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Andromeda

March of Scylla

Klonosphère

7 janvier 2026 à 15:36:26

CD digipack

2025

10 titres pour 50 minutes pile poil.

Une petite vidéo:

March of Scylla est un groupe originaire d'Amiens formé en 2020 et constitué de 4 gaillards dans le vent (même les cheveux) pratiquant un post metal progressif (et là, ça va être dense). Auteurs heureux de 2 premiers Ep (« Archives » (2020) et « Dark Myth » (2023)), le groupe a donc sorti un premier album qui nous concerne ici.
Alors, la chronique arrive tard car 2025 fut vraiment compliqué (alors que j'ai pu écouté l'album bien avant la période récente).

Le groupe nous emmène dans un univers entre cosmologie, mythologie et philosophie, à travers un post metal progressif (dans le sens des éléments le constituant, pas dans la durée des titres, quoique certains dépassent les 6 minutes et on reviendra brièvement sur ce point). March of Scylla n'y va pas par quatre chemins et dès 'Ulysses'lies', il nous plonge dans leur univers, avec une musique plutôt sombre, avec une forme de violence qui englobe cet aspect sombre et apporte une forme de modulation dans cette violence (dans le fond et la forme). Cette modulation va d'ailleurs jouer sur les titres. Et cela, le groupe ajoute un élément marquant qui est la mélodie (le sens de la mélodie du groupe est juste monstrueux), celle-ci apparaissant dès le premier titre, sous le prisme d'un élément plutôt progressif jouant avec les guitares, par un riff efficace qui sert de colonne vertébrale au titre et reste omniprésent, en arrière plan, à différents moments. Ce premier pose les bases musicales, ainsi que celles du chant, qui offre une modularité intéressante.

Le groupe va ainsi construire des titres sur cette base mais en amenant beaucoup de variations dans la forme et en partie le fond, car un jeu de styles apparait. Si je met styles au pluriel, c'est que le groupe joue avec des éléments de styles musicaux (assez logique), puisant en partie dans le death et peut-être, sur certains aspects, quelque chose qui prend au doom mais aussi dans le style de construction, d'un jeu de structure parfois assez complexes (comme les niveaux des riffs mais aussi des liens marqués en musique et textes/ chants) et quelque chose qui tient plus avec des figures stylistiques (au sens large).
Cela permet au groupe de nous emmener dès les premières notes dans l'album et leur univers, qui s'avère extrêmement crédible car ayant un gros travail de réflexion derrière. Aussi bien les constructions, le jeu des structures que l'approche sonore, avec des tonalités, des altérations et dissonances discrètes ici et là et une forme de hiérarchisation qui se dessine (et qui esquisse ce qui semble une progression dans les titres).

Le côté post metal saute aux oreilles, respectant les gimmicks du genre (avec ce travail de contraste, le jeu des mélodies et un ressenti émotionnel marqué parfois) mais amenant aussi un angle d'attaque qui varie parfois, brouillant les pistes (et faisant du coup, un clin d'œil à cette histoire de voyage spatial qui se dessine, en passant par différents sujets et domaines). Le groupe enrichit ainsi le style de base, allant même plus loin en jouant parfois avec les codes, nous amenant à appréhender une autre forme, sans pour autant trahir nos repères.

