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Aberration

Horoh

Crypt of dr Gore

12 mars 2024 à 16:00:39

Dématérialisé

2023

9 titres pour 28'46''

Une petite vidéo:

Horoh est un one man band ayant à son actif un premier Ep en 2021 et qui a la bonne et savoureuse idée de naviguer dans le brutal death. Mais pas n'importe lequel, celui qui est bien poisseux et qui sent pas bon!

Dès les premières notes de 'Gory rampage', le ton est donné: ce sera un brutal death bien craspec car gore et s'appuyant sur l'aspect primitif du genre. Comprend bien que ce n'est pas simple comme approche. On a de la technique, du savoir-faire mais aussi cette volonté d'offrir quelque chose qui fait paraitre le old school pour du moderne. C'est très direct, instinctif et n'y va pas par quatre chemins. Le gars pose un travail évident sur les rythmiques, offrant une base très lourde, poisseuse mais qui pourtant s'avère mauvaise pour les cervicales. Il appuie vraiment sur le côté lourd, massif, associé à des titres qui ne dépasse que peu les 4 minutes (seuls deux titres s'offre cette folie). Non ici, il y a vraiment une importance sur la lourdeur, qui implique un tempo relativement lent, s'offrant quelques variations dans sa lenteur. Ca appuie vraiment une atmosphère morbide qui s'en exhale, déployant un doux fumet de décadence (et surement de chaires putréfiées). L'essentiel est cette rythmique assez folle qui domine le tout.
Mais il n'hésite pas non plus à offrir de soudaines fulgurances qui jaillissent soudainement, ou vaguement précédées d'une transition ramené à son strict minimum, en 1 ou deux mesures et vas-y que je te piétine la gueule avec virulence. Et c'est ça qui est très sympa: ce changement sans fioritures entre le pachyderme pépère qui a soudain un retour d'acides en tout genre et qui se met à courir à 150 km/h. C'est aussi fugace qu'efficace, sans te laisser le moindre espoir de survie.

Ce côté primitif génère à la fois une essence singulière à la musique et construit une atmosphère très ancrée dans le morbide, oscillant entre le death le plus obscur et un qui aurait la volonté d'offrir une expérience délétère tout en finesse (enfin si tu trouves qu'un parpaing c'est fin). Le gars apporte un soin particulier à cette atmosphère, en glissant des éléments techniques mais aussi des choses plus croustillantes, comme des dissonances (offrant parfois un étrange flottement de malaise qui sied complètement à la musique) et qui s'appuie sur les différentes structures dont nous abreuve le gars derrière Horoh.
Car si j'ai évoqué les tempos, les structures sont un mélange complexe entre riffs pouvant être hypnotique, rupture de temps, fulgurances ou avoir l'idée de glisser une notion d'un élément mélodique, comme si un autre riff était derrière le riff de base du titre. D'ailleurs les riffs de bases semblent simples de prime abord. Mais c'est une illusion et avec plusieurs écoutes, il est évident que le gars derrière à une vision particulière de la conception des riffs. Il y place cette notion de malaise qui imbibe le tout, ajoutant une couche à ce côté morbide et primitif.
L'album distille une étrange approche du temps, qui vient amener un fragment de malsain en plus et qui est soit à l'origine de cette atmosphère singulière, soit en découle. Suivant les titres, l'idée est fluctuante, ce qui n'est pas con du tout de mettre une forme d'instabilité de cette manière et qui fait écho aux dissonances. Et tu ne sais pas trop comment l'incarnation de ce brutal death s'imbrique parfois dans le tout, le gars induisant quelque chose de diffus, malsain et bougrement efficace.

Le chant est très guttural, regardant vers des groupes comme Mortician. Il module son chant dans la vitesse de celui-ci, n'offrant aucune variation de timbre. C'est très caverneux, parfois chargé de glaire et ça ajoute à ce côté morbide et primitif.
Le son est excellent car réfléchi à la vision du death qu'à le gars. Un son très épais, gras, sale mais suffisamment net pour entendre les subtilités qu'il nous offre. La basse, très audible, possède un grain très caractéristique, abrasif, qui colle complètement à la musique. Les guitares jouent sur les hauteurs et il y a un travail de jeu sur les profondeurs de celles-ci, sur la musique et les structures. Le choix d'une batterie avec un son plus old school est intéressant car il aime une sorte de contraste qui met le tout en valeur. Le mixe est bon, avec un chant très présent, sans non plus empiété sur la musique.

Horoh est une découverte à faire absolument. Tu vas te prendre une branlée comme jamais, avec cette approche primitive bien morbide et surtout efficace. Un moment où tu peux débrancher ton cerveau et subir avec délice!

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