Il y a besoin de diverses écoutes pour pouvoir apprécier l’ensemble de façon plus sereine.
Tout ça mis bout à bout, au début, comme je le disais, c’est perturbant, étant un peu éloigné de ce qui est plus conventionnel. Mais on s’y fait assez vite, ceci étant semble-t-il dans l’ADN du groupe. Mais ce n’est pas la seule chose qui pourrait être perturbante pour certains.
Le chant est aussi à part. Et putain, qu’il est bien. Déjà, on a deux sphères de chants : un plus clair, plus ponctuel, venant en appui (avec ou sans chœurs) d’un chant death très typé et très caractéristique, qui est propre au groupe, un peu comme le chant atypique que l’on a chez Noïtatalid. Chant qui est modulé en fonction des besoins, y compris dans le mix de l’album, jouant ainsi sur la densité que l’on retrouve dans la musique, y faisant échos.
L’album se clôture sur un instrumental (ça aussi c’est assez curieux), qui a comme ouverture le précédent titre, lui aussi instrumental (‘Ordo ad Chao’) mais qui vaut le détour, pouvant nous focaliser uniquement sur la musique et apprécier la dextérité.
Le son est aussi atypique, adoptant un coté raw, abrasif, que le chant clair va permettre de faire un contraste. Le coté profond qui se dégage permet de mettre en avant la guitare, mais sans étouffer le reste non plus, faut pas déconner.
Honnêtement, je ne m’attendais pas à ça, en écoutant la première fois l’album (du moins au début). Comme je le dis, le groupe amène des choses perturbantes mais c’est clairement bien pensé et l’album s’avère intéressant, recelant de multiples facettes, que les amateurs curieux devraient apprécier.