top of page

A nos morts

PILORI

Autoprod

24 juin 2020 à 10:27:39

Digital

2020

11 titres Durée : 23’57’’

Une petite vidéo:

Pilori est un charmant groupe normand originaire de Rouen qui vient de sortir un premier album, tout en finesse et en subtilité. Du moins si tu aimes la violence structuré et la folie débridée (mais pas non-stop, des fois, c’est bien qu’elle soit un poil contrôlé…). Ici on a un brûlot sulfureux, énervé, intense et qui brassent les registres. Alors définir ce que propose le groupe… Pfffff… C’est pas gagné… On retrouve dans le chaudron du black, du grind, du death et du hardcore, avec des pincées d’autres choses. Sûrement les restes d’origines vikings, sinon comment expliquer ça ? A l’essentiel, les titres sont concis et vont dans le défouraillage en règle. Faut que ça tabasse sec ! Mais attention, ce n’est pas un tabassage stupide, de bons gros hommes des cavernes (déjà de 1, parce que c’est un mythe et de 2, on est au 21è siècle…) : le groupe module ses titres amenant des moments lourds, massifs, distillant des breaks pour te péter la tête (en plus, avec le melting-pot que les gars proposent, croyez moi, c’est vraiment de la musculation de cervicales!). Le groupe sait modéré son propos agressif, mais en l’assenant de grands coups dans la gueule. Mine de rien, ce n’est pas parce que c’est bourrin que ce n’est pas structuré (car même dans les phases les plus radicales, il y a quand même une structure qui ressort) : du bourrin intelligent en somme. C’est un album qui ne peut laisser indemne (ma théorie, c’est que le groupe achève les blessés…), jouant à la fois sur la virulence, la brutalité et une certaine dose de noirceur, qui sied bien à la musique de Pilori. D’ailleurs, le groupe joue des codes musicaux, de façon adroite, ce qui est l’origine de ce brûlot. Il peut très bien mener un titre lent, avec des ambiances peu joyeuses mais collant à l’esprit Si la musique peut brasser du black avec du hardcore sur une base grind, le chant n’est pas innocent lui aussi. Il ressemble à celui de Barney d’ailleurs, insufflant une dose de barbarie en plus, avec un coté old-school pas dégueulasse du tout. Les paroles étant en français, on peut les comprendre à l’aise (si on est attentif, car le chant est sacrément agressif dans le registre). On pourrait même rapprocher le groupe de la mentalité punk, dans sa façon de faire, sans prise de tête, juste à se faire plaisir (en même temps qu’en nous faisant plaisir, c’est cool…) . Car mine de rien, en œuvrant ainsi, avec ce melting-pot sonore, il n’en est pas si loin que ça, car distillant aussi un certain coté engagé, avec un propos à défendre. Le son colle clairement à l’esprit que le groupe dessine sur l’album, avec un peu coté rugueux, un peu sale, rappelant une certaine vision qui régnait alors dans les bas-fonds undergrounds du début des années 90. Je ne peux que conseiller de poser des oreilles attentives sur cet album, car celui-ci fais fort d’entrée de jeu.

© Margoth PDF

  • Facebook Social Icon
bottom of page