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Agony in red

Mortuary

Adipocere records / Mortuary production

13 août 2026 à 17:11:32

CD digipack

2025

13 titres pour 51'55''

Une petite vidéo:

Mortuary, normalement, n'est plus un groupe a présenter. Néanmoins, pour ceux et celles du fond, c'est un groupe nancéen de death (plutôt vénère) formé en 1989 fier de 7 démos, 7 albums et 2 Ep. Le groupe s'est dit que ce serait cool de réenregistrer un album et a porter son choix sur 'Agony in red', originalement sorti en 2003. Oui, pas une réédition mais bien un réenregistrement, agrémenté de deux nouveaux titres (et un album qui attendait un peu sa chronique - mes excuses).

Alors, le groupe donne l'occasion d'avoir un album que l'on aurait pu rater à l'époque (pas de sous, trop jeune, pas d'oreilles et moult autres raisons valables) et de pouvoir se le mettre dans les cages à miel.
Forcément, le groupe y va d'emblée à fond. Mortuary, c'est un groupe qui ne connait pas le sens de 'demie mesure' ou celui du mot retenue. C'est un expérience pied au plancher, à travers un death violent oscillant entre brutal death, death sous acide et, quelque part, au fond à gauche, de deathgrind ('Televiolence'). Voilà, si tu ne connais pas le groupe, ça te donne une idée.

L'album s'ouvre sur un précipité de violence, après une courte intro ('Chaosphonia / negative') qui annonce clairement la couleur: ça va aller vite, être direct et brutal, sans concession. Ca adopte un rythme pied au plancher, non sans offrir des ruptures de tons ici et là ou de des breaks bien salopards (de ceux qui te niquent les cervicales), nous offrant une leçon de brutalité en même temps qu'un petit cours d'histoire du death metal. Ici, pas de temps mort mais un savoir faire en matière de tabassage en règle pour une horde de mammouth en rut et sous acides. C'est violent, forcément mais avec quand même des subtilités, dans des constructions particulières où il peut y avoir un soubresaut dans les rythmiques, apportant une sorte de déstructuration qui contraste avec le reste. Et dans ces moments, il apparait que les riffs peuvent avoir de la mélodie discrète efficace (qui s'entend sur les solos, offrant un contraste avec l'aspect massif du death et la vélocité des rythmiques). Il y a même une sorte de culture de l'ultra violence à travers la musique, avec un rythme tout aussi soutenu pour les paroles, pouvant être elles aussi très rapides.

L'ensemble ne laisse pas trop de temps pour respirer, l'album suintant l'urgence vraiment urgente. Mais avec une approche réfléchie, qui ne laisse pas de place à l'improvisation. Il y a un côté urgence mais aussi un aspect instinctif, primaire voire primal qui se détache des titres, permettant de sublimer la violence et d'offrir une approche logique, pragmatique et cohérente. Le tout avec des thématiques où le fun côtoie la correction sévère et crée parfois une atmosphère dérangeante (la fin de 'Calvary', nous plongeant dans un univers dystopique sinistre). L'album fait clairement le taf, avec efficacité et offre une vue sur ce qu'était le groupe à l'époque (en le recoupant avec 'Sublime the decline', grosse branlée aussi en 2023).

L'album offre aussi, issue de la version de 2003, une reprise quelque peu atypique de part le style de base et du groupe (mais l'un des titres les plus efficaces dudit groupe). En effet, les mélomanes avertis reconnaitront 'Dynamite' de Scorpions. Mais en plus intense, avec la hargne du death metal bien vénère (et une modularité du chant intéressante). Ce titre clôturait l'album, sur une note originale, entre hommage et envie de revisiter un titre emblématique.
Mais cette version 2025 propose deux autres titres supplémentaires, tout neufs: 'Chemicals warfare' et 'About to die'. Le premier est le titre le plus long de l'album, pétant les 6 minutes (6'06'' pour les plus pointilleux), adoptant une approche un peu différente, avec une sonorité plus crue, plus live. Le titre est plus dans la lignée de l'album précédent ('Sublime the decline'), avec une structuration plus nette mais aussi cette volubilité dans le death, mêlant les différentes arcanes du genre. C'est intense, furieux et foutrement jouissif (avec ce solo de fou au milieu, sur une rythmique sous acides). Le titre laisse un peu de répit à ce moment pour mieux nous placer une balayette, high kick et pied bouche à la suite (un enchainement de furieux, soit).
'About to die' m'évoque 'About death' de Krabathor (du fait du titre, pas de la musique). Le titre est violent, très concis, mettant en exergue la brutalité, associé à cette tonalité particulière qui n'est aps sans m'évoquer le son tchèque des années 90 dans le death / grind. Ca bastonne, c'est furieux et c'est juste excellent!

Le chant est un chant death (alors il y a trois invités, participant sur certains titres). Un chant caractéristique, qui me renvoie au précédent album mais avec un peu de nostalgie, quand je découvrais le groupe sur des compilation au milieu des années 90.Un chant redoutable, non sans de la variation dans son exécution. Le timbre y fait beaucoup aussi, créant cette identité puissante, je dirais même cette aura.
Le son est excellent. On entend chaque instruments, allant des tonalités différentes des guitares à la basse que l'on entend aussi (un poil en retrait) et les éléments de batterie. Le son porte une identité liée à l'album et son contexte mais avec le regard de maintenant (2025). Les deux derniers titres offrent un son plus cru, plus live, jouant sur les tonalités. C'est plus massif, plus agressif, mettant l'intensité en avant et les éléments de batterie. On est plus sur le son de 'Sublime the decline', en plus cru. Dans les deux cas, on entend bien le chant, si caractéristique, avec une mise en avant un peu plus forte sur les deux derniers titres.

Mortuary nous offre une revisite de leur album de 2003, avec un regard actuel et un son de fou. L'agrément de deux nouveaux titres fait aussi plaisir, faisant un lien entre 2003 et 2025, permettant de sentir l'évolution du groupe et de découvrir ou redécouvrir 'Agony in red'. Quoi qu'il en soit, c'est une branlée en règle, jouissive!

© Margoth PDF

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