L'album déploie aussi un côté progressif intrinsèquement lié à la vision et l'approche du groupe. Comme je le disais, des titres dépasser les 6 minutes (sans aller plus loin que les 7 minutes), laissant le loisir d'explorer certains passages particuliers nécessaire à l'immersion et au rapport à la musique (du groupe, de la nôtre) avec le sujet ou la thématique. Le groupe en profite alors pour marquer de manière plus nette les polarités que renferme sa musique et révéler ainsi un aspect assez dense, venant de l'autre aspect du progressif. Le groupe ne laisse pourtant pas un seul instant d'ennui poindre ou d'être trop écartelé entre les différents aspects. Ici, le côté progressif n'est pas celui de la mise en abime de longueurs impossible mais bien une forme de biais pour nous faire rentrer dans leur univers et de pouvoir sublimer des aspects émotionnels importants. Car March of Scylla injecte aussi des éléments venant du death et de manière quelque peu inhabituelle car les intégrant complètement dans la trame des titres et même au sein de certaines structures ouvertement post metal.
Et cela amène, au-delà de l'aspect sombre, le moyen d'injecter des choses qui vont fleurer le doom, à travers une lourdeur, un changement de tempo ou même une variation de tonalités (et même à travers des éléments rythmiques et de batterie).
Ce qui me permet ainsi de faire la transition du jeu des rythmiques qui parsèment l'album. C'est quelque chose de dense, très riche, offrant différentes facettes qui dessinent des titres à la grande variété, en même temps que cela va esquisser une trame sur la globalité de l'album. Les rythmiques vont s'appuyer aussi bien sur les codes du post metal que du death et doom mais en prenant aussi le soin d'intégrer des choses différentes, apportant une sorte d'oxygénation dans des titres où l'intensité (rythmique, des tempos ou encore émotionnelle) ne faiblit jamais, quelque soit la forme. Là, sur cet aspect, le fond reste le même, pour un impact plus net.

Le jeu des rythmique est vaste, allant du défouraillage en règle très intense (puisant dans le death) à des passages parfois plus éthérés, faisant un lien avec l'espace (qui est une entité nette ici, du visuel aux titres et textes), passant par des aspects plus martiaux ou même sortant complètement du lot, abordant le sujet sous un autre angle, tout en conservant la sacro sainte cohérence. Il y a vraiment un travail sur l'écriture et le moyen d'imbriquer l'ensemble dans quelque chose de cohérent et logique.

Tout cela est transcendé par le sens de la mélodie. Celle-ci peut se retrouver aussi bien dans des passages très intenses (apportant un contraste et des moments jubilatoires) que dans le jeu des constructions, avec une superposition de mélodies (une majeure, une mineure ou en arrière plan, jouant sur les profondeurs (et on rejoint les profondeurs de l'espace...) ou un travail plus éthéré, plus subtil, jouant la aussi un contraste marqué (car parfois associé à un passage avec une branlée en règle). La mélodie est un élément clé, à la fois lié au côté progressif que post metal mais aussi servant de ligne au concept et de moyen pour nous immerger profondément au sein de la musique. Et peut-être même une autre entité.

L'album aborde différents sujets, au fil des titres, qui trace un chemin vers l'espace. Il y a clairement des références à la mythologie (' Ulysses'lies ', ' Achilles' choice ', 'Myrrha')que nos rapports à la mort, de la philosophie et, forcément, ce lien au cosmos et l'(espace ('To Cassiopeia', 'Cosmogony'). Mais en suivant un cheminement particulier, l'album déployant deux parties où les thématiques évoluent, ainsi qu'en partie des tonalités ('To Cassopeia' étant le point de bascule) mais aussi une modulation de la forme et du fond (sans non plus trahir l'essence de la musique).

Le chant varie beaucoup entre les codes du post metal et du death, s'offrant une belle modularité. Il ne reste pas que sur cet aspect et va effleurer des évocations plus hardcore et offrir un contraste entre le chant saturé et le chant clair (souvent dans des refrains ravageurs). Le chant est vraiment varié, lui aussi réfléchi, pour ne pas perdre en cohérence, ainsi que l'essence de l'album.
Le son est excellent. Très puissant, massif, il offre un travail marqué car le jeu des mélodies à différentes niveaux ne laisse pas le droit à l'erreur. Chaque instrument est audible, incluant la basse. Mentions au traitement de la batterie et son inclusion, du fait des aspects très polarisés qui existe, ouvrant la voix à un jeu de tonalités qui se retrouve aussi parfois avec les autres instruments. Le groupe joue aussi avec l'intensité à travers le son. Le chant est bien présent et à l'équilibre, avec un travail sur ces différents aspects.
Mention au visuel superbe, de ceux qui m'aurait fait acheter l'album les yeux fermés car intrigant et esthétique (esthétisme qui se retrouve dans le musique).

Je découvre le groupe avec cet album. Ce n'est rien de moins qu'une branlée en règle, très dense et riche, offrant une approche un peu moins conventionnelle du post metal. Mais c'est purement jouissif (tu as du le comprendre). Ne passe pas à côté!

© Margoth PDF

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